F1
Publié le 2 novembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Gasly, 13 000 menaces de mort : la FIA sort les crocs

Gasly aurait subi 13 000 menaces de mort après le GP d'Espagne. La FIA promet des exclusions et mise sur l'IA.

En Formule 1, on peut perdre une position, quelques points, parfois même son volant. Mais désormais, un simple dépassement manqué peut aussi déclencher une avalanche de menaces de mort : Pierre Gasly vient d’en faire la terrifiante démonstration.

Gasly ciblé : la FIA hausse le ton

Alpine sous le feu, Ben Sulayem menace d’exclure les auteurs.

Selon Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), le pilote français d’Alpine, Pierre Gasly, aurait reçu 13 000 menaces de mort après son accrochage verbal et sportif avec Franco Colapinto lors du Grand Prix d’Espagne, disputé à Madrid en septembre dernier.

Treize mille. Un chiffre vertigineux, révélé lors d’un entretien accordé au média américain The Drive, qui dépasse largement les frontières de la rivalité sportive. Et cette fois, la FIA annonce vouloir sortir l’artillerie lourde.

Quand quelques virages déclenchent la haine

Tout commence dans les derniers tours du Grand Prix d’Espagne.

Franco Colapinto, alors en lutte pour préserver sa septième place, se retrouve ralenti par son coéquipier Pierre Gasly, encore engagé dans une stratégie différente. Derrière l’Argentin, Oscar Piastri se rapproche dangereusement. Colapinto manifeste son agacement à la radio. Les images circulent immédiatement sur les réseaux sociaux. Le Français finit par rentrer aux stands. L’Argentin conserve sa position.

Sportivement, l’incident aurait pu s’arrêter là.

Mais une partie des supporters de Colapinto décide manifestement que quelques secondes perdues en piste justifient une campagne de haine numérique. Insultes, harcèlement et menaces se multiplient. Gasly n’est pas le seul visé : sa compagne et plusieurs membres de sa famille sont également pris pour cible.

La situation devient suffisamment préoccupante pour contraindre Alpine à intervenir publiquement. Colapinto lui-même publie une vidéo appelant ses supporters à mettre fin aux attaques.

Une intervention nécessaire, mais visiblement insuffisante pour effacer les dégâts.

La FIA promet des exclusions

Mohammed Ben Sulayem ne cache plus son exaspération. Lors de son entretien avec The Drive, le président de la FIA révèle l’ampleur des menaces reçues par Gasly et appelle à une mobilisation générale.

Le dirigeant prévient que les spectateurs responsables de comportements abusifs pourraient être interdits d’accès aux événements de Formule 1. Même sanction envisagée pour les professionnels des médias impliqués dans des campagnes de harcèlement.

Et pour ceux qui pensent pouvoir continuer tranquillement derrière un pseudonyme, le patron de la FIA brandit une nouvelle arme : l’intelligence artificielle.

Selon lui, ces technologies pourraient permettre d’identifier les auteurs de menaces dissimulés derrière des comptes anonymes. Une ambition spectaculaire, dont les modalités concrètes restent toutefois à préciser.

Car entre promettre de démasquer les harceleurs et parvenir effectivement à les identifier dans le respect des règles juridiques, il existe encore quelques virages délicats à négocier.

Briatore avait déjà menacé de couper le micro

L’affaire a également provoqué une réaction particulièrement ferme de Flavio Briatore. Le conseiller exécutif d’Alpine avait averti que Franco Colapinto pourrait être privé d’interviews, notamment auprès des médias argentins, si les attaques de certains supporters se poursuivaient.

Une mesure radicale qui aurait pour conséquence de sanctionner indirectement le pilote pour les agissements d’une partie de son public.

Ben Sulayem a néanmoins salué cette prise de position. Pour le président de la FIA, les pilotes doivent eux aussi assumer leur rôle d’ambassadeurs et condamner clairement les comportements de leurs supporters.

Un message qui dépasse largement le cas Colapinto. Car le harcèlement n’a ni nationalité exclusive ni monopole dans une écurie.

Lando Norris a lui aussi été pris pour cible après ses déclarations concernant le pilote argentin. Et les commissaires de course ne sont pas épargnés.

Ben Sulayem évoque notamment le cas d’une femme commissaire ayant reçu des menaces de mort et de viol, au point de remettre en question son engagement bénévole. Le problème touche désormais tous les étages de la discipline.

Treize mille raisons de ne plus regarder ailleurs

La FIA dispose déjà de son programme United Against Online Abuse, destiné à combattre le harcèlement numérique dans le sport. Mais les déclarations de Ben Sulayem traduisent une volonté de passer de la sensibilisation à des sanctions plus concrètes.

Encore faudra-t-il démontrer que les exclusions annoncées peuvent réellement être appliquées et que les outils technologiques promis produisent autre chose que des effets de communication.

La Formule 1 cultive depuis toujours les rivalités. Elles alimentent les tribunes, les audiences et les conversations entre passionnés. Mais confondre soutien à un pilote et droit de menacer son adversaire constitue une dérive autrement plus grave qu’une simple querelle de supporters.

Pierre Gasly et Franco Colapinto portent les mêmes couleurs. Leurs supporters peuvent préférer l’un à l’autre. Ils peuvent débattre d’une stratégie, contester une manœuvre ou critiquer une décision d’équipe.

Mais rien ne justifie que la famille d’un pilote devienne une cible.

La FIA promet désormais de sévir.

Reste à savoir si elle parviendra à transformer ses menaces d’exclusion en décisions effectives. Car à force de laisser prospérer la haine autour de ses circuits, la Formule 1 risque de découvrir qu’il existe des comportements autrement plus dangereux qu’un dépassement raté.

Et ceux-là ne se règlent pas avec cinq secondes de pénalité.

 

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