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Superbike

Un jour ou l’autre, Nicolò Bulega ne gagnera pas. Mais qui sait combien de temps il faudra attendre, car sa supériorité ne faiblit pas en Superbike, elle semble même s’accroître. Au Motorland Aragon, le fantastique pilote Ducati a aligné sa vingtième victoire consécutive : toutes celles de cette saison, plus les quatre courses finales de la saison passée. Adversaires, incertitude et spectacle : Bulega est en train de tout anéantir.

Par Paolo Gozzi / Corsedimoto.com

Ce qui rend le tableau de cette Superbike moderne encore plus surréaliste, c’est la manière. Bulega est un pilote de course, il ne fait donc aucune erreur. En Superpole, il a explosé le record, qui était déjà sien, seul pilote à être descendu sous la barrière de 1’47’’. Ensuite, comme toujours, il est parti à merveille, creusant progressivement l’écart sur le seul qui peut espérer briser le sortilège. Mais même en conduisant exactement la même Ducati officielle, Iker Lecuona n’y touche jamais : cela fait treize courses d’affilée qu’il termine deuxième, plus ou moins distancé. Bulega et la petite balance.

Lecuona ne peut qu’espérer qu’il se produise quelque chose de particulier, mais Bulega a tout sous contrôle. Même lors des très rares occasions où un élément imprévu est survenu, comme la pluie fine à Assen, le dictateur n’a pas tremblé. Dans le final, Lecuona s’est approché un peu, réduisant l’écart à environ une seconde. Mais seulement parce que Nicolò gérait tout avec la petite balance : effort physique, mécanique, pneus. Tout à la perfection. Il gagne, toujours et partout, et salut à tous.

Et le plaisir alors ?

Nicolò Bulega fait ce pour quoi il est né : il va vite et il gagne. Le problème de la Superbike, c’est qu’il y a un vide derrière lui. Lecuona perd, mais limite les dégâts tandis que les autres naviguent en eaux lointaines. Sam Lowes, tombé deux fois en essais, a remonté le moral dans le box Marc VDS avec une nouvelle excellente troisième place. Dans les sept premières positions se trouvent les six Ducati habituelles, avec le vétéran Tommy Bridewell, ancien champion British, qui s’est ajouté au traditionnel train de Lorenzo Baldassarri et Yari Montella. La seule « non-Ducati » qui sauve à peu près la mise est la Bimota d’Alex Lowes, quatrième, mais à seize secondes du duo d’une autre planète.

Et les autres concurrentes ?

Disparues de la scène, comme c’est tristement habituel désormais. Malgré quelques aides réglementaires, Yamaha et Honda n’arrivent même pas à sauver la face. La BMW ne compte pas vraiment, après avoir perdu le phénomène Toprak Razgatlioglu parti en MotoGP ; ici, l’équipe doit en outre renoncer pour blessure à Miguel Oliveira et Danilo Petrucci. Que celui qui peut se sauve.

Encore un butin pour Bulega ?

Le Motorland Aragon proposera un dimanche de feu, surtout à cause des conditions ambiantes. Car sur la piste, il n’y a qu’un seul maître : Nicolò Bulega parviendra-t-il à maintenir ouverte la série de victoires commencée à Estoril, en octobre dernier ? À 11h00 auront lieu la Superpole Sprint, sur une distance de dix tours. La finale anticipée se courra à 14h00 (18 tours) pour éviter la coïncidence horaire avec la MotoGP.

Superbike Aragon – Le classement de la Course 1 : 

Classement : WorldSBK

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Paolo Gozzi