Publié le 23 octobre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Jantes à la carte, terminé : la FIA serre la vis pour 2027

Dès 2027, la FIA bannira les jantes différentes entre qualifications et course Ferrari et McLaren étudient déjà la température des pneus.

La FIA a repéré une nouvelle course dans la course : celle des jantes capables de faire parler les pneus. À partir de 2027, les équipes devront conserver la même spécification de jantes entre les qualifications et la course. Ferrari et McLaren, qui travaillent sur cette zone technique pour mieux maîtriser la température des gommes, voient se refermer une porte stratégique. La FIA ne bannit pas les jantes développées par les équipes : c’est le changement de configuration entre les séances qu’elle veut empêcher.

Ferrari et McLaren sont prévenues

Ferrari et McLaren devront garder la même configuration en qualifications et en course.

La nuance compte, car la traduction de la capture peut laisser croire que Ferrari et McLaren développent de nouveaux pneus. Il s’agit bien de jantes. Les équipes pourront toujours les concevoir et les faire évoluer, mais elles ne pourront pas utiliser une version pensée pour le tour lancé puis la remplacer par une autre pour la course. La règle a été approuvée cette semaine par le Conseil mondial du sport automobile et entrera en vigueur au début de la saison 2027. Elle impose une seule spécification à partir de l’entrée de la voiture en pré-parc fermé avant le sprint ou le Grand Prix. Une jante sera considérée comme utilisée dès que la voiture quittera la voie des stands avec elle.

Pourquoi s’intéresser autant à une pièce que le public regarde rarement ? Parce qu’une jante ne sert pas seulement à tenir le pneu. Sa conception peut influencer la circulation de la chaleur entre les freins, la roue et la gomme. Or la fenêtre de température des pneus est l’un des grands casse-têtes d’un week-end de F1. En qualifications, il faut les amener rapidement dans la bonne plage pour tirer le maximum d’un tour. En course, il faut éviter qu’ils surchauffent et perdent trop vite leurs performances.

La tentation est donc évidente : chercher deux réponses au même problème. Une jante efficace pour réveiller les pneus avant un tour de qualification ; une autre pour mieux contrôler leur température sur un relais de course. Quelques centièmes peuvent faire gagner plusieurs places sur la grille ou modifier une stratégie d’arrêt. La FIA veut couper court à cette spécialisation séance par séance avant qu’elle ne se transforme en nouvelle bataille technique — et en dépenses supplémentaires.

Ferrari a déjà montré l’intérêt de cette zone de développement. L’écurie a introduit une nouvelle conception de jantes en cours de saison et travaillé sur la gestion thermique de ses pneus, notamment à l’arrière. McLaren explore elle aussi ces solutions : les jantes peuvent contribuer à chauffer plus efficacement les gommes avant tout en aidant à contenir la température des pneus arrière. Rien d’illégal dans cette recherche. C’est justement parce que l’avantage potentiel attire les équipes que la FIA veut fixer une limite commune.

La décision ne retire donc pas aux ingénieurs le droit d’innover. Elle leur interdit de changer de configuration entre deux moments décisifs du week-end. Les équipes pourront choisir une spécification et la faire évoluer, mais elles devront s’en tenir au même choix en qualifications et en course. Le règlement précise aussi qu’une jante est réputée utilisée dès que la voiture quitte la voie des stands avec cette configuration : difficile, ensuite, de prétendre qu’elle n’a fait qu’un petit tour de reconnaissance.

La FIA ne sanctionne pas ici une infraction passée ; elle anticipe un développement qui pourrait s’emballer. Ferrari et McLaren ne sont pas nommées comme fautives, et leurs solutions ne sont pas interdites en tant que telles. Le risque, aux yeux de la fédération, est de voir les équipes multiplier les configurations pour optimiser chaque séance, au prix d’une course technologique plus coûteuse et plus complexe. C’est une mesure de prévention, pas un verdict contre Maranello ou Woking.

Reste à savoir si la règle aura un effet visible en piste. Une jante ne transforme pas seule une monoplace, et aucune équipe ne gagne un Grand Prix grâce à la température des pneus uniquement. Mais priver les ingénieurs d’une configuration dédiée aux qualifications et d’une autre pour la course peut peser sur leurs choix. Il faudra aussi éviter que la bataille ne se déplace simplement vers d’autres composants autour des freins et des roues.

La FIA trace donc la ligne avant que les jantes ne deviennent le prochain terrain d’escalade. En 2027, Ferrari, McLaren et leurs rivales pourront continuer à chercher la meilleure solution, mais elles devront s’y tenir du tour lancé au drapeau à damier. Une seule paire de chaussures pour le sprint et le marathon : aux équipes de trouver le compromis qui chauffe vite le samedi sans faire bouillir les pneus le dimanche.

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