Moto GP
Publié le 21 septembre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Dall’Igna assume la Ducati espagnole : « Aujourd’hui, les meilleurs pilotes ne sont pas italiens »

Dall’Igna assume le choix Marquez-Acosta chez Ducati qui veut toujours « les meilleurs pilotes ». Et aujourd’hui, ils ne sont pas italiens.

Aragon Ducati

Marc Marquez et Pedro Acosta dans l’équipe officielle, une présence espagnole devenue largement majoritaire parmi les pilotes Ducati : Borgo Panigale serait-il en train d’oublier ses racines italiennes ? Gigi Dall’Igna assume complètement ses choix. Le patron de Ducati Corse rappelle tout ce  que la marque a fait pour les pilotes italiens, mais pose surtout une règle qui explique sa politique sportive : Ducati veut les deux meilleurs pilotes disponibles. Et aujourd’hui, selon lui, ceux-ci ne sont pas italiens.

Ducati est italienne. Ses ingénieurs sont très majoritairement italiens. Son histoire est profondément liée à Borgo Panigale. Mais cela ne signifie pas que ses pilotes doivent posséder le même passeport. Gigi Dall’Igna vient de le rappeler sur GPOne avec une franchise qui risque de faire parler en Italie.

« Malheureusement, à l’heure actuelle, les meilleurs pilotes ne sont pas italiens, selon nous. » Et toute la politique sportive récente de Ducati découle finalement de cette phrase.

Après Bagnaia, Ducati « snoberait » maintenant Marquez ?

Lorsque Ducati avait choisi Marc Marquez pour accompagner Francesco Bagnaia, certains avaient considéré que l’arrivée de l’Espagnol fragilisait symboliquement son double champion du monde.

La situation se reproduit aujourd’hui sous une autre forme. Bagnaia partira chez Aprilia et Pedro Acosta rejoindra Marc Marquez dans l’équipe officielle en 2027. Ducati prendrait-il cette fois le risque de placer auprès de Marc celui qui pourrait devenir son successeur ?

Dall’Igna refuse complètement cette lecture. « Ce n’est pas un affront envers Pecco, Marc ou qui que ce soit d’autre. Notre objectif est d’avoir la meilleure équipe possible et, par conséquent, les deux meilleurs pilotes sur la grille. » C’était la logique de Marquez-Bagnaia. Ce sera celle de Marquez-Acosta.

Même Marquez ne sera jamais protégé de cette logique

Dall’Igna ne présente pas Marquez et Acosta comme une association exceptionnelle destinée à durer indéfiniment. Il décrit une méthode. « Cela restera ainsi à l’avenir, même si nous devons remanier l’équipe parce que l’un des deux pilotes décidera de se consacrer à autre chose. »

Autrement dit, les noms peuvent changer. La règle, non. Ducati cherchera toujours à réunir ce qu’elle considère comme les deux meilleures références du moment.

C’est précisément cette philosophie qui explique pourquoi l’arrivée d’Acosta ne doit pas nécessairement être interprétée comme une défiance envers Marquez. Ducati ne cherche pas à protéger son numéro un. Elle cherche à lui donner le coéquipier le plus fort possible.

Ducati

« Les meilleurs pilotes ne sont pas italiens »

Reste alors une question particulièrement sensible pour une marque italienne. Avec une représentation espagnole devenue largement dominante parmi ses pilotes, Ducati n’aurait-elle pas poussé trop loin cette logique ?

Dall’Igna rappelle d’abord le bilan de la marque. Bagnaia, Enea Bastianini, Dovizioso, Andrea Iannone ou Danilo Petrucci font partie des nombreux Italiens accompagnés par Ducati jusqu’au MotoGP ou au sein de son dispositif dans la catégorie reine. « Je crois que Ducati est le constructeur qui a le plus contribué au développement des pilotes italiens ces dix dernières années. »

Mais le passé ne donne aucun droit automatique pour l’avenir. Et c’est là que tombe sa phrase :

« Malheureusement, à l’heure actuelle, les meilleurs pilotes ne sont pas italiens, selon nous. Puisque nous voulons aligner les meilleurs, nous devons aussi explorer d’autres horizons. »

Ducati italienne, pilotes sans passeport imposé

Dall’Igna insiste néanmoins sur l’identité de la marque. « Nous nous sentons italiens et nous sommes italiens. » La majorité des techniciens de Ducati le sont également et le constructeur serait heureux, assure-t-il, de retrouver à l’avenir des pilotes italiens capables de s’imposer dans cette sélection.

Mais pas simplement parce qu’ils sont italiens. C’est une nuance importante. Ducati ne ferme pas la porte à une nouvelle génération transalpine. Elle refuse seulement d’en faire un critère supérieur à la performance.

Voilà finalement ce que raconte le futur duo Marquez-Acosta. Ducati ne cherche plus à construire son équipe autour d’un champion protégé, d’une nationalité ou d’une hiérarchie confortable. Dall’Igna veut placer les deux pilotes qu’il considère comme les meilleurs dans le même garage, quitte à créer une concurrence explosive et à froisser quelques sensibilités nationales. Aujourd’hui, son choix conduit à deux Espagnols. Demain, assure-t-il, les noms pourront changer. Mais pas la règle.

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