Deux semaines après le mystérieux problème de frein qui avait perturbé Marc Marquez en Autriche, Ducati affirme en avoir identifié la cause. Une avancée essentielle alors que l’Espagnol arrive à Motegi avec 12 points de retard sur Jorge Martin. Mais le calendrier ne lui accorde aucun répit : le circuit japonais impose justement plusieurs freinages particulièrement violents. Ducati sait désormais ce qu’elle cherche à corriger. Reste à démontrer que le problème ne reviendra pas.
En Autriche, Ducati ne savait pas encore l’expliquer. À Spielberg, le problème avait accompagné Marc Marquez pendant une grande partie du Grand Prix. Dès le premier virage, un comportement anormal du levier de frein avait contribué à sa sortie de trajectoire et l’avait fait reculer jusqu’à la huitième place.
Marquez avait finalement limité les dégâts en terminant cinquième, mais pendant que Pedro Acosta remportait la course et que Jorge Martin terminait deuxième, l’Espagnol abandonnait la tête du championnat. Martin quittait l’Autriche avec 306 points contre 294 à Marc Marquez. Plus préoccupant encore : immédiatement après la course, Ducati ne possédait pas d’explication définitive. Davide Tardozzi reconnaissait alors que l’équipe devait comprendre ce qui s’était produit. Deux semaines plus tard, la situation a changé.
Marc Marquez : « Ils ont trouvé le problème »
À Motegi, Marquez a confirmé sur DAZN que l’analyse effectuée à Borgo Panigale avait révélé quelque chose de concret. « Le plus important, c’est qu’ils ont identifié ce qui s’est passé pendant la course, car c’était visible dans les données. Ils ont trouvé le problème. »
Ducati ne travaille donc plus seulement à partir des sensations rapportées par son pilote. Une anomalie mesurable a été identifiée. Et psychologiquement, la différence compte énormément pour Marquez. « Ce qui s’est passé en Autriche était inquiétant, mais ils ont trouvé un problème. Au moins, quand on a un problème et qu’on en comprend la cause, ça rassure le pilote. »
Marc Marquez sait désormais que ce qu’il ressentait au guidon correspondait à quelque chose que Ducati peut objectiver.
Di Giannantonio avait pourtant ajouté une autre question
L’affaire reste néanmoins intéressante parce que Fabio Di Giannantonio avait apporté un élément supplémentaire en Autriche. Le pilote VR46 expliquait que les comportements inhabituels des freins n’étaient pas totalement inconnus chez les Ducati.
Mais attention à ne pas tout confondre. Les symptômes rapportés n’étaient pas identiques. Chez Marquez, le levier était devenu particulièrement mou. D’autres pilotes avaient rencontré des réactions différentes, jusqu’à un levier devenant au contraire très dur.
Cela ne suffit donc pas à démontrer l’existence d’un défaut Ducati unique et récurrent. Et Marquez ne précise pas davantage quelle pièce ou quel phénomène Ducati a identifié sur sa GP26. On sait qu’un problème a été trouvé dans les données. Pas encore publiquement ce qui l’a provoqué.
The title fight is so tight and open that @marcmarquez93 is not ruling anyone out just yet! 👀#JapaneseGP 🇯🇵 pic.twitter.com/DYyvb4mYpP
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 1, 2026
Motegi constitue presque le pire endroit pour vérifier la réparation
Le calendrier apporte maintenant une difficulté supplémentaire. Motegi est précisément l’un des circuits où la stabilité au freinage compte énormément. Son tracé stop-and-go comporte plusieurs décélérations importantes et sollicite fortement les freins. Un comportement imprévisible du levier y serait particulièrement pénalisant.
Ducati ne dispose donc pas d’un week-end tranquille pour valider sa réponse. Marquez le sait : « Nous allons essayer de le régler pour la course, car c’est une autre course très importante, mais je suis confiant. » Cette confiance devra désormais être confirmée dès les premières séances.
Un an après le titre, Marc Marquez revient dans une situation opposée
Le contraste avec 2025 est spectaculaire. Il y a un an, Motegi avait consacré Marc Marquez champion du monde avec cinq Grands Prix encore à disputer. En 2026, il arrive au Japon en poursuivant Jorge Martin.
Seulement 12 points séparent les deux hommes, mais après l’Autriche chaque incident mécanique prend nécessairement une dimension supplémentaire. Une cinquième place reste un excellent sauvetage lorsqu’un problème survient. Elle coûte beaucoup plus cher lorsqu’un adversaire direct termine deuxième. Dans une lutte aussi serrée, Ducati doit donc désormais transformer son diagnostic en fiabilité.
Ducati a trouvé la cause, pas encore démontré la solution
C’est toute la nuance avant les premiers tours de Motegi. Après Spielberg, Ducati cherchait encore à comprendre. À Motegi, le problème rencontré par Marquez a été identifié dans les données et l’équipe sait désormais sur quoi intervenir. C’est une avancée considérable.
Mais identifier une anomalie et démontrer qu’elle ne se reproduira plus sont deux étapes différentes. Le Grand Prix du Japon va immédiatement fournir un test particulièrement sévère.
Pour Marquez, la situation est néanmoins beaucoup plus confortable qu’il y a deux semaines. En Autriche, son levier de frein lui avait posé une question à laquelle Ducati n’avait pas de réponse. À Motegi, Borgo Panigale arrive avec une réponse. Il reste maintenant à vérifier qu’elle tient au freinage.









