pub

Gino Borsoi

L’écurie Pramac Yamaha traverse un début de saison 2026 très compliqué. Avec seulement un point récolté en quatre Grands Prix, Toprak Razgatlioglu et Jack Miller ont terminé hors des points lors du GP d’Espagne à Jerez, ne devançant que le pilote d’essai Augusto Fernandez. Pourtant, le team manager Gino Borsoi refuse de dramatiser et affirme même que la situation est meilleure que prévu …

Interrogé par GPOne lors des essais de lundi en Andalousie, l’Italien a tenu un discours étonnamment positif : « Je ne comprends pas pourquoi certains pensent que Yamaha ne fait pas du bon travail en ce moment. Honnêtement, pour moi, ça se passe mieux que prévu. Alors que d’autres constructeurs disposent d’un V4 et d’une moto complète depuis plusieurs années, la nôtre est entièrement nouvelle. Nous sommes en phase de développement et nous progressons à chaque sortie en piste, en analysant nos erreurs. »

Gino Borsoi rappelle que la nouvelle M1 n’a été testée pour la première fois qu’il y a trois mois en Malaisie, avec six pilotes différents dont Andrea Dovizioso et Augusto FernandezOn ne peut pas s’attendre à ce qu’elle soit au même niveau que les autres V4, car ils peaufinent les détails, tandis que nous essayons de faire fonctionner un projet. Ce sont deux philosophies et deux niveaux complètement différents. Sachant que nous sommes à 1/1,5 seconde de ceux qui se battent pour le Championnat du Monde depuis toujours, et que nous avons exploité au maximum le potentiel de la moto, je trouve que c’est un excellent travail. »

Le directeur d’équipe insiste sur le fait que Yamaha travaille d’arrache-pied sur la moto actuelle, tout en gardant un œil sur le règlement 2027 : « Je pense que Yamaha travaille d’arrache-pied sur la moto de cette année, en gardant à l’esprit que celle de la saison prochaine sera très proche de l’actuelle, qui sert de base au projet 2027. Il est donc crucial pour nous que la moto actuelle soit performante afin d’être prêts pour 2027. »

Gino Borsoi

Gino Borsoi : « Nous devons adopter la bonne mentalité, patienter et progresser étape par étape, sans précipitation »

Sur les points d’amélioration, Borsoi est lucide mais patient : « Sur quoi nous concentrons-nous ? Sur tout. C’est un projet entièrement nouveau, et lorsqu’on part de zéro, il faut travailler sur chaque aspect. Nous essayons d’améliorer l’aérodynamisme, les performances du moteur, le châssis, et tout le reste. Nous sommes encore loin du sommet, nous le savons, mais c’est normal car nous ne faisons que commencer. Nous devons adopter la bonne mentalité, patienter et progresser étape par étape, sans précipitation. »

Concernant ses deux pilotes, Gino Borsoi salue leur complémentarité malgré des profils très différents : « Il est toujours bon d’écouter le pilote, même s’il est inexpérimenté. Nous avons la chance d’avoir un duo exceptionnel : un pilote expérimenté et un autre inexpérimenté. Cela signifie que lorsque la moto fonctionne bien pour les deux pilotes, nous sommes sur la bonne voie. »

Il défend particulièrement Toprak Razgatlioglu, qui peine à s’adapter : « Toprak est venu ici parce qu’il veut prouver sa vitesse, et il n’y est pas encore parvenu pour plusieurs raisons : d’abord, par manque d’expérience, et ensuite, parce que la moto ne le lui permet pas. Il est clair qu’après avoir remporté trois titres de champion du monde, il n’accepte pas d’être distancé. Il est aussi très intelligent, car un autre aurait paniqué bien plus tôt et se serait mis à taper du poing sur la moto. »

Selon Borsoi, le Turc doit encore progresser mentalement et surtout sur la gestion des pneus :« Son principal problème actuellement, c’est la gestion des pneus : il a beaucoup de mal avec l’avant, notamment pour freiner. Il se rend compte qu’il ne peut pas freiner comme il le souhaite et évoque régulièrement le frein moteur, qui ne correspond pas encore à son style de pilotage. Le MotoGP est bien plus complexe que le SBK en termes d’électronique et de réglages. »

Le team manager reconnaît également la difficulté particulière du timing choisi par ToprakHonnêtement, il a choisi le pire moment pour rejoindre notre paddock. D’un côté, c’est positif car il a l’opportunité d’apprendre notre mentalité et de découvrir notre paddock. Mais d’un autre côté, il doit s’adapter aux Michelin, qui sont des pneus complètement différents des Pirelli, et l’année prochaine, il devra oublier tout ce qu’il vient d’apprendre. C’est un défi de taille, mais il en est capable. »

Malgré les résultats très maigres et les attentes déçues des pilotes, Gino Borsoi reste confiant : Yamaha est en phase d’apprentissage et avance étape par étape. Reste à savoir si Toprak et Miller accepteront encore longtemps cette patience forcée.

Gino Borsoi

 

Tous les articles sur les Pilotes : Toprak Razgatlioglu

Tous les articles sur les Teams : Pramac Racing