F1
Publié le 29 juillet 2026 • 01:15 par Oléna Champlain

F1 – Aston Martin repousse encore son grand réveil à Zandvoort : Newey répare la voiture, Honda cherche les chevaux

Après seize évolutions introduites en Hongrie, Aston Martin prépare de nouvelles pièces et un moteur Honda révisé pour Zandvoort...

Aston Martin a présenté seize évolutions en Hongrie pour obtenir deux places hors des points. Formulé ainsi, le bilan semble presque cruel. Pourtant, après six mois passés à contempler l’arrière de la grille, voir Lance Stroll et Fernando Alonso terminer 13e et 14e ressemble déjà à une petite révolution. Adrian Newey promet maintenant une nouvelle étape à Zandvoort, où Honda doit enfin apporter le complément indispensable : un moteur un peu moins essoufflé.

Aston Martin : Seize nouveautés pour retrouver le droit de participer

Aston Martin n’a pas apporté une simple évolution au Hungaroring. L’équipe a pratiquement présenté une version B de son AMR26, avec seize modifications répertoriées dans les documents techniques de la FIA.

Nouveau nez, fond plat entièrement revu, entrées de pontons retravaillées, modifications à l’arrière, réduction du poids et légère évolution de la suspension arrière : Newey et ses ingénieurs n’ont pas corrigé quelques détails. Ils ont tenté de réparer en urgence une monoplace dont le lancement avait été aussi spectaculaire visuellement que décevant chronométriquement.

Car l’AMR26 avait réussi un exploit assez particulier : attirer tous les regards pendant les essais hivernaux avant de disparaître presque totalement des écrans une fois les chronomètres allumés.

À Spa, une semaine avant la Hongrie, Alonso et Stroll avaient été relégués à plus de quatre secondes de la référence en Q1. Alonso avait ensuite terminé la course à deux tours du vainqueur. Aston Martin n’était plus seulement au fond de la grille : elle semblait participer à une catégorie parallèle.

La révolution hongroise s’arrête tout de même à la 13e place

Les nouvelles pièces ont immédiatement produit un progrès, mais il convient de résister à l’envie de transformer les 13e et 14e places finales en doublé historique.

Contrairement à ce qu’affirme le texte initial, les deux Aston Martin n’ont pas franchi la Q1. Alonso a atteint la Q2 pour la première fois de la saison avant de se classer 16e, tandis que Stroll, privé d’une grande partie des essais après une défaillance de suspension, n’a signé que le 20e temps.

En course, Stroll a terminé 13e devant Alonso, 14e. Les Aston Martin ont notamment devancé les deux Haas, les deux Williams et une Alpine. Cela ne rapporte toujours aucun point, mais l’équipe a au moins retrouvé le peloton après avoir passé plusieurs Grands Prix à regarder celui-ci s’éloigner.

Mike Krack estime ainsi que l’objectif de « revenir dans la course » a été atteint. Le responsable des opérations en piste reconnaît toutefois que la hiérarchie exacte reste difficile à établir, Aston Martin devant encore apprendre à exploiter cette nouvelle voiture.

En clair, l’AMR26 ne gagne toujours pas, mais elle a cessé de perdre avant même l’extinction des feux. À Silverstone, on appelle déjà cela une base de travail.

Newey promet la suite, mais évite soigneusement le mot miracle

Adrian Newey n’a jamais présenté le package hongrois comme une solution définitive. Il l’a décrit comme la première partie d’un programme plus vaste, avec d’autres éléments attendus à Zandvoort, puis de nouvelles étapes à Monza et à Bakou.

« Les premiers résultats sont prometteurs », a-t-il reconnu, tout en rappelant qu’Aston Martin disposait de très peu de pièces de rechange et devait encore comprendre précisément le comportement de la nouvelle configuration.

La prudence est compréhensible. Lance Stroll a perdu presque toute sa journée du vendredi après la rupture suspectée de sa suspension arrière gauche. Pour une équipe venue présenter sa renaissance technique, voir l’une des deux voitures partir en tête-à-queue dès les premiers tours n’était pas exactement le meilleur argument publicitaire.

Newey ne parle d’ailleurs ni de podium ni même de points immédiats. Son premier objectif consiste à ramener Aston Martin à un « niveau de respectabilité ». Lorsqu’un ingénieur ayant conçu tant de voitures championnes du monde célèbre désormais la perspective de quitter la dernière ligne, cela donne une assez bonne idée de la profondeur du chantier.

À Zandvoort, Honda devra enfin prendre sa part

Les évolutions attendues aux Pays-Bas ne concerneront pas uniquement le châssis. Honda prévoit également d’introduire une version révisée de son groupe propulseur, actuellement testée avant la reprise du championnat.

Le constructeur japonais doit notamment améliorer la puissance et éliminer les problèmes de vibrations apparus dès le début de saison. Aston Martin reconnaît que les difficultés viennent à la fois de l’aérodynamique et du moteur : accuser uniquement Honda serait donc pratique, mais un peu trop confortable pour une équipe dont la première voiture conçue sous la direction de Newey est elle aussi née avec plusieurs mois de retard technique.

Alonso attend surtout davantage de vitesse en ligne droite. Après la Hongrie, l’Espagnol a estimé que l’évolution moteur de Zandvoort pourrait permettre à Aston Martin de mieux résister aux voitures du milieu de peloton dans les phases d’accélération.

La FIA autorise ces développements grâce au mécanisme ADUO, destiné aux motoristes dont le moteur thermique présente un déficit mesuré par rapport à la meilleure référence. Ce système offre des possibilités supplémentaires de développement, mais il évalue uniquement la partie thermique et ne constitue donc pas un classement complet des groupes propulseurs.

Autrement dit, Honda obtient le droit de travailler davantage. Pas une livraison automatique de chevaux sous forme de colis express.

Zandvoort sera une étape, pas un nouveau départ magique

Le Grand Prix de Hongrie a confirmé que les chiffres de la soufflerie n’étaient pas entièrement imaginaires. Aston Martin a gagné plusieurs dixièmes, dépassé trois équipes dans la hiérarchie du week-end et retrouvé une véritable possibilité de se battre en piste.

Mais terminer 13e et 14e après avoir changé la moitié visible de la voiture rappelle également l’ampleur du retard accumulé. Les seize évolutions hongroises n’étaient pas une offensive pour rejoindre les équipes de tête : elles servaient d’abord à quitter la zone sinistrée.

À Zandvoort, Newey ajoutera de nouvelles pièces et Honda apportera son moteur révisé. Aston Martin espère alors franchir une deuxième marche, avant d’autres modifications à Monza et à Bakou.

L’équipe possède donc enfin une trajectoire de développement crédible. Pour la vitesse, les points et les podiums, il faudra encore patienter.