Pilote au parcours mouvementé mais en constante progression, le Romain s’est construit à force de patience, de travail et de rebonds, jusqu’à devenir une valeur sûre de la grille. Fabio Di Giannantonio est désormais attendu chez KTM à partir de 2027.
Né le 10 octobre 1998 à Rome, Fabio Di Giannantonio grandit dans un environnement où la moto devient très tôt un terrain naturel d’expression. Il remporte le titre italien PreMoto3 250 dès 2012, avant de se faire remarquer dans la Red Bull MotoGP Rookies Cup et dans les championnats nationaux. Dès son plus jeune âge, il montre une capacité à monter en puissance au fil des saisons plutôt qu’à exploser d’un seul coup.
Premiers pas en Grand Prix
Sa première vraie fenêtre internationale s’ouvre en Moto3. En 2015, il effectue ses débuts en Championnat du monde avec Gresini lors du Grand Prix de Valence, en remplacement d’Andrea Locatelli blessé. En parallèle, il termine deuxième de la Red Bull Rookies Cup, derrière Bo Bendsneyder. Un résultat suffisant pour lui assurer une promotion. L’année suivante, il est donc engagé à temps plein dans la catégorie Moto3, et s’illustre rapidement avec plusieurs podiums, dont une deuxième place au Mugello puis deux autres top 3 à Assen et Brno.
En 2017 et 2018, il confirme son potentiel avec Del Conca Gresini Moto3. Sa régularité et sa vitesse le placent parmi les pilotes les plus en vue du plateau, et il termine sa dernière saison dans la catégorie avec deux victoires et plusieurs podiums, à la deuxième place du championnat. Cette saison-là fut dominée par Jorge Martín, qui bouclait la campagne avec 42 unités d’avance sur son dauphin. Cette saison référence en championnat du monde permet toutefois à Fabio Di Giannantonio de s’installer durablement dans le groupe des jeunes Italiens suivis de près par le paddock.
Le passage en Moto2 n’est pas immédiatement concluant. Chez Speed Up Racing, en 2019 puis en 2020, Di Giannantonio connaît des saisons plus compliquées, avec quelques podiums mais sans véritable coup d’éclat. C’est finalement son retour chez Gresini en 2021 qui relance sa trajectoire. Il y remporte une victoire et termine septième du championnat, ce qui lui ouvre les portes du MotoGP. Reste encore à convaincre, car avec une victoire et huit podiums en Moto2, le Transalpin ne fait pas l’unanimité.
Des débuts compliqués en MotoGP
Sa première saison en catégorie reine, en 2022 avec Gresini Ducati, est d’ailleurs difficile. Il ne termine que 20e du championnat malgré une pole position au Mugello, preuve que sa vitesse pure sur un tour est déjà là. En 2023, rebelote, Di Giannantonio peine à aligner les bons résultats. L’arrivée annoncée de Marc Márquez pour prendre sa place chez Gresini la saison suivante agit toutefois comme un électrochoc : Di Giannantonio profite de cette pression nouvelle pour changer de dimension.
La fin de saison est celle de la révélation. Il décroche son premier podium en MotoGP à Phillip Island puis sa première victoire en catégorie reine au Qatar, après un duel avec Pecco Bagnaia jusque dans les derniers tours. Un succès majeur qui sauve littéralement sa place dans l’élite. Il termine alors 12e du championnat et s’assure un avenir en MotoGP chez VR46 malgré un potentiel incertain.
L’école VR46 pour Fabio Di Giannantonio
À partir de 2024, il rejoint le Pertamina Enduro VR46 Racing Team. Dans cette structure liée à Valentino Rossi, Di Giannantonio trouve une forme de stabilité qui lui permet enfin d’exploiter pleinement son potentiel. Dès sa première saison complète avec l’équipe, il se montre extrêmement régulier et s’impose comme l’un des pilotes les plus constants du plateau.
En 2025, il passe encore un cap avec la moto d’usine Ducati. Il démarre sa saison par des podiums aux Amériques puis en Italie, où il arrache la troisième place après un duel serré avec Pecco Bagnaia. Malgré quelques hauts et bas, il signe là sa meilleure campagne en MotoGP et confirme qu’il n’est plus seulement un outsider capable de coups d’éclat.
Di Giannantonio a toujours été perçu comme un pilote technique, capable de très bonnes qualifications et d’une vraie vitesse sur un tour. Mais il a surtout appris à devenir plus complet au fil des années. Longtemps un peu irrégulier, parfois fragile dans la gestion des week-ends, il a gagné en maturité au contact des équipes de pointe et des luttes de haut de grille. En 2026, cette formation paie. Toujours engagé chez VR46, il a réalisé son meilleur début de saison en carrière, avec trois podiums en Grand Prix dont sa deuxième victoire en MotoGP en Catalogne, cinq podiums en Sprint et cinq premières lignes dont deux pole positions consécutives.
Ce qui frappe dans sa carrière, c’est sa capacité à rebondir après chaque période difficile. Il a traversé des saisons où la suite paraissait incertaine, avant de transformer chaque opportunité en point d’appui pour la suivante. L’horizon 2027 est déjà tracé : après trois années chez VR46, Di Giannantonio rejoindra Red Bull KTM Factory Racing pour un contrat pluriannuel, où il partagera le box avec son ancien coéquipier Álex Márquez. Ce virage ouvre un nouveau chapitre pour un pilote qui, après avoir dû se battre pour rester en MotoGP, s’apprête désormais à intégrer un projet d’usine en pleine reconstruction.









