Moto GP
Publié le 22 juillet 2026 • 18:00 par André Lecondé

Jack Miller sacrifié par Yamaha : le MotoGP perd son dernier cow-boy

C’est désormais officiel (ou presque) : Jack Miller a perdu son guidon en MotoGP pour 2027. Le transfert d’Izan Guevara est bouclé.

C’était sans doute écrit depuis plusieurs mois, mais l’information est désormais considérée comme bouclée dans le paddock : Jack Miller ne sera plus pilote MotoGP en 2027. Selon le journaliste italien Rosario Triolo (Sky Sports Italia), le transfert d’Izan Guevara chez Pramac Yamaha est désormais finalisé. Il ne manque plus que l’annonce officielle. Et quelque part, c’est une petite page du MotoGP qui se tourne.

Lorsque KTM l’a remercié fin 2024, Jack Miller semblait déjà proche de la sortie. Mais Pramac et Yamaha lui ont offert une seconde chance en 2025. Le pari était audacieux. Miller n’était plus considéré comme un futur champion du monde, mais comme un pilote d’expérience capable d’accompagner Yamaha dans l’une des périodes les plus importantes de son histoire récente : la transition entre le quatre-cylindres en ligne historique et le futur moteur V4.

Il a rempli sa mission avec professionnalisme. Jamais avare de commentaires techniques, toujours disponible avec les ingénieurs, Miller s’est imposé comme un précieux développeur tout en acceptant un rôle moins glamour que celui qu’il occupait autrefois chez Ducati ou KTM. Mais l’histoire ne durera finalement que deux saisons. Izan Guevara prendra la place de « JackAss » en 2027.

Le choix effectué par Yamaha est cependant assez logique. À seulement 22 ans, Izan Guevara représente précisément ce que recherchent aujourd’hui les constructeurs : un champion du monde Moto3, rapide, jeune, malléable et capable de s’inscrire dans un projet à long terme.

Selon Rosario Triolo : « Le transfert est désormais totalement officialisé. » L’ancien champion du monde Moto3 effectuera ainsi directement la transition entre Moto2 et MotoGP sous les couleurs du programme Blu Cru Pramac Yamaha.

La stratégie de Yamaha est claire : associer l’expérience d’un Toprak Razgatlioglu en pleine adaptation au MotoGP avec la jeunesse et le potentiel d’un Izan Guevara pour préparer la prochaine décennie. Dans cette équation, Jack Miller n’avait malheureusement plus sa place.

Jack Miller

Avec Jack Miller, le MotoGP perd l’un de ses personnages les plus attachants

Sportivement, la décision peut parfaitement se défendre. Humainement, elle est plus difficile à accepter. Car Jack Miller appartient à une espèce de plus en plus rare dans le MotoGP moderne. Derrière son éternel sourire, son accent australien inimitable et son approche décontractée des Grands Prix se cache un pilote particulièrement apprécié dans le paddock.

Gino Borsoi le disait encore récemment : « Toprak et Miller sont tous deux un peu des exceptions dans ce paddock. » À une époque où les pilotes sont devenus des athlètes ultra-formatés, Miller conserve ce côté « cow-boy australien » capable de plaisanter avec tout le monde tout en restant extrêmement professionnel dans son travail.

Il est également l’un des rares pilotes de la grille à avoir remporté des Grands Prix avec des motos très différentes et à avoir participé au développement de plusieurs projets majeurs chez Honda, Ducati, KTM puis Yamaha.

La bonne nouvelle, c’est que la carrière de Jack Miller ne semble pas terminée. Le Championnat du monde Superbike apparaît aujourd’hui comme sa destination la plus probable. Et les options ne manquent pas.

BMW recherche actuellement un coéquipier pour Miguel Oliveira. Ducati dispose également d’un guidon prestigieux avec le départ attendu de Nicolò Bulega vers le MotoGP. Yamaha suit également son dossier depuis plusieurs mois.

 

Un retour chez Ducati aurait même quelque chose de romantique. Beaucoup ont oublié que Miller fut pilote officiel de Borgo Panigale pendant trois saisons et qu’il demeure particulièrement apprécié par les dirigeants italiens. À 31 ans, l’Australien possède encore plusieurs belles années devant lui dans un championnat qui accueille avec succès un nombre croissant d’anciens pilotes MotoGP.

Avec l’arrivée imminente de Guevara chez Pramac, le marché des transferts 2027 se précise considérablement. Seules trois équipes n’ont toujours pas officialisé leur composition : TrackHouse Racing, VR46 Racing Team et Red Bull KTM Tech3.

Chez TrackHouse, Enea Bastianini apparaît comme le grand favori pour remplacer Ai Ogura, tandis que Raul Fernandez devrait conserver son guidon. Chez VR46, Nicolò Bulega semble tenir la corde pour rejoindre Fermin Aldeguer. Enfin, Tech3 doit encore choisir entre Luca Marini, Senna Agius et Manuel Gonzalez pour ses deux RC16.

Jack Miller est probablement l’un des pilotes qui a le plus contribué au développement du futur projet Yamaha V4. Il aura participé à la fin d’une époque et au début d’une autre… sans jamais pouvoir profiter du résultat final.

Il quitte ainsi le MotoGP au moment précis où Yamaha commence enfin à récolter les fruits du travail engagé depuis deux ans. C’est parfois la cruauté du sport de haut niveau : certains construisent les projets, d’autres en récoltent les victoires.

Jack Miller fait malheureusement partie de la première catégorie. Et le paddock MotoGP perd au passage l’une de ses personnalités les plus authentiques.

Jack Miller