Manuel Gonzalez pourrait vivre une situation assez paradoxale en 2027 : être champion du monde Moto2, ou au minimum l’un des hommes forts de la catégorie, et pourtant rester une saison supplémentaire à l’étage inférieur. Alors que Dani Holgado, David Alonso, Senna Agius et Izan Guevara sont annoncés vers le MotoGP, l’actuel leader du championnat n’a pas trouvé de guidon. Son manager Eddy Rovelli travaillerait désormais sur un plan différent : choisir son équipe Moto2 2027 non plus seulement pour gagner, mais pour créer une passerelle directe vers le MotoGP en 2028.
À 24 ans et après plusieurs saisons en Moto2, Gonzalez arrive à un moment charnière de sa carrière. Sportivement, difficile pourtant de lui reprocher grand-chose. L’Espagnol joue le titre 2026 et avait déjà terminé vice-champion du monde en 2025. Mais lorsque les places disponibles en MotoGP ont commencé à se distribuer, d’autres profils lui ont été préférés.
Le cas Tech3 est particulièrement révélateur. Gonzalez faisait partie des candidats au guidon KTM, mais l’équipe aurait finalement choisi Senna Agius. Il faut donc maintenant préparer 2028.
Son manager veut rapprocher Gonzalez d’un constructeur MotoGP
Selon Motorsport-Magazin Eddy Rovelli aurait identifié une nouvelle stratégie. Plutôt que de simplement prolonger Gonzalez dans une équipe Moto2 performante, son entourage chercherait désormais une structure possédant un lien direct avec un constructeur ou une équipe MotoGP. Plusieurs possibilités existent.
Pramac constitue une porte vers Yamaha, Ajo travaille dans l’environnement KTM tandis que Gresini possède naturellement son équipe MotoGP avec Ducati. Dans cette perspective, les résultats Moto2 resteraient évidemment essentiels, mais ils ne seraient plus le seul critère. Il s’agit surtout de placer Gonzalez au bon endroit au moment où commencera le marché des pilotes 2028.
Un retour chez Gresini devient possible
L’hypothèse Gresini possède une histoire particulière. Gonzalez avait déjà couru pour l’équipe italienne en Moto2 en 2024 et terminé troisième du championnat. La collaboration s’était pourtant arrêtée dans un contexte délicat, avec notamment le mécontentement d’un sponsor concernant l’attitude du pilote.
Mais cet obstacle aurait aujourd’hui disparu puisque le partenaire concerné a depuis quitté Gresini. Un retour ne serait donc plus exclu. Les pilotes 2027 de la structure Moto2 ne sont pas encore déterminés, ce qui laisse théoriquement une place à Gonzalez.
Et sportivement, son profil serait difficile à ignorer : recruter l’un des pilotes les plus expérimentés et performants de la catégorie offrirait immédiatement à Gresini un candidat au titre. Pour Gonzalez, l’intérêt serait différent. Revenir chez Gresini pourrait surtout le replacer dans l’environnement d’une structure possédant directement deux motos en catégorie reine.

Le WorldSBK n’offre plus vraiment d’échappatoire
Une autre possibilité avait été évoquée : quitter le Moto2 pour le Championnat du monde Superbike. Mais le marché 2027 du WorldSBK devient lui aussi particulièrement encombré. Plusieurs pilotes actuellement présents en MotoGP devraient y poursuivre leur carrière, réduisant mécaniquement le nombre de places intéressantes disponibles.
Pour Gonzalez, rester en Moto2 paraît donc désormais beaucoup plus logique que rejoindre à tout prix le championnat des motos dérivées de la série. Mais une sixième saison dans la catégorie intermédiaire comporterait également un risque.
2027 pourrait être sa dernière véritable chance
À 25 ans en cours de saison prochaine, Gonzalez ne serait évidemment pas trop âgé pour le MotoGP. Le problème est ailleurs. Chaque année arrive une nouvelle génération de pilotes plus jeunes que les constructeurs souhaitent installer dans leurs filières. Rester longtemps en Moto2 peut progressivement transformer l’image d’un pilote : de jeune espoir destiné au MotoGP, il devient une référence de la catégorie intermédiaire.
C’est précisément le piège que Gonzalez doit désormais éviter. Jake Dixon considère d’ailleurs comme un « crime » le fait que l’Espagnol ait encore été ignoré par les équipes MotoGP. La frustration est compréhensible : Gonzalez pourrait voir plusieurs pilotes actuellement derrière lui accéder au MotoGP pendant qu’il restera en Moto2.
Le cas Gonzalez confirme cette tendance : il ne suffit donc plus de gagner
Voilà pourquoi le choix de son équipe 2027 devient déterminant. Pour Gonzalez, signer dans la formation disposant simplement de la meilleure Moto2 ne sera peut-être plus suffisant. Il lui faut une équipe capable de lui offrir simultanément une machine pour gagner et une connexion avec le paddock MotoGP.
Pramac, Ajo ou Gresini répondent chacune différemment à cette logique. Son manager semble l’avoir compris : la saison 2027 ne devra plus seulement servir à démontrer que Manuel Gonzalez mérite le MotoGP. Ses résultats l’ont déjà largement placé dans la discussion. Il faudra surtout faire en sorte que, lorsque les guidons 2028 commenceront à se libérer, Gonzalez se trouve enfin devant la bonne porte au bon moment.










