Cela fait maintenant 2 ans que Yamaha est légèrement en retrait dans la lutte pour le titre mondial MotoGP, et le pilote phare de la marque ne s’est pas privé de s’en plaindre : les motos d’Iwata sont très sensibles à des facteurs qu’on ne maîtrise pas (pneumatiques, météo, etc.) et, à ce niveau, face au surdoué Marc Márquez et aux progrès des Ducati, cela ne pardonne pas.

Entendons-nous bien : les M1 restent des motos superbement abouties (sans même parler de la victoire de Maverick Vinales à Phillip Island, il n’y a qu’à voir les performances des rookies Franco Morbidelli et Fabio Quartararo à leur guidon en seulement quelques tours d’essais hivernaux) mais elles concèdent trop souvent les 2 ou 3 dixièmes qui les empêchent de se battre régulièrement pour la victoire.

Une situation forcément jugée très frustrante par Valentino Rossi et Maverick Vinales qui, même s’ils finissent 3e et 4e du championnat, ont peu à peu mis la pression sur les ingénieurs japonais en charge du développement du 4 cylindres en ligne.

A tel point que, fait quasiment sans précédent, nous avons assisté en Autriche à des excuses publiques du chef de projet de la M1, Kouji Tsuya.

Un peu plus tard, à froid, celui-ci analysait : « C’est vrai que cette année a été très difficile pour nous. Les problèmes ont été de taille. L’accélération dans les virages lents a été le principal problème, mais aussi la décélération, le freinage et l’entrée de virage. La caractéristique de notre moteur, surtout en sortie de virage, est qu’il était agressif. C’était difficile pour nous de gérer le pneu. Au fil du temps, nous avons utilisé le logiciel unique et nous avons régressé dans de nombreux domaines, par exemple les cartographies, l’anti-patinage, l’anti-wheelie et le frein moteur également. Actuellement, nous faisons des essais au Japon et nous avons quelques points positifs. Je suis persuadé que nous nous sommes améliorés par rapport à la moto de l’an dernier, en particulier au niveau du moteur et de l’accélération. Notre objectif pour le prochain moteur est de le rendre plus lisse sans perdre en vitesse maximale ».

En prenant la parole publiquement, il était inéluctable que ses heures étaient comptées, et l’ingénieur s’est vu évincé du programme MotoGP 2019 cet hiver, même si concrètement, son poste était sous la responsabilité directe de Kouichi Tsuji, directeur général du développement des sports mécaniques.

On ne peut donc s’empêcher de faire le parallèle avec l’équipe Ferrari de Formule 1 où, Italie et tifosi obligent, c’est carrément le team manager Maurizio Arrivabene qui a été poussé vers la sortie pour avoir “seulement” terminé 2e au championnat : autre pays, autre culture et autres mœurs… mais nul doute qu’un fusible vient de sauter au Japon.
Était-ce la meilleure solution pour que les M1 se battent à nouveau pour le titre ? Il serait présomptueux pour nous d’avoir la moindre opinion sur le sujet…

Selon nos informations, Kouji Tsuya a donc laissé sa place à Takahiro Sumi, un ingénieur jusqu’à présent en charge du Test Team.

Photo de 2006

 

Cela suffira-t-il pour permettre à Yamaha de viser un nouveau titre mondial en 2019, et pourquoi pas le 10e de Valentino Rossi ? Nul n’a évidemment la réponse et tout le monde attend les premiers essais à Sepang avec la plus grande impatience…

Organigramme partiel Yamaha MotoGP 2018 (document Yamaha):

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