Le dernier Grand Prix du Japon de Fabio Quartararo sous les couleurs Yamaha commence avec des ambitions étonnamment modestes. À Motegi, devant le public de son constructeur, le Français ne promet ni podium ni même bataille aux avant-postes : son premier objectif sera simplement d’accéder directement à la Q2 vendredi, ce qu’il n’a réussi qu’une fois lors des neuf derniers Grands Prix. Nouvel asphalte, pluie ou avantage de courir à domicile, Quartararo refuse de transformer ces inconnues en raisons d’espérer. Après l’Autriche, il sait surtout qu’une bonne qualification ne suffit plus à masquer les limites de la M1 V4 sur la durée.
On a rarement entendu Fabio Quartararo aborder Motegi avec aussi peu de certitudes. Le rendez-vous japonais possède pourtant une dimension particulière. Yamaha évolue à domicile et le Français y dispute son dernier Grand Prix du Japon avec la marque avant de rejoindre Honda en 2027.
Mais pas question de promettre un dernier exploit symbolique. « Que pouvons-nous faire ce week-end ? Je n’en ai aucune idée. » Son ambition programme est limitée : « Je vais simplement faire de mon mieux, voir si l’adhérence est bonne et essayer de réaliser un bon chrono. Je pense que c’est un des aspects où je me débrouille encore bien sur la moto. »
D’où un objectif immédiat : entrer directement en Q2 vendredi. « Nous n’y sommes parvenus qu’une seule fois en neuf courses, ce sera donc un défi de taille. » Pour un champion du monde et un constructeur qui courent à domicile, la mesure de l’ambition raconte déjà beaucoup de leur saison.
Même une bonne qualification ne suffit plus
Quartararo conserve pourtant une arme : sa capacité à extraire un tour rapide de la Yamaha. Mais il sait désormais qu’elle peut produire une illusion. L’Autriche vient justement de le lui rappeler. « Évidemment, il est toujours préférable de partir plus haut sur la grille. Mais en Autriche, nous avons constaté que partir neuvième n’a pas d’importance. Lorsque la course est très longue, notre position réelle est bien plus éloignée. »
La phrase est sévère parce qu’elle distingue deux Yamaha. Celle que Quartararo peut encore pousser au-delà de ses limites pendant quelques kilomètres. Et celle qui doit ensuite tenir le rythme d’une course entière. Motegi devra justement déterminer si le nouvel asphalte peut réduire cet écart.
Le nouvel asphalte ? Fabio Quartararo attend de voir
Le circuit japonais a été resurfacé, ce qui introduit une inconnue importante. Une surface plus régulière et offrant davantage d’adhérence pourrait théoriquement aider une M1 dont les difficultés de motricité ont régulièrement été mises en évidence cette saison.
Mais Quartararo refuse d’en tirer une conclusion avant même le premier tour. « La piste a l’air belle et lisse, mais le plus important, c’est de vérifier l’adhérence. Ça pourrait nous aider. » La carcasse Michelin utilisée à Motegi différera également de celle rencontrée au Red Bull Ring. Voilà pourquoi le Français veut surtout observer le comportement des pneus avant d’évaluer son véritable potentiel. L’apparence du nouvel asphalte ne dit encore rien de son niveau de grip.

Même la pluie ne constitue plus forcément une chance
Autrefois, une météo perturbée pouvait permettre à une MotoGP en difficulté de redistribuer les cartes. Fabio Quartararo ne compte même plus vraiment dessus. À la question de savoir si la météo pourrait aider Yamaha, sa réponse tombe immédiatement : « Non. »
Puis l’explication : « Qu’elle soit sèche ou mouillée, il nous manque encore beaucoup d’éléments qui influent sur l’adhérence et tout le reste, même sur le mouillé. » Lorsque ni le sec ni la pluie ne sont considérés comme une véritable opportunité, le problème dépasse la simple adaptation à une condition particulière.
Fabio Quartararo annonce la couleur : surtout, ne pas rêver d’un scénario à la KTM
L’Autriche pourrait pourtant fournir une histoire rassurante. KTM était arrivée sur son circuit à domicile avec beaucoup d’interrogations avant de voir Pedro Acosta offrir à la marque sa première victoire en Grand Prix depuis 2022.
Yamaha pourrait-elle connaître à Motegi une transformation comparable ? Quartararo coupe immédiatement court au parallèle. « J’en suis sûr, ce ne sera pas comme pour KTM en Autriche. Même en termes de satisfaction. »
Pas de miracle annoncé donc parce que Yamaha court chez elle. Pas de nouvel asphalte transformé prématurément en solution. Pas de pluie providentielle. Seulement une première mission : retrouver la Q2 vendredi et découvrir ensuite ce que la M1 pourra réellement conserver sur la durée.
Pour la dernière apparition commune de Quartararo et Yamaha devant le public japonais, on aurait pu imaginer des ambitions beaucoup plus romantiques. Fabio préfère manifestement une dernière chose aux illusions : savoir exactement où en est sa Yamaha.









