Le réveil est brutal ce dimanche matin à Jerez. Si le ciel s’est dégagé, l’orage gronde toujours dans les bureaux de la direction de course. Paolo Bonora, le directeur de l’équipe Aprilia Racing, est sorti du silence lors du warm-up pour pointer du doigt les failles d’un règlement MotoGP qu’il juge obsolète et injuste.
Entre le « raccourci » de Marc Marquez et le sabotage involontaire de Marco Bezzecchi, Aprilia réclame une révolution législative.
La victoire de Marc Marquez à Jerez ne passe décidément pas. Après la sortie de Johann Zarco, c’est désormais du côté d’Aprilia que le ton monte. Et cette fois, on ne parle plus seulement d’un fait de course, mais d’un problème de règlement.
Paolo Bonora, directeur d’Aprilia Racing, n’a pas cherché à en rajouter inutilement… mais le message est limpide.
Selon lui, le problème ne vient pas tant de l’action de Marquez que du flou réglementaire qui l’a rendue possible. L’entrée aux stands, dans sa définition actuelle, laisse trop de place à l’interprétation. Et dans une discipline où tout se joue au détail, ce genre de zone grise devient vite explosif.
Le point central est simple : aujourd’hui, le règlement interdit de franchir la ligne blanche à l’entrée de la pit lane… mais ne précise pas clairement comment un pilote doit y accéder après un incident. Résultat : Márquez n’a rien enfreint. Mais il a exploité un vide.

Une manœuvre légale de Marc Marquez … mais contestée par Aprilia
C’est tout le paradoxe. La FIM a validé la manœuvre. Aucun roulage à contre-sens, aucune infraction technique, donc aucune sanction.
Mais pour Bonora, la question n’est pas là. Ce qui pose problème, c’est l’avantage potentiel qu’un pilote peut tirer d’une situation limite, sans que le règlement ne soit capable de l’encadrer clairement. Autrement dit : ce n’est pas illégal. Mais ce n’est pas satisfaisant.
Comme si cela ne suffisait pas, le Sprint de Jerez a aussi mis en lumière un autre point sensible. Marco Bezzecchi a vu sa course ruinée dès le départ, piégé par un tear-off tombé sous sa roue arrière. Un incident rare… mais révélateur.
Le règlement interdit aujourd’hui de retirer ces films protecteurs sur la grille. Une mesure censée éviter ce type de situation. Mais dans ce cas précis, elle n’a rien empêché.
Bonora y voit une incohérence supplémentaire. Si le problème existe toujours, c’est que la règle est mal pensée. Il évoque même la nécessité de définir un moment précis — en piste — où les pilotes pourraient les retirer en toute sécurité.
Pris séparément, ces incidents pourraient passer pour de simples faits de course. Mais mis bout à bout, ils dessinent autre chose. Une entrée aux stands mal définie, un règlement sur les tear-off inefficace et des situations limites qui influencent directement le résultat. Jerez laisse une trace… et ouvre un chantier.
Aprilia ne conteste pas officiellement la victoire de Marquez. Mais le message est clair : ce qui s’est passé ne doit pas se reproduire dans ce flou.
Le MotoGP entre dans une phase où chaque avantage compte. Et si les règles ne suivent pas, ce sont les pilotes qui les interprètent.
À Jerez, Marquez a été le plus rapide à comprendre. À l’avenir, le MotoGP devra décider si cela suffit… ou s’il faut redéfinir les limites.































