Francesco Bagnaia rejoindra Aprilia en 2027 avec un engagement exceptionnellement long, mais son effondrement actuel chez Ducati commence déjà à provoquer des interrogations. Après sa 19e place vendredi à Misano, Neil Hodgson estime qu’il ne voudrait pas, à la place d’Aprilia, être engagé avec Pecco pour quatre saisons. Une opinion extérieure qui ne traduit aucun regret exprimé par Noale, mais qui souligne la dimension du pari effectué sur le double champion du monde.
Francesco Bagnaia n’a pas encore disputé une seule course avec Aprilia que son futur contrat commence déjà à faire parler. La raison tient autant à sa durée qu’à la situation actuelle du pilote Ducati. Pecco s’est engagé avec Noale jusqu’en 2030 alors qu’il traverse la période la plus difficile de sa carrière en MotoGP. Et vendredi à Misano n’a rien arrangé.
« La Ducati suivante est 0,8 seconde plus rapide »
Bagnaia n’a terminé que 19e des essais, devant les deux Yamaha Pramac de Jack Miller et Toprak Razgatlioglu. Mais le problème n’est pas seulement sa position. Il est le seul pilote Ducati aussi loin.
Marco Bezzecchi domine en 1’30″144 sur l’Aprilia, tandis que Marc Marquez, Alex Marquez et Fabio Di Giannantonio placent trois GP26 aux deuxième, troisième et quatrième positions. « Bagnaia est 19e. Que va-t-il dire en rentrant aux stands ? La Ducati suivante, la plus lente, est 0,8 seconde plus rapide », s’interroge Neil Hodgson. L’analyse est brutale.
Hodgson questionne déjà le pari d’Aprilia
C’est alors que l’ancien champion du monde Superbike déplace le débat vers 2027. Bagnaia remplacera Jorge Martin chez Aprilia et partagera le garage avec Marco Bezzecchi. Surtout, il a obtenu un engagement portant sur quatre saisons, une durée particulièrement importante dans le MotoGP actuel.
Hodgson lâche alors cette phrase sur TNT Sports 2 : « Franchement, si j’étais Aprilia, je ne pense pas que je le voudrais sous contrat pour quatre ans en ce moment. » Attention cependant à ne pas lui faire dire davantage. Hodgson ne révèle aucun doute interne chez Aprilia. Rien n’indique que Noale regrette aujourd’hui son choix. Il pose simplement une question devenue légitime : quel Bagnaia Aprilia a-t-il réellement signé ?

Aprilia n’a pas recruté le Bagnaia de Misano
Aprilia n’a évidemment pas engagé un pilote sur la base de sa 19e place à Misano. Noale a recruté un double champion du monde, vainqueur de Grands Prix et longtemps référence de Ducati, en faisant le pari que ses difficultés actuelles sont liées à une combinaison particulière entre son pilotage, ses sensations et les caractéristiques des dernières Desmosedici.
Sylvain Guintoli rappelle justement que 2027 remettra presque toutes les cartes sur la table. Les MotoGP passeront à 850 cc, l’aérodynamique sera réduite, les dispositifs de correction d’assiette disparaîtront et Pirelli remplacera Michelin.
Or Bagnaia se plaint depuis longtemps de ne plus retrouver la confiance nécessaire avec le train avant. « Tous les problèmes de sensations à l’avant dont il parle seront différents », estime Guintoli.
Quatre ans : risque énorme ou formidable anticipation ?
Voilà pourquoi le contrat prend une dimension si particulière. Si les difficultés de Bagnaia sont devenues structurelles et qu’il ne retrouve jamais le pilote capable de dominer avec Ducati, quatre saisons représenteront un engagement particulièrement lourd pour Aprilia.
Mais le scénario inverse existe. Si la révolution de 2027 efface une partie des caractéristiques qui le mettent actuellement en difficulté, Noale aura sécurisé jusqu’en 2030 un double champion du monde précisément au moment où sa valeur sportive était contestée.
Et la performance actuelle de Bezzecchi démontre que l’Aprilia est désormais capable de se battre tout devant.
La question n’est donc pas encore de savoir si Aprilia regrette Bagnaia : rien ne permet de l’affirmer. Elle est de savoir si Noale vient de signer pour quatre ans un champion en plein déclin ou un champion momentanément perdu que la révolution de 2027 peut ressusciter. À Misano, pendant que Bezzecchi place l’Aprilia en tête et que Pecco termine 19e, le pari paraît simplement beaucoup plus spectaculaire.

























