Le génial Marc Marquez octuple Champion du Monde devenu suceur de roue est un spectacle étonnant auquel il faudra s’accoutumer selon l’aveu même de l’intéressé. Ce dernier n’est pas à son niveau et, pour survivre dans le classement, il a besoin d’être l’ombre d’un de ses collègues sur la piste. Certes, mais ça pose plein de questions tandis que la même situation peut avoir des conséquences bien différentes selon les acteurs en lice. Une nuance sur laquelle insiste Franco Morbidelli qui explique ainsi pourquoi il ne faut pas trop vite juger Viñales comme un mauvais coucheur et Miller comme le bon samaritain…

Marc Márquez a choisi un cheval de trait à deux reprises lors des deux dernières séances de qualification MotoGP, ce qui a provoqué des réactions très différentes de la part de Maverick Viñales et de Jack Miller. La révélation de deux caractères différents ? Franco Morbidelli explique plutôt une grande différence de situation…

Rappelons d’abord les faits : au Mugello comme à Montmeló, Marc Márquez est entré en qualifications avec la même tactique : lui et son équipe Repsol Honda ont choisi un adversaire rapide, derrière lequel il fallait s’accrocher pour évoluer favorablement dans le classement. L’Espagnol ne s’en cache pas : « ce n’est pas tout à fait juste, mais c’est conforme aux règles. J’aimerais être à un autre niveau pour pouvoir rouler et que les autres me suivent, ce qui est souvent arrivé dans le passé. Mais ce n’est pas comme ça ». Une franchise désarmante.

Maverick Viñales a été la cible au Grand Prix d’Italie, et Jack Miller a été choisi le week-end suivant sur le « Circuit de Barcelona-Catalunya ». Le pilote d’usine Yamaha du Mugello était visiblement confus et agacé, pour finir en dindon de la farce en restant en Q1 tandis que Marc Marquez passait en Q2. Une semaine plus tard, Jack Miller s’amusait de la situation en demandant à être rétribué de son service par l’officiel Honda qui en restait là alors que l’officiel Ducati poursuivait son chemin.

Morbidelli explique bien le problème qui change la donne et l’humeur

Pour Franco Morbidelli, il ne faut pas juger l’équipier de Quartararo et le compagnon de Bagnaia, mais plutôt appréhender les circonstances pour comprendre la différence des réactions : « cela dépend de votre forme », a expliqué le pilote Petronas Yamaha. « Si vous êtes très rapide et que Marc n’est pas très rapide, vous n’avez pas à vous en soucier. Si, en revanche, vous êtes aussi rapide et que Marc peut vous sortir du peloton à la fin, c’est plus un problème de devoir le traîner. À mon avis, Marc et Maverick étaient très similaires au Mugello. Marc a donc revendiqué une place pour lui-même que Maverick voulait et aurait pu obtenir. »

Il termine ainsi sa démonstration sur Speedweek : « à Montmeló, le sillage que Miller a accordée à Marc était une pure aide, ce n’était pas une compétition. Cela dépend beaucoup de la situation. Si quelqu’un vous déjoue à la fin, il est difficile de le tirer. Si, en revanche, si c’est quelqu’un qui est presque certain de ne pas pouvoir contester votre espace, alors il sera généreusement remorqué ». On attendra donc le Grand Prix où, entre Miller et Viñales, les rôles seront inversés face à un Marc Marquez diminué pour juger du seuil de tolérance et de la sympathie de chacun…



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