Moto GP
Publié le 15 septembre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP, VIDEO – Naufrage de Francesco Bagnaia à Misano : Tension chez Ducati et révélations privées, « Ils ne me laisseront pas le faire »

Bagnaia révèle qu’une configuration plus basique de sa GP26 ne lui serait pas permise par Ducati. Le malaise s’approfondit.

Bagnaia

Francesco Bagnaia ne comprend toujours pas sa Ducati et son échange avec Fabio Di Giannantonio après Misano révèle désormais autre chose qu’un simple problème de sensations. Lorsque son compatriote lui suggère d’essayer une configuration plus basique, Pecco répond : « Ils ne me laisseront pas le faire. » À quelques mois de son départ pour Aprilia, le malaise devient aussi technique que sportif.

Francesco Bagnaia n’en est plus seulement à chercher pourquoi il est lent. Après un nouveau week-end catastrophique à Misano, le double champion MotoGP cherche désormais auprès des autres pilotes la confirmation que ce qu’il ressent sur sa Ducati n’est pas normal.

Et une conversation avec Fabio Di Giannantonio, captée après le Grand Prix par Motosprint, donne une dimension supplémentaire à cette crise.

Bagnaia : « J’ai déjà tout essayé »

Misano aurait pourtant dû constituer l’un des rendez-vous permettant à Bagnaia de se reconstruire. Il y avait déjà gagné deux fois en MotoGP et détenait encore le record du tour avant ce week-end.

Il a finalement connu sa quatrième élimination en Q1 de la saison, terminé 13e du Sprint avant de chuter dimanche. Troisième Grand Prix consécutif sans marquer et six abandons lors des onze dernières courses : la spirale continue.

Mais c’est son explication à Di Giannantonio qui interpelle. « Je monte ce qu’on me dit d’utiliser. J’ai déjà tout essayé. Je peux te dire que les pneus tendres ou médiums ne changent rien pour moi à l’avant. »

Plus étrange encore, Bagnaia explique ne pratiquement plus ressentir la différence entre un pneu usagé et un pneu neuf. « C’est la même chose. C’est comme si tu débrayais dès que tu commences à freiner. »

Di Giannantonio propose sa solution, Bagnaia répond : « Ils ne me laisseront pas faire »

Di Giannantonio lui suggère alors une piste particulièrement simple. « À mon avis, si tu utilises une configuration assez normale comme la mienne… Je te le dis, la mienne est vraiment basique. »

La réponse de Bagnaia tient en quelques mots : « Ils ne me laisseront pas le faire. » Une phrase à manier avec beaucoup de précaution.

Elle ne démontre absolument pas que Ducati chercherait à empêcher volontairement Bagnaia de retrouver ses performances. Une configuration MotoGP résulte d’un ensemble de contraintes techniques et les deux hommes ne détaillent pas précisément ce que Ducati refuserait.

Mais elle révèle au minimum un désaccord entre ce que Bagnaia voudrait essayer et la direction technique actuellement suivie autour de sa GP26. Et surtout, elle intervient après son autre déclaration : « Je monte ce qu’on me dit d’utiliser. »

Bagnaia

Bagnaia va maintenant interroger ses adversaires

Le plus révélateur est peut-être ailleurs. Pecco ne cherche plus uniquement des réponses dans son propre garage. « J’ai reparlé avec d’autres collègues aujourd’hui et ils confirment ce que nous savons déjà. La piste offre une excellente adhérence, mais je ne la ressens absolument pas. »

Autrement dit, Bagnaia vérifie désormais auprès de ses concurrents que les sensations qui lui manquent existent bien sur leurs motos. À Misano, la réponse semble claire : le grip était là. Pecco, lui, ne le sentait pas.

Ducati reconnaît depuis plusieurs semaines travailler pour lui rendre les sensations perdues. Davide Tardozzi admettait encore récemment que l’usine cherchait toujours sans avoir trouvé la solution.

Une séparation qui arrive peut-être au bon moment

La situation devient d’autant plus fascinante que Bagnaia sait désormais qu’il quittera Ducati pour Aprilia en 2027. Son classement illustre l’ampleur de son effondrement : il est désormais le moins bien placé des pilotes disposant d’une GP26 et Di Giannantonio possède 80 points d’avance sur lui.

Cela ne signifie pas que Bagnaia a soudainement oublié comment piloter une MotoGP. C’est justement ce qui rend son cas aussi difficile à comprendre.

Un double champion du monde explique qu’il ne ressent plus l’avantage d’un pneu neuf, qu’il utilise les réglages qu’on lui demande d’utiliser, qu’une configuration qu’il souhaiterait essayer ne lui serait pas accordée et qu’il interroge désormais d’autres pilotes pour vérifier ses propres sensations.

À ce stade, le problème Bagnaia dépasse donc largement la recherche du bon réglage. Ducati et son pilote semblent ne plus seulement chercher comment rendre la GP26 rapide : ils cherchent à comprendre pourquoi Pecco ne ressent plus ce que la moto et la piste devraient normalement lui transmettre. Et à quelques mois de leur séparation, le temps commence sérieusement à manquer.