La saison 2020 de MotoGP restera dans l’histoire comme l’une des plus mouvementées et des plus indécises depuis des lustres. Jugez-en : neuf vainqueurs différents en quatorze courses seulement, quinze pilotes ayant connu la joie du podium avec de grandes premières comme celles de Quartararo, Morbidelli, Mir, Binder et Oliveira au sommet de celui-ci. Pendant ce temps, les équipes satellites ont levé tout complexe en dominant plus souvent qu’à leur tour leurs teams officiels. Qu’est-ce qui a chamboulé à ce point la catégorie l’an dernier ? Un élément nouveau ou un chainon manquant ?

Que s’est-il passé en 2020 pour que le MotoGP donne l’impression d’avoir rabattu ses cartes ? Il y en a eu pour tout le monde l’an dernier, ou presque. Avec un verdict final à la mesure de cette pochette surprise qu’a été cette campagne : un Champion du Monde représentant de la nouvelle génération en la personne de Joan Mir sur une Suzuki, suivi d’un Franco Morbidelli au guidon d’une Yamaha satellite.

On pourrait arguer qu’une bataille concentrée en Europe de juillet à novembre peut expliquer le chamboulement, et notamment avec des Grands Prix se disputant plusieurs fois sur le même tracé à un week-end d’intervalle. On peut aussi insister sur le fait que le travail de Dorna sur le règlement que le gel technique a exacerbé est arrivé à maturité, en nivelant les performances des motos bien comme il faut, jusqu’à friser la parité du matériel.

On a aussi beaucoup parlé du nouveau pneu arrière Michelin qui a comblé ceux qui étaient derrière pour frustrer ceux qui étaient devant, réunissant ainsi à peu près l’ensemble dans le même chrono. Mais les critiques sur la nouvelle gomme auvergnate est surtout venue de Ducati, via le box de Dovizioso.

Alors ? Il y a sans doute un peu de tout ça, mais plutôt que de se pencher sur le nouvel élément qui a changé l’équilibre, certains se concentrent surtout sur un chainon manquant en 2020 : Marc Marquez. Une théorie qui est notamment avancée par le team manager de chez Pramac Ducati, en l’occurrence Guidotti, et preuve à l’appui.

Neuf vainqueurs et un grand absent

« C’était un championnat inhabituel », a confirmé Guidotti dans une interview accordée à GPOne. « Si nous regardons 2019, nous voyons que Marquez a remporté le championnat avec deux fois plus de points que Viñales, qui a terminé troisième. Si vous le retirez, les autres pilotes se relaient pour le podium, et dans les autres années c’était aussi comme ça ».

« Ce n’est pas une opinion, mais une analyse basée sur des faits. Si vous éliminez Marquez, les fluctuations des autres pilotes deviennent plus évidentes », explique le team manager de Pramac. « Le gagnant attire toujours plus d’attention que la deuxième ou la troisième place ».

« A part quelques courses, comme pour Dovizioso, le nouveau pneu n’a pas trop gâché la compétition », déclare Guidotti avec conviction et il souligne : « c’est l’absence de Marquez qui a donné à neuf pilotes différents la chance de gagner des courses et qui en a amené d’autres sur le podium ».

Les souris ont ainsi dansé pendant que le chat de Honda n’était pas là. Mais parti à la chasse, il a aussi perdu sa place et il sera intéressant de voir comment il va tenter de reprendre sa position dominante dans une meute à présent émancipée de son autorité …

Cette preuve par neuf est-elle celle du changement en MotoGP ?

 



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