F1
Publié le 31 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Alonso réclame 40 millions… Stroll regarde Honda : chez Aston Martin, même le chéquier change de moteur

 Alonso réclamerait 40 millions d’euros par saison pour prolonger chez Aston Martin. Stroll voudrait faire participer Honda.

Fernando Alonso n’a visiblement aucune intention de transformer ses dernières années en Formule 1 en opération promotionnelle à prix réduit. À 45 ans, le double champion du monde discuterait toujours d’une prolongation avec Aston Martin pour 2027 et 2028, avec une demande estimée à 40 millions d’euros par saison. Une hausse sensible par rapport aux quelque 30 millions qui lui sont actuellement attribués.

Alonso à 40 millions : Honda sommée de partager l’addition

Jusque-là, rien de très surprenant : Alonso sait ce qu’il vaut et Aston Martin sait parfaitement ce qu’elle perdrait en le laissant partir. La partie beaucoup plus savoureuse concerne désormais Lawrence Stroll et Honda.

Selon Marc Limacher, le patron d’Aston Martin aimerait que le constructeur japonais participe au futur salaire d’Alonso. Et tant qu’à présenter la facture, Stroll souhaiterait également que Honda augmente plus largement sa contribution financière au fonctionnement de l’équipe à compter de 2027.

En résumé : Honda doit fabriquer un meilleur moteur, aider Aston Martin à progresser… et peut-être aussi financer une partie de l’homme chargé de dire publiquement si tout cela fonctionne.

Bienvenue en Formule 1.

Alonso ne demande pas une retraite dorée

Quarante millions par saison peuvent paraître vertigineux pour un pilote qui aurait 47 ans au terme d’un éventuel contrat en 2028. Mais l’âge raconte assez mal la valeur d’Alonso.

L’Espagnol représente toujours l’une des marques les plus puissantes du paddock : deux titres mondiaux, une exposition internationale considérable, une énorme audience en Espagne et un pouvoir d’attraction commercial dont Aston Martin profite directement. Les estimations publiées évoquent un salaire passé d’environ 20 millions lors de son arrivée en 2023 à près de 30 millions aujourd’hui. Et surtout, Alonso n’est pas en train de négocier parce qu’il cherche désespérément un volant. C’est Aston Martin qui doit lui donner envie de rester. Les informations récentes indiquent même que l’Espagnol se trouve en position de force : peu de pilotes disponibles offrent un mélange comparable d’expérience, de vitesse et de puissance médiatique

Autrement dit, les 40 millions ressemblent autant à un salaire qu’à un message :

« Si vous voulez deux années supplémentaires, montrez-moi que le projet en vaut la peine. »

Et Stroll passe le plateau à Honda

L’idée de faire participer Honda devient d’autant plus intéressante que la relation technique entre Aston Martin et son motoriste reste en pleine construction.

Après un début de saison 2026 particulièrement compliqué, Adrian Newey reconnaissait récemment que cette période difficile avait finalement rapproché les deux parties. Le Britannique estime que la coopération avec Honda s’est nettement améliorée, même si le retard accumulé ne disparaîtra évidemment pas du jour au lendemain. Mais sur la piste, Alonso continue de faire une distinction assez claire.

Le châssis AMR26 a fortement progressé grâce aux évolutions introduites en Hongrie puis à Zandvoort. Le moteur Honda, en revanche, reste plus délicat à exploiter, notamment dans sa délivrance de puissance et sa maniabilité. Après sa neuvième place aux Pays-Bas, Alonso saluait les progrès de la voiture tout en rappelant qu’il restait encore du travail côté motorisation.

Et c’est précisément à ce partenaire encore en plein rattrapage qu’Aston Martin souhaiterait demander davantage d’argent.

On peut presque imaginer la réunion :

— Fernando veut 40 millions.
— Très bien.
— Honda ? Vous avez cinq minutes ?

80 millions… mais le véritable prix sera la compétitivité

Le chiffre total atteindrait 80 millions d’euros sur deux saisons si les informations concernant les 40 millions annuels sont exactes. Plusieurs médias rapportent cependant que le salaire ne serait pas le facteur déterminant pour Alonso. Ce qu’il veut surtout savoir, c’est si Aston Martin peut enfin lui offrir une voiture capable de viser beaucoup plus haut. C’est là que la pression change de camp.

Aston Martin possède désormais les infrastructures, Adrian Newey, Honda, l’argent de Lawrence Stroll et un pilote qui n’a plus beaucoup de saisons à consacrer aux promesses. Alonso, lui, peut patienter.

À 45 ans, il possède même un luxe inattendu : c’est Aston Martin qui semble avoir davantage besoin de lui que l’inverse. Alors oui, 40 millions, c’est beaucoup. Mais si Lawrence Stroll parvient à convaincre Honda d’en payer une partie, Fernando Alonso aura réussi quelque chose d’assez remarquable :

faire négocier son salaire par deux constructeurs avant même d’avoir signé.