C’est à Valence le 9 novembre 2014 que Randy disputa son dernier Grand Prix, sur une Suzuki MotoGP. C’était son 253e, avant qu’il ne se lance dans l’endurance puis désormais la MotoE, tout en apportant son éclairage de consultant à la TV, et à des constructeurs comme KTM.

Alors que se profile la nouvelle saison, nous avons souhaité faire le point avec Randy avant que ne débute une année qui semble très intéressante à bien des points de vue.

Même en tenant compte des blessures des pilotes Honda, Ducati a-t-il nettement dominé ces essais de Sepang avec les 4 meilleurs temps ?

« Lorsque l’on regarde le tableau des résultats, on se dit qu’ils ont dominé les essais, mais quand on lit les propos d’Andrea Dovizioso, il explique que le classement ne reflète pas réellement la réalité. Peut-être Dovi continue-t-il de mettre la pression à Ducati pour qu’ils poursuivent leur travail afin qu’il dispose d’une machine encore meilleure pour se battre contre Marquez et Yamaha ?

« Il semblerait que les Yamaha ne soient pas au top au niveau du temps sur un tour, par contre sur le plan de la régularité, ils sont plutôt pas mal. D’autre part, Márquez est là malgré sa blessure.

« Il est sûr que pour moi sur le papier la Ducati reste la meilleure moto. C’est la plus polyvalente, avec les trois modèles 2019 (ceux de Danilo Petrucci, Jack Miller et Andrea Dovizioso) qui encadre le 2018 deuxième (avec Francesco Bagnaia) à Sepang. La 2018 comme la 2019 fonctionnent très bien, ce sont manifestement des machines capables sinon de tout dominer, au moins de gagner.

« La Ducati a l’air de bien convenir à tous les styles de pilotage. Les quatre hommes qui occupent les quatre premières places ont des styles de pilotage différents, et ils utilisent au mieux les très bonnes bases dont ils disposent depuis 2018. »

Penses-tu que tous les constructeurs ont maintenant finalisé définitivement les motos avec lesquelles ils courront en 2019 ?

« Non, je ne le pense pas. Il me semble que la base est là, mais il reste encore à faire sur les motos. On a vu qu’il y avait encore du travail à effectuer sur les ailerons et beaucoup de petites choses à peaufiner.

« Maintenant il ne reste plus beaucoup de temps car il n’y a plus que les essais du Qatar avant le Grand Prix. Donc la période de tests hivernaux restante est assez courte. Sur un circuit comme le Qatar où va se disputer le premier GP et qui réussit assez bien en général aux Ducati, on va dire que les Desmosedici devraient y faire un bon début de saison. Elles sont clairement favorites. »

Qu’as-tu pensé des progrès de Johann Zarco sur la KTM ?

« Ses progrès ont été réels, après les premiers jours initiaux (avec les pilotes d’essai) qui n’étaient pas encore top. Lors des trois jours suivants (avec les pilotes officiels), il s’est mis au niveau de son coéquipier. Ça veut déjà dire qu’il a rattrapé le retard qu’il avait sur son équipier qui roule sur cette machine depuis deux ans.

« Johann a dit lui-même qu’il faudra plusieurs mois pour que la moto progresse et soit à la hauteur de ce qu’il demande. Je pense qu’en début de saison il va essayer de marquer le maximum de points possibles, au moins sur les six premiers Grands Prix. »

As-tu été impressionné par les débuts de Fabio Quartararo sur la Yamaha ?

« Il a bien roulé, et j’ai été impressionné, à Valence et à Jerez. Après en Malaisie il a fait du bon boulot, mais j’avais trouvé que c’était plus impressionnant au mois de novembre.

« Maintenant, après deux mois d’arrêt, il faut se remettre en selle, et aussi tenir compte de la chaleur. Ils ont sûrement effectué des simulations de course, des choses comme ça, qui sont peu spectaculaires mais qui paient au niveau du travail et de l’efficacité. »

Dirait-on que la Yamaha n’est pas trop compliquée pour un débutant en MotoGP (voir Quartararo, Zarco, Folger, Syahrin…) mais qu’elle est plus difficile pour aller chercher les derniers centièmes pour gagner ?

« Oui, c’est possible. L’année dernière, ils ont eu quelques soucis, mais on voit que quand le pilote est bien avec la moto, il est possible de gagner. Il est certain qu’il y a trois ans en arrière, cette Yamaha était la plus polyvalente et surtout la plus « facile » à emmener sur la piste, mais capable de gagner.

« Le problème est que Ducati et Honda ont progressé, donc la Yamaha est toujours aussi facile à piloter, mais pour gagner c’est un peu plus difficile. C’est dû à la progression de la concurrence. »

Comment se présente ta saison de MotoE chez LCR avec Lucio Cecchinello ?

« Il ne se passe rien pour la moment depuis le mois de novembre. J’attends après le Qatar pour monter sur la moto. Il y a trois jours de test de prévus après le Grand Prix. On aura à ce moment-là une moto chacun avec mon coéquipier, donc on va nettement plus travailler.

« Lors des tests du mois de novembre, nous devions nous partager cette moto. Nous avons encore deux fois trois jours, dont la semaine avant le Grand Prix d’Espagne, et ensuite nous disputerons notre premier Grand Prix à Jerez en espérant que ça se passe bien, mais il n’y a aucune raison que ça se passe mal. »

Résultats de 3 jours de test de Sepang :

Photos © Gold & Goose pour KTM, Musachi Hart Pro (8H de Suzuka), MotoE Word Cup

Vidéo “bonus” : Un tour complet de Sepang avec Marc Marquez

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