Moto GP
Publié le 4 novembre 2026 • 22:00 par André Lecondé

MotoGP Qatar : 19 pilotes disent non, neuf retournent leur veste… sous la pression des sanctions ?

Dix-neuf pilotes auraient refusé le Qatar, mais neuf auraient changé de position. Entre sécurité et sanctions, l'unité du paddock vacille.

Qatar

Ils étaient dix-neuf à dire non au Qatar. Quelques jours plus tard, au moins neuf auraient changé de position, parfois sans même prévenir leur équipe. À l’approche d’un Grand Prix sous haute tension, la contestation des pilotes MotoGP semble se fissurer. Selon la journaliste espagnole Mela Chércoles, une mobilisation presque unanime contre le déplacement à Losail aurait laissé place à des revirements individuels. Et pendant que Yamaha assume son retrait, les autres constructeurs préparent leur arrivée.

Dix-neuf pilotes contre le Qatar : une opposition presque unanime

Tout aurait commencé à Phillip Island, lors de discussions privées entre pilotes sur la sécurité du Grand Prix du Qatar. À Sepang, cette opposition aurait pris une forme écrite.

« Vendredi, 19 pilotes ont signé un document déclarant qu’ils ne voulaient pas se rendre au Qatar. Dix-neuf sur vingt-deux », rapporte Mela Chércoles dans des propos relayés par Motociclismo.

Trois pilotes auraient refusé de rejoindre cette démarche : Marco Bezzecchi, Ai Ogura et Johann Zarco. « Les trois qui n’ont pas signé étaient prêts à aller au Qatar. Ils l’avaient clairement indiqué depuis un certain temps. »

Ce témoignage décrit une opposition massive, mais le document et ses signatures n’ont pas été rendus publics. Il convient donc de distinguer ces révélations d’un vote officiellement confirmé.

Neuf revirements : la solidarité s’effondre-t-elle ?

La suite est plus embarrassante encore pour le collectif. Selon Chércoles, plusieurs signataires auraient finalement indiqué qu’ils ne s’opposaient plus à leur déplacement. « Parmi les 19 qui avaient signé pour dire non au Qatar, certains ont finalement agi dans le dos des équipes en déclarant qu’ils n’avaient rien contre le fait d’y aller. Au moins neuf d’entre eux. »

Une révélation qui change la lecture de la crise. Si ces informations sont exactes, près de la moitié des opposants initiaux auraient changé de position. Pourquoi ? Une réévaluation des garanties sécuritaires ? La pression des employeurs ? La crainte de sanctions ? Ou simplement la difficulté de maintenir un refus collectif lorsque chacun doit prendre sa décision ? Aucune explication unique n’est établie.

Et surtout, accepter finalement de participer ne signifie pas nécessairement considérer le Qatar comme dépourvu de risques.

Qatar : Yamaha assume, Rivola hausse le ton

Dans cette confusion, Yamaha reste le seul constructeur ayant annoncé son retrait. Les autres équipes ont confirmé leur intention de participer, malgré les inquiétudes exprimées dans le paddock.

Chez Aprilia, Massimo Rivola a choisi la fermeté. « Si vous ne voulez pas faire ce travail, restez chez vous. »

Le dirigeant estime que les assurances fournies par les organisateurs permettent de courir.            Son discours contraste avec les hésitations rapportées chez plusieurs pilotes. Mais il révèle également le rapport de force : les concurrents peuvent exprimer leurs inquiétudes, tandis que les constructeurs restent engagés dans des obligations sportives et commerciales.

Des sanctions qui pèsent sur les décisions ?

Yamaha pourrait s’exposer à des conséquences contractuelles ou sportives. Des retraits de points et même des suspensions de pilotes ont été évoqués dans certains récits, sans confirmation officielle de telles décisions. Il serait donc prématuré d’affirmer que neuf pilotes ont changé d’avis sous la menace de sanctions.

En revanche, la possibilité de conséquences disciplinaires ajoute incontestablement une dimension au débat. À Losail, les quatre Yamaha manqueront à l’appel, tout comme Alex Marquez, blessé. Joan Mir est également annoncé forfait, tandis que la participation de Jorge Martin reste conditionnée à son état physique. La grille sera donc réduite, même sans nouveau retrait volontaire.

 Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • 19 pilotes sur 22 auraient initialement refusé le déplacement au Qatar.
  • Au moins neuf signataires auraient ensuite changé de position, selon Mela Chércoles.
  • Yamaha reste isolée, tandis que les autres constructeurs maintiennent leur participation.

Le plus spectaculaire n’est peut-être pas que dix-neuf pilotes aient osé dire non. C’est qu’une partie d’entre eux semble désormais incapable de maintenir ce refus. Reste une question autrement dérangeante : le paddock a-t-il été rassuré sur sa sécurité, ou simplement convaincu qu’il lui serait trop coûteux de ne pas courir ?

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