George Russell et Oscar Piastri ont remporté des titres en gravissant les catégories menant à la Formule 1. Cette année, ils affrontent pourtant une question moins flatteuse que leur palmarès : comment retrouver leur vitesse naturelle au volant de voitures qui ne répondent plus comme ils l’attendent ? À Bakou, Russell a reconnu que les deux pilotes traversaient des difficultés comparables. Il ne doute ni de ses capacités ni de celles de l’Australien.

Russell et Piastri confirmés, deux styles contrariés par les nouvelles voitures.
« cela prendra simplement du temps ».
La phrase sonne comme un encouragement adressé à Piastri. Elle vaut aussi pour Russell lui-même. Le Britannique explique que les voitures, les pneus et la manière d’en tirer de la performance ont changé en 2026. Des gestes efficaces pendant des années demandent aujourd’hui d’être repensés. La F1 adore rappeler qu’elle réunit les meilleurs pilotes du monde ; elle leur laisse beaucoup moins de temps qu’on pourrait le croire pour apprendre une nouvelle façon de conduire.
Russell a trouvé une image parlante : celle d’un golfeur qui doit modifier son swing. Le golfeur retourne au practice jusqu’à ce que le mouvement devienne naturel. Un pilote de F1, lui, dispose de peu d’essais et doit progresser pendant les week-ends de course.
« Nous devons nous entraîner lors de l’événement, en qualifications et en course », a expliqué Russell, dans une traduction de ses propos. Une méthode d’apprentissage assez brutale quand chaque séance produit déjà un classement et son lot de jugements.
Chez Mercedes, ces difficultés ont un visage particulièrement gênant pour Russell : celui de son équipier Kimi Antonelli. L’Italien compte huit victoires en 2026 et possède 81 points d’avance sur lui avant le Grand Prix d’Azerbaïdjan. Russell reconnaît que sa performance n’a pas été assez forte pour rester au contact. Il assure néanmoins qu’il continuera de se battre tant que le titre restera mathématiquement possible, tout en plaçant le retour de sa vitesse au premier rang de ses priorités.
Piastri connaît une autre version du même malaise chez McLaren. Il accuse 66 points de retard sur Lando Norris et a terminé huitième à Madrid pendant que son équipier montait sur le podium.
L’Australien explique que certaines méthodes de pilotage qui fonctionnaient auparavant ne lui apportent plus le même résultat. Il estime progresser, mais précise qu’une solution trouvée sur un circuit ne se transpose pas automatiquement au suivant.
Andrea Stella, son patron, parle d’un problème technique d’adaptation du style de pilotage, pas d’un manque de talent. McLaren a prévu de consacrer davantage de ressources d’ingénierie à cette recherche.
Russell a invoqué leurs titres en catégories de promotion pour rappeler qu’ils savent tous deux s’adapter. Une précision s’impose toutefois : Piastri a été vice-champion de F4 britannique, puis champion de Formula Renault, de F3 et de F2. Le raccourci de Russell sur une F4 gagnée par les deux est donc inexact ; son idée générale tient malgré cela. Leurs carrières montrent qu’ils ont déjà appris à gagner dans des voitures très différentes.
Le chronomètre, lui, ne distribue pas de points pour la patience. Antonelli et Norris exploitent mieux leurs voitures à ce stade, et chaque Grand Prix rend la comparaison plus visible. Russell dit sentir une amélioration de son rythme de course depuis la pause estivale ; Piastri et McLaren parlent eux aussi de progrès, sans prétendre avoir réglé le problème.
À Bakou, les deux hommes auront donc moins besoin d’un discours rassurant que de quelques tours capables de le confirmer.
George Russell:
[Oscar and I] have won in F4, F3 and F2. I have no doubt in my ability, I'm sure Oscar has no doubt in his, it will just take time.Oscar Piastri:
I'm confident we will make progress like George says. It is hard to find a good time as you are trying to balance… pic.twitter.com/ao9oNaOnW0— | ⁶³ | Pav | (@pviiig7gr) September 23, 2026








