Aujourd’hui, il suffit de regarder le classement pour croire que Ducati est revenu dans la course au titre. Pourtant, il y a encore quelques semaines, à Borgo Panigale, l’ambiance était tout autre. Davide Tardozzi vient d’ailleurs de lâcher un mot extrêmement fort pour décrire le début de saison de Ducati : « Un cauchemar. »
Le terme n’a rien d’exagéré. Après les essais de Sepang, Ducati avait toutes les raisons de se montrer confiante. Cinq Desmosedici figuraient parmi les six premiers. Marc Marquez était de retour. Francesco Bagnaia semblait prêt à repartir à l’assaut. Les équipes satellites regorgeaient de talents.
Sur le papier, la saison ressemblait à une démonstration annoncée. La réalité a été toute autre. Pendant que Ducati cherchait encore ses repères, Aprilia a frappé fort. Marco Bezzecchi a remporté les trois premiers Grands Prix de l’année. Jorge Martin a ajouté une victoire Sprint. Le constructeur de Noale semblait avoir trouvé quelque chose que Ducati n’avait pas.
« Ils ont fait un grand pas en avant entre Sepang et la Thaïlande », reconnaît aujourd’hui Tardozzi. Et dans le même temps, Ducati perdait son principal atout. Car derrière les résultats décevants du début de saison se cachait une réalité encore plus préoccupante : Marc Marquez n’était pas réellement opérationnel.
Une compression du nerf radial du bras droit, diagnostiquée tardivement, freinait sa récupération après les blessures de Mandalika. Autrement dit, Ducati devait affronter l’Aprilia la plus performante de son histoire récente avec un Marc Marquez diminué.

Tardozzi : « Il faudra encore un mois, peut-être deux à Marc Marquez pour être en forme »
Le résultat fut brutal. Il a fallu attendre Jerez pour voir Ducati renouer avec la victoire grâce à Alex Marquez. Puis la Catalogne pour voir Francesco Bagnaia offrir enfin un premier podium dominical à l’équipe officielle.
Et pendant ce temps, Marc continuait à lutter contre son propre corps. C’est ce qui rend le week-end de Balaton encore plus impressionnant. Pole position. Victoire Sprint. Victoire en Grand Prix.
Une domination totale. Mais Tardozzi refuse sur crash.net d’y voir le retour du véritable Marquez. « La pole position, la victoire, la victoire ne signifient pas qu’il est à 100 %. Il n’est pas à 100 %. » La phrase mérite qu’on s’y arrête. Parce qu’elle change complètement la perspective.
Si Ducati a réussi à reprendre 30 points à Aprilia avec un Marc Marquez encore diminué physiquement, qu’arrivera-t-il lorsque l’Espagnol retrouvera réellement toutes ses capacités ? « Il lui faudra encore un mois, peut-être deux », estime Tardozzi.
C’est précisément ce qui inquiète désormais les adversaires de Ducati. Car Balaton a montré deux choses. La première est qu’Aprilia reste extrêmement forte. Bezzecchi, Martin et Di Giannantonio auraient probablement joué le podium sans l’accident du premier virage.
La seconde est que Marc Marquez est déjà capable de gagner alors que son équipe considère encore qu’il n’est pas totalement rétabli. Le paradoxe est là. Pendant plusieurs mois, Ducati a vécu ce que son directeur sportif décrit comme un cauchemar.
Aujourd’hui, ce même blason Ducati aborde la suite de la saison avec un pilote revenu à 72 points du championnat et une conviction grandissante : le meilleur Marquez n’est peut-être pas encore arrivé. Et si c’est réellement le cas, alors le cauchemar pourrait bientôt changer de camp.































