Chez Red Bull, le mercato des pilotes n’a même plus besoin d’attendre l’hiver. Isack Hadjar étant toujours insuffisamment remis de sa blessure au poignet, Liam Lawson conservera son baquet aux côtés de Max Verstappen pour le Grand Prix d’Italie, tandis que Yuki Tsunoda poursuivra son intérim chez Racing Bulls.

À Monza, Red Bull rejoue exactement le casting de Zandvoort
Voilà donc Monza transformé en deuxième épisode d’une série que personne n’avait véritablement commandée : Lawson chez Red Bull, Tsunoda chez Racing Bulls et Hadjar devant les écrans.
Et quand on connaît l’histoire récente des trois hommes avec la famille Red Bull, difficile de ne pas sourire.
Hadjar avait espéré Monza, Red Bull n’a pas voulu jouer avec son poignet
Le Français avait déjà dû renoncer au Grand Prix des Pays-Bas après s’être blessé au poignet pendant la trêve estivale. Selon plusieurs médias, l’accident est survenu lors d’une séance de boxe, avec une fracture qui l’a empêché de reprendre le volant à Zandvoort.
Hadjar avait pourtant laissé entendre que sa récupération progressait rapidement. Il expliquait ne plus souffrir d’inflammation importante et espérait encore pouvoir revenir à Monza. Mais Red Bull a finalement préféré ne pas précipiter son retour.
Sur ce point, difficile de critiquer l’équipe : avec les contraintes physiques imposées par une F1 moderne, envoyer un pilote à plus de 340 km/h à Monza avec un poignet encore fragile serait une forme assez particulière de médecine sportive.
Hadjar devra donc patienter au moins une course supplémentaire.
Lawson retrouve encore Verstappen… comme si 2025 n’avait jamais existé
Pour Liam Lawson, l’histoire prend en revanche une tournure franchement savoureuse.
Le Néo-Zélandais avait débuté la saison 2025 chez Red Bull aux côtés de Verstappen avant d’être rétrogradé après seulement deux Grands Prix, au profit de Yuki Tsunoda. Il avait ensuite dû reconstruire sa réputation chez Racing Bulls.
Un an et demi plus tard ?
Le voilà de nouveau dans la Red Bull.
Et cette fois, personne ne peut vraiment prétendre qu’il n’a pas saisi l’occasion.
À Zandvoort, Lawson s’est qualifié suffisamment près de Verstappen pour partir sur la quatrième ligne avant de ramener une solide septième place, derrière les représentants des principales équipes de pointe. Pour un pilote convoqué au dernier moment et installé dans une voiture qui n’était pas la sienne, le résultat avait quelque chose de très correct. Voire légèrement embarrassant pour ceux qui l’avaient expédié chez Racing Bulls après deux week-ends en 2025.
Tsunoda, licencié hier, rappelé aujourd’hui
Et puis il y a Yuki Tsunoda.
Le Japonais avait perdu son baquet titulaire à la fin de la saison 2025 et était devenu pilote de réserve des deux structures Red Bull. Il avait lui-même reconnu avoir été impatient de retrouver une voiture avant son rappel surprise à Zandvoort.
Il aura finalement droit à un deuxième week-end consécutif chez Racing Bulls, aux côtés du rookie Arvid Lindblad.
Ce qui donne une situation à la sauce Red Bull : Lawson avait remplacé Tsunoda. Tsunoda avait remplacé Lawson. Lawson remplace maintenant Hadjar. Et Tsunoda remplace de nouveau Lawson.
Si quelqu’un possède encore un tableau Excel lisible à Milton Keynes, qu’il le protège précieusement.
Le paradoxe : les deux remplaçants ont beaucoup à gagner
Derrière la plaisanterie, ces deux courses constituent néanmoins une opportunité sérieuse pour Lawson.
Le pilote Racing Bulls occupe actuellement la neuvième place du championnat avec 49 points, tandis que Hadjar est huitième avec 68 points. Un deuxième week-end convaincant dans la Red Bull pourrait forcément laisser des traces dans l’esprit des dirigeants.
Laurent Mekies avait d’ailleurs souligné avant Zandvoort que Lawson avait réalisé une très bonne première moitié de saison et qu’il connaissait parfaitement cette génération de monoplaces.
Pour Tsunoda, le calcul est encore plus simple : après avoir perdu son volant titulaire, chaque apparition devient une audition grandeur nature. Red Bull voulait des remplaçants. Elle se retrouve presque avec deux pilotes qui passent un entretien d’embauche en pleine saison.
Et Verstappen récupère encore un nouveau voisin de garage
Dans tout cela, Max Verstappen observe probablement la valse avec une certaine habitude.
Depuis quelques saisons, le deuxième baquet Red Bull ressemble davantage à une porte tournante qu’à un poste permanent. Lawson avait déjà tenté sa chance, Tsunoda lui avait succédé, Hadjar avait ensuite obtenu le volant en 2026… et voilà Lawson de retour temporairement.
Cette fois, il ne s’agit évidemment pas d’un choix de performance concernant Hadjar : le Français reste le titulaire et son absence est uniquement liée à sa récupération physique.
Mais Lawson possède maintenant quelque chose qu’il n’avait pratiquement jamais eu lors de son premier passage chez Red Bull : du temps. Deux week-ends consécutifs.Une première course terminée septième.Et désormais Monza, circuit où la confiance au freinage et la stabilité à très haute vitesse peuvent rapidement mettre en évidence la qualité d’un pilote.
Red Bull ne change rien… et c’est justement ça qui devient intéressant
Le scénario est donc limpide pour l’Italie : Verstappen-Lawson chez Red Bull, Lindblad-Tsunoda chez Racing Bulls. La même configuration qu’à Zandvoort.
Hadjar doit récupérer. Lawson doit confirmer. Tsunoda doit rappeler qu’il existe.
Et Red Bull devra surtout éviter de transformer un remplacement médical parfaitement logique en nouvel épisode de son feuilleton permanent sur les pilotes. Car si Lawson recommence à marquer de gros points à Monza, la question finira forcément par apparaître.
Red Bull l’avait-elle vraiment rétrogradé trop vite en 2025 ?
À Milton Keynes, on voulait simplement remplacer un pilote blessé. On pourrait finalement rouvrir un dossier que l’on croyait rangé.
Ahead of the weekend in Monza, an update from the Team 💙
Keep pushing, Isack 🤝#F1 || #ItalianGP 🇮🇹 pic.twitter.com/fWKRAPGcis
— Oracle Red Bull Racing (@redbullracing) September 2, 2026









