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Liberty

Le rachat du MotoGP par Liberty Media tourne au cauchemar. Les Américains, qui ont dépensé 4,3 milliards d’euros pour s’offrir le championnat, se heurtent à un mur : les constructeurs ne veulent pas de leurs miettes. Réunis au sein de la MSMA, ils exigent désormais 50 % des bénéfices, à l’image de la Formule 1. Et pour montrer leur détermination, Aprilia, KTM et Yamaha ont snobé le dîner officiel organisé à Jerez. Les dirigeants de Liberty sont sous le choc. La guerre des tranchées est déclarée. Et l’avenir du MotoGP est en jeu.

Le rachat du MotoGP par Liberty Media devait être une bénédiction. Plus de moyens, plus de visibilité, plus d’argent. Mais les propriétaires américains découvrent que les constructeurs ne sont pas des partenaires dociles. À l’approche du nouvel Accord Concorde 2027-2031, la bataille fait rage. Son principal enjeu : l’argent.

Tout a explosé lors du Grand Prix d’Espagne, à Jerez. Liberty avait organisé un dîner officiel pour rencontrer les équipes, se présenter, et tenter d’apaiser les tensions. Résultat : un fiasco total. Yamaha, KTM et Aprilia ont brillé par leur absence. Les tables sont restées vides. Les dirigeants américains sont restés bouche bée. Un camouflet historique, qui montre à quel point les relations sont exécrables.

Seules Honda (représentée par Alberto Puig) et Ducati (Davide Tardozzi) avaient fait le déplacement. Un soutien minimal.

MotoGP 2026

Liberty vs MSMA : 2,1 millions d’euros, une misère pour les constructeurs qui réclament 11,3 millions par team

Pour comprendre la colère des constructeurs, il faut regarder les chiffres. Actuellement, une équipe d’usine reçoit environ 2,1 millions d’euros d’aide de Dorna. À cela s’ajoutent quelques miettes pour la logistique.

Pour une usine qui investit des centaines de millions d’euros dans le développement de sa moto, c’est une goutte d’eau. Une insulte, presque. Les équipes satellites sont un peu mieux loties (car elles ont besoin de protection pour survivre), mais la situation reste misérable comparée aux standards de la F1.

Le modèle de la F1 hante le paddock MotoGP. Là-bas, même la dernière équipe repart avec plus de quarante millions d’euros par saison. Quarante millions.

En MotoGP, les constructeurs reçoivent une somme ridicule. Et ils estiment que c’est fini. Avec Liberty Media aux commandes, le championnat va générer des bénéfices records. Les Américains sont des experts pour maximiser les revenus (droits TV, sponsoring, tickets, merchandising). Pourquoi les constructeurs devraient-ils se contenter de rester à quai ?

La MSMA, l’association des constructeurs, a donc décidé de hausser le ton. Son président, Massimo Rivola (Aprilia), mène la fronde.

Leur calcul est simple. Le MotoGP génère aujourd’hui environ 250 millions d’euros de bénéfice net annuel. Les constructeurs estiment qu’ils devraient en toucher la moitié. Soit 125 millions d’euros, partagés entre les équipes. Cela représenterait environ 11,3 millions d’euros par écurie d’usine. Autrement dit, ils veulent passer de 2,1 à 11,3 millions d’euros.

Face à cette demande, Liberty Media a fait une contre-proposition. Les Américains offrent selon Todocircuito un paiement fixe d’environ 8,3 millions d’euros par équipe. Une augmentation substantielle, certes, mais loin des 11,3 millions réclamés.

Surtout, les constructeurs refusent une rémunération fixe. Ils veulent un pourcentage variable, indexé sur les bénéfices réels du championnat. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que Liberty va faire exploser les revenus. Avoir un paiement fixe, c’est se priver de la hausse future. Ils ne veulent plus être des « invités ». Ils veulent être des partenaires à part entière.

Face à ce front uni (Aprilia, KTM, Yamaha), Liberty Media a décidé d’employer la manière forte. La stratégie est simple : négocier individuellement avec chaque constructeur, plutôt qu’avec la MSMA.

L’idée est de briser l’unité du groupe. Si Liberty parvient à convaincre Honda ou Ducati, les autres pourraient suivre.

Et les rumeurs vont dans ce sens. Honda serait déjà prête à signer. Ducati étudierait des propositions individuelles. Si c’est vrai, Aprilia, KTM et Yamaha pourraient se retrouver isolées. Et dans une position très inconfortable.

Ancien patron de Yamaha, Lin Jarvis est désormais négociateur pour les constructeurs. Sa mission : tenter d’apaiser les tensions et trouver un terrain d’entente.

Interrogé sur les tensions, il a affirmé qu’il n’y avait pas de conflit ouvert. Une déclaration diplomatique, mais qui ne convainc personne.

Car l’affront de Jerez (l’absence des trois marques au dîner) a montré le contraire. Les constructeurs sont sur la défensive, mais ils sont déterminés. Ils ne signeront rien sans se battre.

Ce bras de fer n’est pas un détail. Il déterminera la santé financière du MotoGP pour les cinq prochaines années. Si Liberty Media impose sa loi, les constructeurs pourraient réduire leurs investissements, voire quitter le championnat. Si les constructeurs obtiennent gain de cause, les équipes seront plus prospères, mais le promoteur verra ses marges fondre.

Les prochaines semaines seront décisives. Les deux camps disent vouloir un accord avant l’été. Mais pour l’instant, ils sont loin, très loin, de se faire confiance.

Liberty Media a voulu acheter le MotoGP pour le rentabiliser. Les constructeurs, eux, ne veulent plus être les dindons de la farce. Le bras de fer est engagé. Les chiffres sont astronomiques. Les egos surdimensionnés. Pendant ce temps, la saison 2026 se déroule sur les circuits. Mais c’est bien dans les coulisses que se joue l’avenir du MotoGP. Rendez-vous dans quelques semaines pour connaître l’issue de ce combat de titans. En attendant, une seule certitude : la guerre est déclarée.

Lin Jarvis Liberty

 

 

 

 

 

 

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