Moto GP
Publié le 15 juillet 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP – Mauro Grassilli détaille le renouvellement de Marc Marquez, le départ de Pecco Bagnaia et l’arrivée de Pedro Acosta

Mauro Grassilli, directeur sportif de Ducati Corse, a révélé les coulisses de la restructuration de l'équipe officielle de Borgo Panigale.

Mauro Grassilli

Pendant des mois, les rumeurs ont alimenté le paddock. Pourquoi Ducati avait-elle choisi de tourner la page Francesco Bagnaia ? À quel moment Pedro Acosta est-il devenu la priorité absolue de Borgo Panigale ? Et comment Marc Marquez a-t-il obtenu la prolongation de son contrat ? Pour la première fois, Mauro Grassilli, directeur sportif de Ducati, dévoile les coulisses de ces décisions qui vont façonner la nouvelle ère MotoGP à partir de 2027. Et certaines confidences sont particulièrement révélatrices.

On aurait pu penser que prolonger Marc Marquez après ses performances de 2026 ne serait qu’une formalité. Selon Grassilli, ce fut exactement l’inverse. Le premier contrat signé en 2024 avait déjà nécessité une décision délicate face à Jorge Martin et Enea Bastianini. Mais cette fois, les discussions ont été encore plus complexes.

« Le renouvellement a été plus difficile car Marc souhaitait quelque chose de différent du premier accord, notamment sur le plan financier et sur plusieurs autres aspects », explique le dirigeant italien. Ducati reconnaît ainsi que Marquez était désormais en position de force dans les négociations.

Grassilli souligne toutefois que l’accord n’aurait jamais pu être trouvé sans le soutien des partenaires et des sponsors de la marque.

Autre révélation intéressante : malgré les blessures qui ont marqué sa carrière, Ducati affirme n’avoir jamais remis en question les capacités physiques de son pilote. « Nous avons fait confiance à Marc, au pilote comme à l’homme. Nous savions que s’il existait un problème physique susceptible d’affecter son avenir, il nous en aurait parlé. »

Une déclaration importante tant les interrogations autour de son état physique avaient accompagné son arrivée à Borgo Panigale. Aujourd’hui, Ducati considère manifestement ce dossier comme définitivement refermé.

Mauro Grassilli : « Avec Acosta, ce fut presque un coup de foudre, et les propos de Bagnaia ont eu des conséquences »

Grassilli est également revenu sur le départ de Francesco Bagnaia. Son explication dépasse largement le simple aspect sportif. Selon lui, la saison 2025 a progressivement détérioré la relation entre les deux parties. « Certaines déclarations ont été assez dures. Le pilote est le leader de l’équipe. Quand ce leader tient des propos qui fragilisent l’équipe, cela a forcément des conséquences. » Derrière cette phrase apparaît clairement l’idée que la rupture ne s’est pas construite uniquement sur les résultats, mais aussi sur une perte de confiance mutuelle.

Tout le contraire de ce qui s’est passé avec le nouveau venu … « Avec Acosta, ce fut presque un coup de foudre » Grassilli décrit la naissance de la relation entre Ducati et Pedro Acosta avec une métaphore particulièrement parlante. « Nous nous observions depuis longtemps. Lorsque nous avons enfin eu l’occasion de nous rencontrer, ce fut presque un coup de foudre. »

Une image qui illustre parfaitement le travail de longue haleine effectué en coulisses. Car Ducati ne recrutait pas uniquement un pilote rapide. Elle cherchait celui qui devra incarner l’avenir de la marque après Marc Marquez.

Grassilli insiste d’ailleurs sur un point rarement mis en avant. « Nous ne regardons ni le passeport ni la nationalité. Nous regardons les performances, mais aussi la capacité d’un pilote à conquérir le cœur des fans Ducati. » Selon lui, Pedro Acosta possède déjà toutes les qualités recherchées. Sa vitesse. Son agressivité. Son charisme. Et surtout ce qu’il appelle « l’esprit Desmo ». Une formule qui résume parfaitement la philosophie actuelle de Borgo Panigale : recruter des pilotes capables de gagner… mais aussi de représenter l’identité de la marque.

Reste désormais le principal défi. Faire cohabiter Marc Marquez et Pedro Acosta. Là encore, Ducati ne semble pas particulièrement inquiète. « Il y aura peut-être quelques frictions. Ce sont deux pilotes extrêmement forts. Mais il vaut mieux apprendre à gérer deux champions que de ne pas les avoir. » Une philosophie déjà défendue à plusieurs reprises par Luigi Dall’Igna.

Au fond, cette interview révèle surtout une chose. Ducati ne prépare plus seulement la saison prochaine. Le constructeur italien construit déjà l’après-Marquez. En prolongeant son champion tout en recrutant Pedro Acosta, Borgo Panigale cherche à assurer une continuité rare en MotoGP : conserver le meilleur pilote du présent tout en intégrant celui qu’elle considère comme le meilleur pilote de demain.

Le « coup de foudre » évoqué par Mauro Grassilli dans le podcast « ZamTube » n’est donc probablement pas une simple formule. Il résume la conviction profonde de Ducati : Pedro Acosta n’est pas seulement un recrutement. Il est la pierre angulaire du projet qui doit prolonger la domination de Borgo Panigale dans la prochaine ère technique du MotoGP.

Pecco Bagnaia