F1
Publié le 30 septembre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 : Alonso abandonne à Bakou, la presse japonaise ne le rate pas

Fernando Alonso a quitté le Grand Prix d’Azerbaïdjan au terme du 20e tour, après avoir signalé une perte de puissance sur les lignes droites. L’Espagnol roulait alors en 21e position. Le média japonais Web Sportiva a ensuite critiqué son arrêt : le journaliste Mineoki Yoneya estime qu’un pilote doit poursuivre, même sans compétitivité.

Alonso

 Au Japon, l’abandon d’Alonso à Bakou ne passe pas.

Le message radio avant le retour aux stands

Alonso s’élance 21e après des pénalités pour remplacement de composants de son unité de puissance. Il gagne des places au départ, puis Sergio Pérez le dépasse dans la ligne droite. Valtteri Bottas le passe au troisième tour. L’Aston Martin retombe 21e.

Le pilote avait pourtant pu se mesurer brièvement aux Cadillac. « Nous avons dépassé les deux Cadillac, puis Sergio m’a repassé et m’a distancé. Ensuite, je me suis battu quelques tours avec Valtteri, probablement cinq ou six dépassements dans les deux sens. Finalement, j’ai dû rentrer », a-t-il raconté après la course, dans des propos rapportés par Motorsport.com.

À la radio, Alonso signale qu’il soupçonne un problème moteur et annonce son intention de rentrer. Il avait aussi indiqué perdre du temps dans les lignes droites. L’équipe le fait rentrer à la fin du 20e tour. Classé DNF, il ne marque aucun point.

Aston Martin précise ensuite que le pilote avait signalé un possible problème de groupe propulseur. Honda indique de son côté qu’aucune anomalie précise n’a été identifiée dans les données examinées immédiatement après la course. L’analyse continuera à Sakura, le centre de recherche Honda. Aucun défaut identifié à ce stade ne tranche la question de la perte de performance ressentie.

Deux retraits, deux raisons différentes

Aucune Aston Martin ne rallie l’arrivée. Lance Stroll s’arrête au huitième tour après avoir signalé une instabilité. L’équipe évoque un problème de pression d’eau dans le refroidissement, déjà apparu plusieurs fois durant le week-end malgré des changements de pièces.

Pour Alonso, le soupçon concerne la puissance en ligne droite, sans cause mécanique confirmée. Mike Krack distingue les deux problèmes : pression d’eau pour Stroll, possible souci moteur pour Alonso. Les deux pilotes avaient reçu de nouveaux composants de groupe propulseur.

Les pénalités les avaient relégués en dernière ligne : Alonso 21e, Stroll 22e. Alonso est monté 19e au départ avant de reculer ; Stroll n’a pas atteint le dixième tour. L’équipe repart avec deux problèmes à examiner.

Le classement du samedi confirmait déjà la situation difficile. Alonso avait terminé les qualifications 19e, Stroll 21e, après une séance où l’Espagnol a bloqué ses roues lors de sa dernière tentative en Q1. La sanction moteur l’a ensuite fait reculer sur la grille. Le circuit de Bakou, avec sa longue ligne droite de 2,2 kilomètres, exposait particulièrement le manque de vitesse de pointe. Le directeur de Honda, Shintaro Orihara, avait reconnu que cette configuration représentait un défi pour le package actuel et que l’équipe manquait de solutions avec les moyens disponibles. Il a qualifié le week-end de leçon difficile pour l’ensemble de l’équipe.

Une critique publiée au Japon

Le 28 septembre, WebSportiva consacre un article à l’arrêt d’Alonso. Son auteur, Mineoki Yoneya, présente le retour aux stands comme une décision volontaire, puisque le pilote a ralenti et regagné la voie des stands au 20e tour. Son titre est sévère : « S’il jette le volant, il n’aurait pas dû monter dans la voiture dès le départ. » Yoneya lui reproche d’avoir privé l’équipe de tours de données.

Yoneya rappelle qu’Alonso avait présenté Bakou comme un week-end de tests, utile aux manches suivantes et à 2027. Il juge l’abandon incompatible avec cet objectif et estime qu’une voiture lente peut encore fournir des données. C’est son analyse, pas une conclusion sur la cause de l’arrêt.

Web Sportiva rapporte aussi Stroll, qui juge l’AMR26 en retrait dans les lignes droites comme dans les virages. Les difficultés de l’équipe dépassent donc le seul moteur Honda, même si Alonso a invoqué une perte de vitesse.

Les faits restent à établir

Avant le Grand Prix, Alonso avait décrit Bakou comme une occasion de recueillir des données malgré un résultat modeste. Après la course, il a demandé une analyse de la perte de temps en ligne droite. Honda n’a pas trouvé de défaut moteur lors du premier examen. Les vérifications continuent : la cause n’est pas établie.

Mineoki Yoneya reproche à Alonso d’avoir arrêté trop tôt, alors que Bakou devait aussi servir à récolter des données. Mais face à une perte de puissance signalée et à une cause encore inconnue, Alonso pouvait-il raisonnablement poursuivre?