Alors que le MotoGP entame une ère nouvelle sous l’impulsion de Liberty Media, la question de la structuration syndicale des pilotes revient sur le devant de la scène. Luca Marini, figure analytique du paddock, a brisé le silence sur ce sujet tabou, tout en fermant la porte aux rumeurs concernant son avenir de pilote test chez Ducati.
Luca Marini, 29 ans, n’a pas la langue dans sa poche. Interrogé sur la création d’un syndicat ou d’une association de pilotes, l’Italien répond. « Ce serait très utile. Les pilotes auraient davantage l’occasion de faire entendre leur voix. Et peut-être de discuter de points importants avec l’organisateur des choses que nous ne pourrions peut-être pas faire pendant le week-end de course, faute d’énergie. »
Mais il doute que cela se concrétise. « Je ne pense pas que nous en aurons un de sitôt. » Cette position confirme indirectement ce que beaucoup dénoncent désormais : le MotoGP moderne est devenu tellement intense — physiquement, médiatiquement et politiquement — que les pilotes n’ont même plus l’énergie de défendre leurs propres intérêts pendant les week-ends de course.
Le frère de Valentino Rossi, libre de tout contrat en 2027, a été approché par Ducati pour devenir pilote d’essai. Depuis plusieurs jours, une partie du paddock imaginait déjà Marini glisser progressivement vers un rôle de développement à Borgo Panigale, notamment pour remplacer à terme Michele Pirro.
Parce que Marini possède une réputation énorme dans un domaine très précis : l’analyse technique, le développement, le retour ingénieur, la compréhension électronique et le travail méthodique sur la moto.

Ducati : Luca Marini dit « non » au placard doré
Autrement dit, exactement le profil parfait d’un futur pilote d’essai Ducati. Sa réponse ? « Non, ce n’est pas ce que je souhaite pour le moment. » Marini veut courir, pas tester. Cela relance totalement les spéculations autour de son avenir.
Car si le poste de test rider ne l’intéresse pas, il ne reste finalement que quelques options : retrouver une place titulaire chez VR46, tenter le pari Superbike ou espérer un retournement de situation chez Honda.
Le problème ? Le marché 2027 devient de plus en plus contraint. Chez VR46, la concurrence explose déjà avec Franco Morbidelli, Nicolo Bulega, Celestino Vietti. Et en Superbike, plusieurs constructeurs commencent aussi à surveiller le dossier.
Le marché des transferts, encore agité, lui réservera peut-être une place. En attendant, il défend ses idées. Et sa liberté. Marini ne veut pas devenir l’homme de l’ombre. Pas encore.
En rejetant le rôle de « testeur » tout en militant pour une meilleure organisation politique des pilotes, Marini dessine le portrait d’un compétiteur qui veut rester acteur de son destin, sur la piste comme dans les coulisses. Reste à savoir si cette exigence lui permettra de conserver son statut de titulaire dans un marché des transferts toujours plus impitoyable.
Luca Marini, 29 ans, est un homme libre. Libre de ses paroles, libre de ses actes. Il plaide pour une association de pilotes, mais doute de sa concrétisation. Il refuse un poste de pilote d’essai Ducati, préférant la compétition. Le MotoGP, en pleine mutation, a besoin de personnalités fortes. Marini, discret, mais lucide, est l’une d’elles. Son avenir, incertain, se dessinera dans les semaines à venir. En attendant, il observe. Et il attend.










