Moto GP
Publié le 10 août 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP – Yamaha promet une « vraie prototype » pour révolutionner la Moto3 à partir de 2028

Yamaha prépare une vraie machine de course pour la Moto3 2028. Plus performante, moins chère, et conçue pour l’avenir du sport.

Yamaha

À partir de 2028, la Moto3 va entrer dans une nouvelle ère. Yamaha deviendra le fournisseur exclusif de la catégorie, mettant fin au duel entre KTM et Honda qui anime le championnat depuis plus d’une décennie. Si le futur moteur sera dérivé de celui de la Yamaha R7, le constructeur japonais tient à dissiper un malentendu : il ne s’agira pas d’une moto de série adaptée à la compétition, mais bien d’un véritable prototype conçu exclusivement pour la course.

La future Moto3 répond à plusieurs objectifs fixés par Dorna. Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP, a expliqué que la nouvelle génération visera des performances supérieures aux machines actuelles, avec un poids d’environ 120 kg pour une puissance dépassant les 95 chevaux.

L’autre ambition est économique : le coût d’exploitation devrait être réduit de moitié par rapport à celui de la Moto3 actuelle, tout en proposant une plateforme commune qui pourra également servir de référence dans les championnats de promotion à travers le monde.

Selon Ezpeleta, cette nouvelle formule permettra également de mieux répondre au profil physique des jeunes pilotes d’aujourd’hui.

Face aux interrogations suscitées par l’utilisation d’un moteur issu de la Yamaha R7, Paolo Pavesio a tenu à clarifier la philosophie du projet. Le directeur général de Yamaha Racing insiste sur le fait que seul le bloc moteur provient d’un modèle de production.

« Le moteur est un moteur de série qui sera fortement modifié. Nous allons réduire considérablement son poids grâce à une utilisation massive du magnésium, augmenter sa puissance et lui installer une véritable boîte de vitesses de compétition. »

Yamaha

Yamaha : « Nous ne voulons pas utiliser cette catégorie Moto3 comme un simple outil de promotion »

Pour le reste, Yamaha repart d’une feuille blanche. « Le cadre, le bras oscillant et toute la partie-cycle sont ceux d’un prototype de course. Nous n’avons repris aucune pièce provenant de nos motos de série ou de notre plateforme Superbike. »

Yamaha précise que la nouvelle Moto3 est développée en interne par une équipe réunissant de jeunes ingénieurs venus de plusieurs divisions du constructeur. Des spécialistes du MotoGP, du WorldSBK, des ingénieurs japonais installés en Italie ainsi que des étudiants universitaires participent au projet. Les premiers essais de la machine sont prévus dès les mois de septembre ou octobre.

Pour Yamaha, cet engagement dépasse largement la seule fourniture de motos. Paolo Pavesio explique que l’objectif est avant tout de renforcer la présence de la marque auprès des jeunes générations et de soutenir le développement du sport motocycliste dans les marchés émergents. L’Asie et l’Amérique du Sud figurent notamment parmi les régions ciblées par cette stratégie.

Fait intéressant, Yamaha affirme ne pas vouloir transformer la Moto3 en vitrine exclusivement dédiée à sa marque. Le constructeur souhaite conserver une certaine ouverture, sur un modèle proche de la Moto2 actuelle où Triumph fournit les moteurs tandis que plusieurs fabricants de châssis restent en concurrence.

« Le fait que le logo Yamaha soit présent sur toutes les motos ne nous intéresse pas. Nous aurons notre propre équipe, mais nous ne voulons pas utiliser cette catégorie comme un simple outil de promotion. »

Ce projet marque un changement de philosophie important. Contrairement à ce que certains imaginaient, Yamaha ne se contente pas de transformer une R7 en moto de course. Le moteur de série sert uniquement de base technique ; tout le reste est développé comme un véritable prototype, ce qui rapproche finalement cette future Moto3 de l’esprit originel de la catégorie.

L’autre point majeur est économique. Si Dorna parvient réellement à réduire de moitié les coûts d’exploitation, cela pourrait redonner de l’attractivité aux championnats de formation. Le système actuel est devenu particulièrement onéreux pour de nombreuses équipes, ce qui limite l’accès de jeunes talents.

Enfin, la stratégie de Yamaha révèle une vision à long terme. En utilisant le Moto3 comme passerelle vers les marchés asiatiques et sud-américains, la marque ne cherche pas seulement des victoires, mais aussi à former les futurs pilotes, séduire une nouvelle génération de motards et renforcer sa présence mondiale. Si ce projet tient ses promesses, il pourrait devenir l’une des évolutions les plus structurantes du MotoGP depuis la création du Moto2 en 2010.

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