La tension monte dans le paddock autour de la réorganisation des week-ends de course pilotée par Liberty Media. Alors que plusieurs figures du peloton expriment ouvertement leur agacement face à un rythme de plus en plus effréné, Jorge Martinez « Aspar » est venu apporter son regard d’expert sur cette cohabitation parfois houleuse. Pour le célèbre patron, le MotoGP est à un tournant de son histoire où les exigences du spectacle moderne imposent une préparation mentale inédite pour la nouvelle génération.
Un format repensé et un défi mental digne de Marc Marquez
Conscient de la baisse du temps de roulage effectif au profit de l’intensité sportive, le dirigeant espagnol souligne que ce nouveau programme met à rude épreuve le mental des acteurs en piste. Moins orientés vers la mécanique et soumis à une pression continue avec la multiplication des séances couperets, les jeunes talents doivent s’adapter aux exigences du show : « Ils sont consultés, certes, mais superficiellement. Au final, le temps total passé sur la moto pendant le week-end de course sera réduit de 35 minutes. En contrepartie, il y aura plus de séances de qualifications et plus de suspense. Il faut bien comprendre l’évolution considérable qu’a connue la compétition moto ces vingt dernières années. Aujourd’hui, les pilotes sont bien mieux préparés physiquement. Cependant, leurs connaissances en mécanique sont moindres et leur mental est plus fragile. Les qualifications, la course sprint, la course principale et tout ce qui compose le spectacle exigent un niveau de préparation mentale optimal. Je pense que l’un des grands atouts de Marc Marquez est sa force mentale, et cette force représente un défi majeur pour les nouvelles générations. » confiait-il pour Speedweek.
Had you ever seen anyone go under 2:03 on a #Moto2 in Sepang? 😳
The 2025 #MalaysianGP pole position was ours… by more than half a second! pic.twitter.com/xaT9HrttyL
— Aspar Team (@AsparTeam) October 28, 2026
La réalité économique face aux exigences de repos du peloton
Alors que des jeunes loups comme Pedro Acosta alertent sur le risque de voir la durée des carrières se réduire drastiquement sous le poids de la fatigue, le patron d’écurie rappelle la nécessité de concilier la santé des athlètes et les impératifs financiers de la catégorie reine. Si les créneaux de récupération restent cruciaux au guidon, l’équilibre économique global en dépend directement : « L’organisation souhaite optimiser le championnat, tandis que les pilotes ont besoin de plus de temps pour se détendre et se reposer. Mais les pilotes doivent comprendre que les revenus proviennent des sponsors et des droits télévisés. Néanmoins, certaines choses peuvent être modifiées, et ils devraient probablement dialoguer davantage. »
Comprendre l’agacement des pilotes tout en acceptant la politique Liberty Media
Ancien quadruple champion du monde en tant que pilote, Aspar n’en oublie pas pour autant la réalité du quotidien en piste et comprend parfaitement les doutes qui traversent les esprits dans les garages. Tout l’enjeu réside dans la capacité des instances à associer les acteurs majeurs à cette mutation indispensable du championnat : « Je les comprends parfaitement car j’ai moi-même été pilote. Le MotoGP évolue considérablement et doit se réinventer. Le nouveau programme pour l’année prochaine a été élaboré conjointement avec les équipes et les constructeurs. » Un appel à l’apaisement et à la concertation pour construire l’avenir de la compétition sans épuiser ses acteurs principaux.
Comprenez-vous la position d’Aspar sur la nécessité économique d’un format plus intense ? Dites-le-nous en commentaires !

Photo de couverture : Michelin Motorsport




