Marc Marquez est peut-être un extraterrestre, mais ses adversaires lui ont aussi généreusement ouvert la voie. Voilà, en substance, le verdict impitoyable de Carlo Pernat après le Grand Prix de Malaisie. Dans son intervention sur Fast By Prosecco, le manager italien salue la démonstration du pilote Ducati à Sepang, avant de régler ses comptes avec Aprilia et Marco Bezzecchi. Selon lui, le championnat aurait pu connaître un dénouement très différent. Et cette fois, Pernat ne cherche pas à arrondir les angles.
Pernat : « Bezzecchi et Aprilia ont perdu le championnat »
La sentence tombe sans détour. « Je pense que Bezzecchi et Aprilia ont perdu le championnat. J’en suis absolument convaincu. » Pour Pernat, le problème n’est pas simplement que Marquez s’est montré supérieur. C’est surtout qu’Aprilia et son pilote ont laissé passer une occasion exceptionnelle de profiter des difficultés rencontrées par l’Espagnol en première partie de saison.
« Certaines erreurs sont inacceptables. Marc avait plus de cent points de retard. » Et l’Italien insiste sur GPOne : « Autrement, le championnat serait resté ouvert jusqu’au bout. » L’accusation est sévère, mais elle soulève une véritable question sportive.
Comment un pilote qui comptait jusqu’à 102 points de retard a-t-il pu reprendre le contrôle du championnat au point de disposer désormais d’une première possibilité de titre dès le Qatar ? La réponse ne tient pas uniquement aux performances de Ducati.
Marquez a renversé la saison, Aprilia n’a pas su résister
Il faut évidemment commencer par rendre à Marquez ce qui lui appartient. Sa remontée constitue une démonstration de régularité, d’intelligence de course et de capacité à exploiter chaque occasion.
Mais Pernat considère qu’Aprilia possédait les moyens de compliquer beaucoup plus sérieusement cette reconquête. La RS-GP a démontré sa compétitivité à plusieurs reprises cette saison. Bezzecchi a lui-même prouvé qu’il pouvait gagner et rivaliser avec les meilleurs.
Le problème réside dans la transformation de cette vitesse en résultats réguliers. Entre les erreurs, les occasions manquées et les points abandonnés, l’Italien n’a pas réussi à maintenir la pression nécessaire sur Marquez.
Une moto capable de gagner des courses ne suffit pas à gagner un championnat. Encore faut-il éviter de donner des points à ses adversaires. Et c’est précisément là que Pernat situe l’échec d’Aprilia.
Bez is not pleased 👀#MalaysianGP 🇲🇾 pic.twitter.com/SvJFbzofdX
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) November 1, 2026
Sepang : la sixième place de trop pour Bezzecchi ?
Le Grand Prix de Malaisie a offert une nouvelle illustration de cette différence. Pendant que Marquez remportait la course avec plus de quatre secondes d’avance sur Pedro Acosta, Bezzecchi devait se contenter de la sixième place.
Une nouvelle occasion de réduire l’écart s’est transformée en avantage supplémentaire pour le pilote Ducati. Pernat ne cache pas sa déception : « Bezzecchi, sixième, n’est pas là où on l’attendait, ou du moins on attendait mieux de lui. »
L’analyse est d’autant plus sévère que l’Italien dispose d’une machine dont la compétitivité ne fait guère de doute. À Sepang, Ai Ogura a notamment terminé quatrième avec sa TrackHouse Aprilia.
De quoi rappeler que les difficultés de Bezzecchi ne peuvent pas être systématiquement attribuées à sa moto. Mais attention à ne pas inverser complètement les responsabilités : Marquez a également construit sa remontée par ses propres performances, et non uniquement grâce aux erreurs adverses.
« C’est un Martien » : Pernat refuse pourtant de minimiser Marquez
Car le manager italien ne cherche absolument pas à retirer du mérite au champion Ducati. Bien au contraire. « C’est un Martien, tout simplement. Un Martien arrivé dans un magnifique vaisseau spatial et qui nous a offert un spectacle incroyable. »
Pernat s’agace même des commentateurs qui présentent la victoire de Sepang comme une simple course de gestion. « Il a mis près de cinq secondes d’avance sur tout le monde ! Si c’est ça, gérer la course, imaginez s’il ne l’avait pas fait ! »
Pour lui, Marquez a dominé parce qu’il en avait les moyens. Et ses adversaires n’ont jamais trouvé la constance nécessaire pour l’en empêcher.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Pernat accuse Aprilia et Bezzecchi d’avoir laissé échapper le championnat.
- Bezzecchi possède la vitesse, mais ses erreurs et son irrégularité ont coûté cher.
- Marquez transforme un retard de 102 points en première occasion de titre dès le Qatar.
Carlo Pernat ne dit pas que Marquez ne mérite pas son titre. Il affirme quelque chose de bien plus cruel pour Aprilia : le constructeur italien avait peut-être les armes pour l’empêcher de le conquérir.
Et si le championnat se termine dès Losail, une question risque de hanter longtemps Noale : Marquez était-il vraiment imbattable, ou Aprilia a-t-elle simplement oublié comment le battre jusqu’au bout ?





