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Bagnaia Ducati

Bagnaia refait la réputation de Ducati sur un sujet sensible. Entre la marque et ses pilotes, en effet, la relation a souvent été de l’ordre du « je t’aime moi non plus ». Chaque difficulté avait pour conséquence des regards en chiens de faïence, tandis que les succès n’ont été célébrés que par des explosions de joie spontanées, vite diluées dans une ambiance générale n’invitant pas à la convivialité. Andrea Dovizioso, après son départ, a déploré cette atmosphère. Mais il est pourtant resté huit ans en combinaison avec trois statuts de vice-champion du monde. Récemment, Casey Stoner s’est montré assassin sur le thème. Mais en 2021, et avec une nouvelle génération, tout semble différent…

L’ambiance chez Ducati Corse a souvent été un sujet. Et avec les pilotes, les relations sont parfois tendues. On ne rappellera pas la sortie d’Andrea Dovizioso sur cet aspect de son pourtant long bail avec ses compatriotes qui avait poussé les dirigeants de la marque à faire une mise au point en clamant haut et fort qu’ils respectaient toujours leurs pilotes. Casey Stoner, récemment, en a remis une couche, et même une épaisse en déclarant sur Bike Magazine : « chez Ducati, ils ne m’ont pas respecté. Je pense que la façon dont ils s’occupent des pilotes est de pire en pire. À maintes reprises, ils n’ont montré aucune loyauté envers les pilotes parce qu’ils croient vraiment qu’ils ont la meilleure moto ».

Peut-être mais nous voilà en 2021 avec des pilotes souriants et performants. Le dernier doublé à Jerez, avec un Jack Miller vainqueur se vengeant d’une entame de saison compliquée, et un Bagnaia leader du championnat semble montrer tout le contraire des ressentiments exprimés par les aînés. Une nouvelle image que Pecco Bagnaia définit ainsi : « je n’ai jamais eu ce bon sentiment dans le passé » dit l’Italien.

Bagnaia se sent comme dans l’équipe Sky VR46

Il ajoute : « l’année dernière, je me sentais bien, j’ai pu être rapide et nous sommes partis de là. Avec cette moto, j’aime vraiment faire chasser le chrono, c’est plutôt bien. Je m’entends très bien avec cette équipe, nous sommes tous calmes, il y a une ambiance sereine dans le box qui m’aide à exprimer au mieux mes compétences et ça me donne la tranquillité d’esprit sur la piste. J’ai l’impression d’être de retour dans l’équipe Sky VR46 ». Une dernière remarque forte sur la bonne ambiance de la part de l’académicien de Valentino Rossi.

Le directeur sportif Paolo Ciabatti dit au sujet de son compatriote leader du championnat : « il a acquis confiance, clarté, vitesse, il sait bien gérer la course. Son style de pilotage est parfaitement adapté au pack moto/pneu, il est très efficace, il parvient à faire tourner cette moto comme aucun autre. Il a un immense talent et la capacité de se concentrer uniquement sur ce qu’il fait. Cela lui a permis d’affronter les moments difficiles de sa carrière de la meilleure façon possible, il a une grande force intérieure pour surmonter des saisons compliquées ».

« Il aurait pu se perdre, au lieu de cela, il a tenu bon, comme nous l’avons fait en 2019 après des débuts inférieurs aux attentes. Nous avons continué à croire en lui. Début 2020, nous parions sur Dovizioso, Petrucci et Miller, mais nous savions aussi que Bagnaia et Zarco pouvaient bien faire. Nous avons cru en Pecco et lui avons donné une moto officielle pour 2020. Il a commencé fort tout de suite, et la promotion dans l’équipe officielle lui a donné une motivation supplémentaire pour être l’un des plus rapides sur la piste ».

Et à la question de savoir si Ducati peut remporter le titre avec Bagnaia, le même Ciabatti répond sans hésiter : « oui, j’en suis convaincu ». Les approches de Dovizioso et de Stoner ne semblent donc plus coller à la réalité de cette saison en MotoGP. Les deux ont-ils été des incompris ou Ducati a-t-il appris de ces expériences ?

 

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