Marc Marquez domine, mais Carlo Pernat voit déjà arriver celui qui pourrait lui compliquer sérieusement la vie : Pedro Acosta. Après le Grand Prix de Malaisie, le manager italien ne s’est pas contenté de saluer la nouvelle démonstration du numéro 93. Dans Fast By Prosecco, il a projeté le MotoGP vers 2027, lorsque les deux Espagnols partageront officiellement le garage Ducati. Et sa prédiction est claire : le jeune pilote pourrait être le premier coéquipier capable de véritablement résister à Marquez.
« Pedro Acosta sera le premier coéquipier à donner du fil à retordre à Marc Marquez »
Pernat ne cache pas son enthousiasme pour la future association. « Marquez et Pedro Acosta formeront un duo fantastique. On va s’amuser et ce sera une belle bataille, loyale et équitable. » Puis il avance une affirmation plus audacieuse : « Il sera peut-être le premier coéquipier à donner du fil à retordre à Marc. J’en suis absolument convaincu. »
Ce n’est pas un simple pronostic sur les performances de Ducati. C’est une hypothèse sur l’équilibre interne de l’équipe la plus scrutée du championnat. L’arrivée d’Acosta chez Ducati Lenovo pour 2027 et 2028 a été officiellement confirmée. Le numéro 37 ne débarquera donc pas comme un jeune espoir invité à apprendre dans l’ombre du maître, mais comme un pilote recruté pour participer à l’avenir sportif de la marque.
Après Bagnaia, Ducati change de défi
Le contraste avec la situation actuelle est saisissant. Francesco Bagnaia, double champion du monde MotoGP, peine à retrouver ses repères alors que Marquez impose régulièrement sa loi. Ses difficultés ne démontrent pas qu’Acosta réussira là où l’Italien souffre, mais elles expliquent pourquoi la future cohabitation fascine.
Avec Acosta, Ducati accueillera un pilote d’une autre génération, réputé pour son agressivité en piste, sa capacité à attaquer et son refus de se satisfaire des places d’honneur.
Pernat insiste pourtant sur un aspect essentiel : il imagine une rivalité sans mauvais coups. « Pedro est un pilote très fair-play et performant, sans aucun problème. » Reste une évidence : être fair-play n’interdit pas de vouloir battre son coéquipier. Et chez Ducati, les deux pilotes disposeront d’ambitions susceptibles de se heurter dès les premières courses.

Marquez sait-il déjà ce qui l’attend ?
Selon Pernat, le champion espagnol n’ignore pas la menace. « Marc le sait et je crois même qu’il l’a plus ou moins admis. » Cette appréciation appartient au manager italien : elle ne constitue pas une déclaration de Marquez reconnaissant une future infériorité face à Acosta.
L’enjeu sera aussi technique. En 2027, le MotoGP passera aux moteurs de 850 cc et aux pneus Pirelli. Les repères acquis avec les machines actuelles seront en partie remis en question.
Pour Acosta, ce changement peut représenter une occasion de réduire l’avantage de l’expérience. Pour Marquez, il constituera un nouveau test de cette faculté d’adaptation qui fait sa réputation.
Un duel qui pourrait compter davantage qu’une victoire
Pernat parle d’un spectacle annoncé, mais le véritable défi sera la gestion de deux ambitions dans le même garage. Ducati devra développer une nouvelle moto, construire une dynamique collective et éviter que la rivalité sportive ne devienne une guerre interne.
D’autant que Pernat évoque, dans le même entretien sur GPOne, la possibilité d’une retraite de Marquez dans un ou deux ans. Il s’agit de sa projection personnelle, et non d’une décision du champion, lié à Ducati jusqu’en 2028.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Acosta : son arrivée officielle chez Ducati en 2027 ouvre la perspective d’un duel direct avec Marquez.
- Pernat : voit en lui le premier coéquipier capable de réellement inquiéter le numéro 93.
- Ducati : devra concilier deux ambitions au moment d’un bouleversement technique majeur.
Aujourd’hui, Marquez est le patron. Demain, Acosta pourrait refuser d’être son lieutenant. Et si Carlo Pernat a raison, Ducati n’aura pas simplement réuni deux talents exceptionnels : elle aura installé la bataille pour le pouvoir au cœur de son propre garage.





