Moto GP
Publié le 17 octobre 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Les pilotes sont-ils des menteurs ?

Les pilotes MotoGP sont des héros, mais, étrangement, ils suivent tous la même ligne lorsqu’il s’agit de ce sujet. Pourquoi ?

MotoGP pilotes

Chaque fois que l’on voit un pilote prendre sa retraite, ça nous fait un pincement au cœur. Parfois, c’est quelqu’un avec qui l’on a grandi, avec qui l’on a partagé notre passion. Mais, en réalité, comment se fait-il qu’on puisse le revoir quelques mois plus tard, de nouveau en piste ? Ces dernières années, la mode est au retour précoce, même lorsqu’on ils affirment qu’ils ne reviendront jamais. Pourquoi les pilotes MotoGP mentent-ils ?

La der… vraiment ?

 

Je me faisais cette réflexion en voyant Aleix Espargaro évoluer à Mandalika, avant qu’il ne se retire. J’ai le vif souvenir qu’Aleix, l’un de mes pilotes favoris, disait, fin 2024, qu’il ne disputerait plus de course, seulement des essais. Et pareil pour Takaaki Nakagami. Mais, pourtant, les deux sont revenus et dans le cadre d’un GP ! Par le fait, j’ai épluché les saisons récentes, et c’est un phénomène qui se confirme : il est rare, voire, très rare, qu’un pilote raccroche le cuir et arrête totalement de courir.

 

Aleix désirait passer plus de temps avec sa famille. Résultat : il court toujours, et s’est même lourdement blessé en 2026. Photo : Michelin Motorsport

 

Des exemples

 

Ce n’est pas ce qui manque. Récemment, tous les pilotes ont continué après leur éviction/retraite du championnat MotoGP. Chantra, Bautista, Lecuona et bien d’autres ont rebondi en Superbike, car la discipline s’est malheureusement transformée en porte de sortie pour des pilotes qui n’avaient plus leur place sur les grilles du mondial, catégorie reine ou pas d’ailleurs. En 2026, une grosse douzaine de pilotes WSBK sont dans ce cas, soit la moitié.

Puis, il y a les pilotes d’essai MotoGP, le job à la mode. Alors que l’on ne connaissait même pas les développeurs il y a quinze ans, désormais, ils sont tous d’anciennes gloires, voire, pour certains, des champions du monde récents ! Augusto Fernandez, titré en Moto2 en 2022 et sans solution après 2024, teste pour Yamaha. Nakagami et Aleix Espargaro sont employés par Honda, Lorenzo Savadori par Aprilia, Pol Espargaro pour KTM, tout comme d’autres grands noms, à savoir, Andrea Dovizioso pour Yamaha et Dani Pedrosa pour la firme de Mattighofen.

La question est plutôt de savoir : qui, après sa retraite, n’a plus jamais participé à une compétition moto ?

 

« The Doctor », un exemple unique

 

Récemment, je ne trouve que quelques noms, et un seul se démarque : Valentino Rossi. Effectivement, après le début de la décennie 2010, il est le seul qui a totalement lâché le guidon, ou presque. Hormis ses compétitions organisées au Ranch et quelques roulages avec les pilotes de son académie, l’Italien n’a jamais remis le cuir dans le cadre d’une course ou d’un essai officiel en moto, au profit d’une conversion dans le sport automobile.

On pourrait croire qu’à l’époque, ceux qui partageaient la piste avec Rossi ont suivi son exemple, mais pas du tout : Pedrosa roule encore pour KTM, Stoner s’est essayé à l’endurance – avec un gros crash à Suzuka à la clé –, Jorge Lorenzo testait pour Yamaha récemment, Cal Crutchlow également… c’est quand même dingue d’avoir autant de mal à trouver d’autres profils !

 

Une tentative de retrouvailles… ratée.

 

On pourrait parler de Ben Spies, par exemple, mais l’Américain a été contraint d’arrêter à cause des nombreuses blessures essuyées en 2012 et 2013, donc ce n’est pas pareil. Pour trouver des exemples comme celui de Rossi, il faut remonter à Edwards et cette génération, c’est dire !

Pourquoi ce phénomène ?

 

Il est intéressant de se demander pourquoi c’est le cas. D’après moi, car ce n’est qu’une hypothèse, c’est « à cause » de la révolution technique de 2016, qui introduisait l’ECU unique sur la grille. Depuis cette date, toutes les motos peuvent finir dans le top 3 de chaque course, plus ou moins. La gloire est beaucoup plus dispersée qu’avant, il est plus difficile de rester au sommet longtemps. En revanche, il est facile de glisser, puis de ne pas retrouver de guidon. Ajoutons à cela le fait que les motos actuelles (depuis 2023) soient les plus dangereuses du XXIe siècle, et vous obtenez un résultat inquiétant : un taux de renouvellement extrêmement élevé.

De tous les sports que je suis, le MotoGP est sans doute celui qui explose les records de ce point de vue. Étant donné qu’il y a une grande réserve de talents en Moto3 et Moto2, et que les blessures font rage en MotoGP – catégorie où il est très difficile de s’illustrer fréquemment –, les pilotes sont facilement remplacés. Connaissez-vous d’autres disciplines motorisées où l’on est vieux arrivés à 30-31 ans ? Où les contrats excèdent rarement deux ans ? Donc, les retraités sont de plus en plus jeunes, ce qui conduit des équipes Superbike – entre autres – à les recruter, ce pour quoi la catégorie est devenue une sorte de « Ligue 2 ».

Aviez-vous conscience de ce phénomène propre au MotoGP ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Espagne
Pedrosa était encore très rapide en 2023 !

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