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Bagnaia

Andrea Dovizioso, 15 victoires en MotoGP, a analysé la situation de Francesco Bagnaia. « Il n’arrive pas à accepter qu’il n’est plus le plus rapide. » Le double champion du monde, coéquipier de Marc Marquez, souffre. « Depuis l’année dernière, certaines choses ont changé. » Dovizioso salue ses qualités, mais note son irrégularité. « Il est brillant quand il est dans son assiette. » L’Italien, qui enchaîne les podiums, semble ailleurs. Le constat se veut lucide.

Francesco Bagnaia est encore monté sur le podium en Hongrie. Pour la troisième fois consécutive. Sur le papier, difficile d’y voir une crise. Et pourtant, quelque chose continue de manquer. Pendant que Pecco sauvait une nouvelle troisième place, Marc Marquez écrasait le week-end avec la pole position, la victoire Sprint, la victoire en Grand Prix et le meilleur tour en course.

Une démonstration totale. Une démonstration qui relance une question devenue récurrente dans le paddock : pourquoi Bagnaia semble-t-il incapable de répondre à son coéquipier sur une moto identique ? Pour Andrea Dovizioso, la réponse n’est peut-être ni technique ni mécanique. Elle serait beaucoup plus profonde.

L’ancien pilote Ducati ne remet absolument pas en cause le talent de Bagnaia. Bien au contraire. « À mon avis, il est absolument brillant, vraiment brillant quand il est en forme, quand il est dans son assiette. »

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« Depuis l’année dernière, certaines choses ont changé pour Bagnaia »

Dovizioso décrit un pilote méthodique, organisé et capable d’exécuter parfaitement son plan lorsque toutes les conditions sont réunies. « Surtout lorsqu’il sait précisément ce qu’il veut faire, il y parvient. Tout ce qu’il a entrepris a toujours été clair. On voyait bien qu’il était très organisé, notamment dans la façon dont il structurait ses séances. »

Pendant plusieurs années, cette méthode a fonctionné à merveille. Deux titres mondiaux. Des victoires à répétition. Et le statut incontesté de référence chez Ducati. C’est là que tout aurait changé. L’arrivée de Marquez a brutalement modifié l’équilibre interne de Ducati.

D’un seul coup, Bagnaia n’était plus l’homme à battre dans son propre garage. Et surtout, il découvrait une situation qu’il n’avait jamais vraiment connue auparavant. Être dominé. « Depuis l’année dernière, certaines choses ont changé », résume Dovizioso.

Puis vient ce qui est probablement la déclaration la plus forte depuis sa chaine YouTube: « Je le vois toujours comme un multiple champion du monde, mais il n’arrive tout simplement pas à accepter qu’il n’est plus le plus rapide. » Voilà le cœur du problème. Pas un déficit de talent. Pas une perte de vitesse. Pas un problème de niveau.

Selon Dovizioso, Bagnaia continue de se percevoir comme le pilote référence de Ducati. Or la réalité actuelle lui renvoie une image différente chaque week-end. Marc Márquez gagne. Marc Márquez domine. Marc Marquez trouve des solutions. Et Marc Marquez roule plus vite.

Dovizioso avance une théorie intéressante. Pendant ses années de domination, Bagnaia a souvent gagné grâce à sa vitesse pure et à sa maîtrise stratégique. « Lorsqu’il gagnait, c’était grâce à sa stratégie et à sa rapidité. »

Cette position de force permanente lui a peut-être évité de devoir développer certains mécanismes psychologiques nécessaires lorsqu’un rival direct vous surclasse dans le même box. Car aujourd’hui, la situation est totalement différente.

Pour la première fois depuis longtemps, Bagnaia doit accepter qu’un autre pilote exploite mieux la même Ducati. Et c’est peut-être cela qui lui coûte le plus cher.

Le plus étonnant dans cette histoire est que les résultats ne sont pas catastrophiques. Trois podiums consécutifs. Toujours parmi les meilleurs. Toujours capable de jouer les premières lignes. Mais l’impression visuelle est impitoyable. En Hongrie, Bagnaia termine troisième. Marc Marquez lui inflige pourtant plus de onze secondes. Deux pilotes. La même moto. Deux mondes différents.

Bagnaia n’a probablement jamais eu autant besoin de gagner. Pas pour le championnat MotoGP. Pas pour les statistiques. Mais pour lui-même. Parce que la question n’est plus de savoir s’il est rapide. Tout le monde sait qu’il l’est. La question est désormais de savoir s’il peut accepter qu’un pilote encore plus rapide partage son garage. Et selon Andrea Dovizioso, c’est précisément ce combat-là que Francesco Bagnaia n’a toujours pas réussi à gagner.

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