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Mamola

L’accident provoqué par Jorge Martin au départ du Grand Prix de Hongrie n’a pas seulement relancé la polémique sur les sanctions. Il a surtout remis sur la table une question que le MotoGP semble repousser depuis plusieurs années : les pilotes participent-ils encore suffisamment aux décisions qui concernent directement leur sécurité ? Pour Randy Mamola, la réponse est clairement non.

L’ancien pilote américain estime que le problème ne se limite pas à l’erreur commise par Martin au premier virage de Balaton Park. Selon lui, cet accident n’est que le dernier épisode d’une série d’incidents qui montrent les limites du système actuel.

Car si les motos sont devenues plus rapides, plus puissantes et plus sophistiquées que jamais, la communication entre les pilotes et les instances dirigeantes n’a pas suivi la même évolution. « Les pilotes se disputent, mais il y a toujours quelqu’un qui fait des erreurs », explique Mamola sur Racing Back. « Les erreurs sont des erreurs, mais il faut les réveiller, parce qu’on est tous ensemble sur la piste. »

Pour illustrer son raisonnement, Mamola pointe directement du doigt la Formule 1. Chaque vendredi de Grand Prix, les pilotes de F1 participent à une réunion de sécurité obligatoire. Les représentants des équipes assistent d’abord aux discussions, puis quittent la salle afin de laisser les pilotes échanger librement avec les officiels.

Un fonctionnement que Mamola aimerait voir apparaître en MotoGP. « En Formule 1, une réunion obligatoire a lieu le vendredi », rappelle-t-il. « Tous les participants doivent y assister. Ensuite les membres des équipes repartent et il ne reste plus que les pilotes. »

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Mamola : « Beaucoup de pilotes n’ont jamais su qu’une nouvelle réglementation avait été publiée »

Pour l’Américain, cette procédure permet d’éviter une situation devenue trop fréquente dans le paddock MotoGP : des pilotes qui découvrent certaines décisions réglementaires tardivement ou qui les commentent à distance sans avoir participé au débat.

« Beaucoup de pilotes n’ont jamais su qu’une nouvelle réglementation avait été publiée », affirme-t-il. « Elle arrive parfois par courriel aux équipes et peut-être que le directeur d’équipe leur en parle… ou peut-être pas. »

L’analyse de Mamola touche un point sensible. Le MotoGP moderne n’est plus seulement une compétition de pilotage. Entre les dispositifs de départ, les systèmes d’abaissement de correction d’assiette, l’aérodynamique, les procédures de sanction et les nouvelles technologies, le règlement est devenu extrêmement complexe.

Or, paradoxalement, ceux qui prennent tous les risques sur la piste ne sont pas toujours ceux qui participent le plus activement aux discussions. « Au lieu d’un comité de sécurité composé de cinq ou huit personnes, il faudrait en avoir vingt-trois », estime Mamola. Autrement dit : tous les pilotes.

L’ancien pilote ne cherche pas à dédouaner Jorge Martin. Bien au contraire. « Jorge Martin a clairement commis une erreur », affirme-t-il sans détour. Mais selon lui, la véritable question est ailleurs.

Les départs MotoGP sont devenus des exercices d’une violence extrême. Les motos dépassent désormais les 300 km/h quelques secondes après l’extinction des feux, avec des dispositifs électroniques et aérodynamiques qui rendent chaque mètre crucial.

« Tout le monde sait que c’est glissant », rappelle Mamola à propos du premier virage hongrois. « Mais on ne s’en rend vraiment compte que lorsqu’on est au guidon de ces motos survoltées. »

Puis vient cette phrase qui résume toute son inquiétude : « On pourrait tuer quelqu’un. »

Le hasard veut que le championnat expérimente justement ce week-end à Brno une grille inspirée de la Formule 1, avec deux pilotes par ligne au lieu de trois. Une évolution qui montre que les dirigeants sont conscients du problème. Mais pour Mamola, modifier la grille ne suffira pas. La véritable solution passe d’abord par une implication plus forte des pilotes eux-mêmes.

Car dans un championnat où chaque départ ressemble désormais à un lancement de fusées et où quelques centimètres peuvent provoquer une catastrophe collective, la sécurité ne peut plus être uniquement l’affaire des commissaires.

Elle doit devenir celle de tous ceux qui prennent place sur la grille. Et peut-être que la véritable leçon de Balaton n’est pas la pénalité infligée à Jorge Martin. C’est le rappel brutal qu’en MotoGP, la vitesse a progressé beaucoup plus vite que la gouvernance.

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