Après dix Grands Prix passés à fréquenter assidûment les dernières lignes de la grille, Aston Martin a enfin montré quelques signes de vie en Hongrie. Il n’en fallait pas davantage pour que Lawrence Stroll célèbre une « étape importante ». Une qualification en Q2, une 13e place et aucun point : à Silverstone, le seuil de l’enthousiasme a manifestement beaucoup baissé.

Aston Martin : Seize nouveautés pour découvrir la deuxième partie du classement
Aston Martin n’a pas fait dans la demi-mesure au Hungaroring. L’AMR26 est arrivée avec 16 modifications déclarées, touchant notamment l’aileron avant, le plancher, le diffuseur et la suspension arrière. Plus qu’une évolution, presque une nouvelle voiture ou, au minimum, une tentative assez coûteuse de faire oublier la précédente.
Adrian Newey avait d’ailleurs fixé un objectif prudemment ambitieux : ramener Aston Martin vers une certaine « respectabilité ». Ce choix de vocabulaire disait déjà beaucoup. Il n’était pas encore question de podiums, de victoires ou de lutte avec les meilleures équipes. Simplement de redevenir présentable.
Le vendredi, la nouvelle Aston Martin a immédiatement démontré qu’elle savait produire du spectacle : la suspension arrière gauche de Lance Stroll a cédé en EL1, envoyant le Canadien en tête-à-queue et provoquant un drapeau rouge. Une manière assez directe de rappeler que révolution technique et contrôle qualité ne voyagent pas toujours dans le même camion.
Alonso en Q2 : à défaut de trophée, sortez les confettis
Le véritable moment historique du week-end est arrivé le samedi. Fernando Alonso a réussi à atteindre la Q2 pour la première fois de la saison.
Oui, la Q2.
Le double champion du monde s’est qualifié 16e, tandis que Lance Stroll est resté bloqué en Q1 à la 20e place. Dans une écurie qui prétend encore construire un projet destiné à gagner des championnats, passer devant les Cadillac et quelques voitures du fond de grille est désormais présenté comme un frémissement presque révolutionnaire.
Alonso, lui, a eu le mérite de ne pas transformer ce progrès en victoire morale démesurée. L’Espagnol a expliqué avoir enfin retrouvé la sensation de pouvoir « se battre un peu plus », tout en reconnaissant avant la course que les points semblaient encore hors de portée. Une lucidité que les communicants de l’écurie auraient peut-être intérêt à adopter.
Car atteindre la deuxième partie des qualifications après dix manches n’est pas une consécration. C’est simplement le minimum syndical pour une structure disposant d’une nouvelle usine, d’une soufflerie moderne, d’Adrian Newey et des moyens financiers de Lawrence Stroll.
Lawrence Stroll applaudit un « bon début »
Sur la grille de départ, Martin Brundle a tendu son micro à Lawrence Stroll. Le propriétaire d’Aston Martin a alors salué le travail accompli par les employés de Silverstone.
« Nous avons franchi une étape importante, la première d’une longue série. »
Le milliardaire canadien a également évoqué un « bon début », remerciant les équipes de l’usine pour leurs efforts.
Le message est humainement compréhensible. Après des mois de souffrance, il était logique de valoriser le travail des ingénieurs et mécaniciens. Mais sportivement, la formule prête tout de même à sourire : ce « bon début » intervient lors de la onzième manche de la saison, avec une voiture encore éliminée en Q1 et l’autre seulement 16e.
À ce rythme, une arrivée dans le top 10 pourrait nécessiter une cérémonie officielle à Silverstone.
La grande avancée s’arrête aux portes des points
La course a confirmé que les progrès étaient réels… mais encore très relatifs.
Lance Stroll a remonté le peloton pour terminer 13e, juste devant Fernando Alonso, 14e. Les deux Aston Martin ont franchi l’arrivée avec un tour de retard et sans inscrire le moindre point. Le premier pilote de l’équipe a donc terminé derrière la modeste Alpine de Pierre Gasly, tandis que le top 10 est resté hors d’atteinte.
Il faut néanmoins reconnaître une chose : Aston Martin n’était plus systématiquement la voiture la plus lente. Au regard de son début de saison, c’est bien une amélioration. Mais transformer une 13e place en week-end « exceptionnel » relève moins de l’analyse sportive que de la réanimation médiatique.
Stroll lui-même a parlé d’un « grand pas »après la course. Un grand pas, certes, mais effectué depuis si loin qu’il ne permet toujours pas d’apercevoir les points.
Honda attendu comme le prochain sauveur
Aston Martin compte désormais sur une évolution du moteur Honda prévue pour le Grand Prix des Pays-Bas. Le développement du châssis doit également se poursuivre, Newey ayant précisé que le package hongrois ne constituait que la première partie du programme, avec d’autres nouveautés attendues à Zandvoort, puis autour de Monza et Bakou.
L’espoir existe donc. L’AMR26 semble enfin offrir une base exploitable et Alonso a ressenti une voiture « bien meilleure ». Mais après autant d’investissements, de recrutements prestigieux et de promesses, Aston Martin ne pourra pas éternellement présenter chaque sortie de Q1 comme la pose d’une première pierre.
La Hongrie n’a pas marqué la renaissance d’Aston Martin. Elle a simplement montré que l’écurie avait peut-être enfin trouvé le bouton permettant de commencer à sortir de la cave.
Et pour Lawrence Stroll, c’est déjà suffisamment rare pour mériter un discours.
Aston Martin executive chairman Lawrence Stroll speaking to Martin Brundle on the grid:
"We have made a very big step forward – one of many to come. Very satisfied.
"Thanks to all the hard work for all the boys and girls at the factory." #HungarianGP #AstonMartinF1 #F1 pic.twitter.com/5ojVsaIqko
— Lucho Yoma (@LucianoYoma) July 26, 2026









