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Brno

Pendant des années, la question semblait réglée. Ducati possédait la référence technique du MotoGP et le reste du paddock tentait simplement de combler l’écart. Pourtant, les préqualifications de Brno ont envoyé un message beaucoup plus dérangeant pour Borgo Panigale : aujourd’hui, l’Aprilia n’est plus seulement une alternative crédible. Elle est devenue une machine capable de dicter sa loi.

Le véritable événement n’est pas seulement qu’Ai Ogura ait terminé en tête. C’est la manière dont il l’a fait. Le pilote japonais de TrackHouse a pulvérisé le record absolu du circuit avec un impressionnant 1’51″735, effaçant des tablettes le précédent record détenu par Pecco Bagnaia depuis la saison dernière en 1’52″303.

Plus qu’une amélioration chronométrique, c’est un symbole. Sur un circuit réputé pour sa fluidité, ses longues courbes rapides et son exigence technique, l’Aprilia RS-GP26 a donné l’impression d’évoluer dans une autre dimension.

Et comme pour confirmer qu’il ne s’agissait pas d’un simple exploit isolé, Marco Bezzecchi a immédiatement suivi son coéquipier. Le leader du championnat a terminé deuxième à seulement 91 millièmes. Autrement dit, les deux Aprilia occupent les deux premières positions. Une image qui aurait semblé totalement irréaliste il y a encore deux saisons.

Côté Ducati Fabio Di Giannantonio a placé sa Desmosedici GP26 au troisième rang, devant Pecco Bagnaia lui-même. Les deux Italiens limitent les dégâts mais accusent respectivement 0″207 et 0″248 sur Ogura. Des écarts qui peuvent sembler modestes. Ils ne le sont pas. À ce niveau de performance, deux dixièmes représentent un monde.

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Les sept premiers pilotes de la séance ont roulé plus vite que l’ancien record de Bagnaia à Brno

D’autant que derrière eux se trouve un autre nom qui attire immédiatement l’attention : Marc Marquez. L’Espagnol avait dominé une bonne partie de la séance avant de commettre une nouvelle erreur. Comme lors des essais libres du matin, le pilote Ducati a terminé sa journée dans les graviers après une chute au virage 11. Sans conséquence physique. Mais avec une nouvelle interrogation. Car depuis son retour de blessure, Marquez alterne démonstrations de vitesse pure et petites fautes inhabituelles.

Cinquième à seulement 0″253 du meilleur temps, il demeure évidemment l’un des favoris du week-end. Mais ces deux chutes en une seule journée montrent également qu’il continue de chercher la limite.

Derrière le nonuple champion du monde Pedro Acosta et Joan Mir. Leur présence mérite d’être soulignée. Acosta continue une nouvelle fois de porter pratiquement seul les ambitions de KTM. Quant à Mir, il confirme les progrès spectaculaires de Honda depuis plusieurs mois.

Le chiffre le plus révélateur reste toutefois ailleurs. Les sept premiers pilotes de la séance ont roulé plus vite que l’ancien record de Bagnaia. Sept preuves que le niveau global du MotoGP continue de grimper malgré les critiques régulières concernant l’aérodynamique ou l’électronique.

La bataille pour les accès directs en Q2 a également réservé plusieurs surprises. Diogo Moreira poursuit son ascension avec une nouvelle qualification directe. Le Brésilien confirme une fois encore qu’il n’est plus simplement le rookie prometteur du paddock mais déjà l’un des pilotes les plus rapides de la catégorie.

Fermin Aldeguer poursuit également sa progression avec Gresini tandis que Raul Fernandez complète le top 10, offrant à TrackHouse deux motos directement qualifiées pour la Q2. Une performance qui prend encore plus de valeur lorsqu’on observe la liste des éliminés.

Car la Q1 ressemblera presque à une qualification de luxe. On y retrouvera notamment Jorge Martin, Fabio Quartararo, Maverick Viñales, Luca Marini, Alex Marquez, Enea Bastianini, Franco Morbidelli, Jack Miller, Brad Binder, Alex Rins et Toprak Razgatlioglu.

Autrement dit, plusieurs vainqueurs de Grands Prix et plusieurs champions du monde devront se battre dès samedi matin pour simplement accéder à la lutte pour la pole position. Le cas de Fabio Quartararo est particulièrement intrigant. Deuxième des essais libres du matin, le Français semblait en mesure de jouer les premiers rôles. Quelques heures plus tard, il se retrouve rejeté en Q1. La preuve que Brno récompense davantage la régularité que les éclairs ponctuels.

Même constat pour Jorge Martin. Le pilote Aprilia continue de chercher ses marques après son spectaculaire accident hongrois. Son rythme n’a pas semblé catastrophique, mais un problème technique survenu durant un relais long n’a certainement pas facilité sa tâche.

Quant à Alex Marquez, son simple retour constitue déjà une petite victoire. L’Espagnol, dont beaucoup estimaient qu’il manquerait encore plusieurs semaines de compétition après sa fracture de la clavicule et sa blessure cervicale, poursuit son week-end. Mais sa quinzième position rappelle aussi l’ampleur du défi physique auquel il fait face.

Enfin, la dernière place revient à Cal Crutchlow. Le Britannique, appelé une nouvelle fois pour remplacer Johann Zarco chez LCR Honda, termine à plus de deux secondes du record d’Ogura.

Un écart conséquent qui illustre aussi le niveau extraordinaire atteint aujourd’hui par le MotoGP qui va continuer sa représentation à Brno lors d’un samedi dont voici le programme :

Grand Prix de la République Tchèque, Brno :

Samedi 20 juin

Essais libres 2 Moto3 08h40-09h10

Essais libres 2 Moto2 09h25-09h55

Essais libres 2 MotoGP 10h10-10h40

Q1 MotoGP 10h50-11h05

Q2 MotoGP 11h15-11h30

Q1 Moto3 12h45-13h00

Q2 Moto3 13h10-13h25

Q1 Moto2 13h40-13h55

Q2 Moto2 14h05-14h20

Course sprint MotoGP 15h00 (10 tours)

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