Honda assure avoir atteint ses objectifs avec l’évolution de son moteur 2026 et prépare son introduction en course aux Pays-Bas. Après une première moitié de saison où puissance, fiabilité et batterie ont souvent transformé l’AMR26 en laboratoire roulant, Aston Martin aimerait désormais que les promesses de Sakura se traduisent enfin en dixièmes.

Newey répare le châssis, Honda doit maintenant apporter les chevaux
Chez Honda, le discours a radicalement changé. Après avoir reconnu que son moteur 2026 était loin du niveau attendu, Shintaro Orihara se montre désormais beaucoup plus confiant : les objectifs fixés pour la nouvelle spécification auraient été atteints et le constructeur japonais attend avec impatience son véritable baptême du feu à Zandvoort.
Une excellente nouvelle pour Aston Martin. À condition évidemment que le chronomètre ait reçu le même communiqué de presse.
Le Grand Prix des Pays-Bas doit marquer les débuts en compétition de la nouvelle spécification Honda. Nuance importante : ce moteur a déjà roulé fin juillet lors d’une journée de tournage organisée par Aston Martin au Hungaroring. Honda avait précisément utilisé cette séance pour effectuer les premiers kilomètres avant la trêve estivale. Honda a atteint ses objectifs… mais lesquels ?
Le moteur revu ne constitue pas une simple retouche cosmétique. Honda a travaillé principalement sur la partie interne du V6, avec des modifications de la chambre de combustion et de la préchambre, ainsi qu’un travail sur le système de lubrification afin de réduire les frottements. La fiabilité fait également partie des priorités, puisqu’augmenter les performances d’un moteur qui casse davantage constituerait une forme d’évolution assez conceptuelle. Orihara avait annoncé vouloir effectuer un « reasonably big step », autrement dit une progression significative plutôt qu’une succession de petites corrections. Mais le responsable japonais avait également pris soin de calmer les fantasmes : Honda ne s’attend pas à rejoindre Mercedes ou Red Bull Powertrains d’un seul coup.
C’est probablement la phrase la plus importante.
Le nouvel ensemble doit être meilleur. Il n’est pas censé transformer subitement Fernando Alonso en candidat à la pole et Lance Stroll en chasseur de McLaren. Honda a progressé sur son banc d’essai ; Zandvoort dira simplement si le progrès survit au contact de l’asphalte.
Le réveil est d’autant plus attendu que le début de saison a été brutal
Honda ne cherche même plus à embellir les six premiers mois de son retour comme partenaire officiel d’Aston Martin.
Orihara a reconnu début août que le constructeur avait compris dès janvier que les performances et la fiabilité de son groupe propulseur ne seraient pas compétitives. Les essais de Barcelone ont ensuite confirmé un déficit face aux autres motoristes et révélé des problèmes de batterie. Plus embarrassant encore, Honda savait déjà fin 2025 que sa situation n’était pas idéale, sans imaginer que le début de championnat serait aussi difficile.
Le passage de l’ancienne réglementation à celle de 2026 a représenté une rupture considérable : disparition du MGU-H, MGU-K passé de 120 à 350 kW, nouveau partage entre puissance thermique et électrique, nouvelles exigences de récupération d’énergie et comportement moteur complètement différent. Honda était sorti de l’ère précédente auréolé des titres remportés avec Red Bull. Quelques mois plus tard, le voici obligé de courir après ses nouveaux concurrents.
La Formule 1 possède décidément un sens assez brutal de la fidélité historique.
Aston Martin a déjà réparé une partie du problème
Zandvoort sera d’autant plus intéressant que le moteur Honda arrivera après une profonde transformation de l’AMR26.
En Hongrie, Aston Martin a introduit 16 évolutions sur sa monoplace. Le résultat n’a pas miraculeusement envoyé Alonso sur le podium, mais le bond en performance a été suffisamment net pour être mesurable : une analyse comparative d’AS évalue le progrès à environ une seconde par tour, une fois corrigées les différences entre circuits.
Alonso a surtout atteint la Q2 pour la première fois de la saison. Lui et Stroll ont ensuite terminé respectivement 13e et 14e, un résultat encore très modeste mais qui constituait malgré tout un progrès par rapport à l’isolement vécu par l’équipe lors de plusieurs rendez-vous précédents. Même les adversaires ont remarqué le changement. Carlos Sainz et Alex Albon ont notamment souligné le saut effectué par Aston Martin dans les virages, tandis que Sergio Pérez estimait que l’écurie pourrait devenir beaucoup plus compétitive une fois l’ensemble de ses évolutions réuni.
Et c’est précisément là que le moteur Honda entre en scène.
Le plan devient enfin lisible.
Aston Martin a commencé à corriger la voiture. Honda doit maintenant corriger le moteur. Et à Zandvoort, Alonso et Stroll devraient pour la première fois disposer simultanément de la nouvelle base aérodynamique et de la spécification moteur revue.
Sur le papier, c’est probablement la version de l’AMR26 qui aurait dû apparaître au début de la saison.
Avec quelques mois de retard, certes, mais personne ne regarde l’horloge lorsqu’on vient de passer la moitié du championnat à chercher les boutons permettant de faire fonctionner correctement la voiture.
La collaboration entre Silverstone et Sakura a d’ailleurs dû être revue après les difficultés initiales. Mike Krack a reconnu que les deux structures avaient traversé des moments particulièrement compliqués avant de resserrer leur fonctionnement technique et leur communication. Plutôt que de chercher un coupable, Aston Martin et Honda ont choisi de traiter leurs problèmes comme ceux d’un seul ensemble.
Une idée révolutionnaire pour une équipe officielle : le moteur et la voiture travaillent ensemble.
Pas 50 chevaux magiques sortis du chapeau
Il faudra toutefois se méfier des chiffres spectaculaires qui circulent autour de cette évolution.
Orihara refuse de communiquer le gain de puissance mesuré au banc. Il a confirmé connaître la valeur, mais ne souhaite pas la révéler. Les estimations très précises qui apparaissent ailleurs doivent donc être considérées avec prudence tant qu’aucune donnée officielle ne les confirme.
Honda dispose par ailleurs de possibilités de développement supplémentaires grâce au système ADUO, conçu pour permettre aux motoristes en retard de combler une partie de leur déficit. Pourtant, le constructeur japonais a choisi de concentrer ses efforts sur une seule évolution majeure cette saison plutôt que d’utiliser immédiatement toutes les opportunités disponibles.
C’est un pari.
Si Zandvoort confirme les résultats du banc, Honda aura frappé juste. Si l’écart avec Mercedes et Red Bull reste immense, la fameuse étape majeure ressemblera davantage à une station-service sur une autoroute encore très longue.
Zandvoort, le premier véritable examen
Honda peut donc annoncer que ses objectifs internes sont atteints. Le travail réalisé à Sakura peut être conforme aux simulations, le banc peut donner les chiffres espérés et les premiers kilomètres du Hungaroring peuvent rassurer les ingénieurs.
Mais le seul examen qui compte commencera lorsque vingt voitures sortiront des stands à Zandvoort.
Après une saison durant laquelle Aston Martin n’avait inscrit qu’un point avant la trêve, essentiellement marquée par les problèmes techniques et un déficit considérable de performance, la barre n’est pas exactement placée au niveau d’un titre mondial.
L’objectif immédiat est beaucoup plus simple : remettre régulièrement Alonso et Stroll dans la lutte pour les points et vérifier que le nouveau package technique constitue bien le commencement d’une remontée plutôt qu’une parenthèse hongroise.
Honda dit avoir atteint ses objectifs.
Parfait.
Aston Martin peut maintenant en fixer un nouveau : atteindre les voitures qui roulent devant elle.
🔥 Shintaro Orihara, sobre el nuevo motor Honda: "Hemos ALCANZADO nuestros OBJETIVOS"
"Estamos emocionados de traer el nuevo motor en Holanda".#F1 pic.twitter.com/WN2ueAtbXL
— Fórmula Directa (@FormulaDirecta) August 9, 2026









