Kimi Antonelli n’a pas signé une nouvelle remontée flamboyante à Bakou. Il a fait mieux : il a sauvé une cinquième place avec une Mercedes abîmée et une stratégie qui tenait en quelques mots, ne pas prendre de risques inutiles. Parti 16e après son accident en qualifications, le jeune Italien a terminé dans le top 5. Sa description de la course a fait mouche : il a conduit « un peu comme ma grand-mère ». La formule est drôle ; le résultat, lui, est loin d’être anodin.

Après son erreur en qualifications et un plancher abîmé, Antonelli a choisi la prudence.
Le week-end avait pourtant mal commencé. Des soucis techniques avaient déjà perturbé ses essais, puis Antonelli avait terminé sa séance de qualifications dans le mur, dès la Q1. Son temps lui a permis de conserver la 16e place sur la grille, mais l’erreur a entamé sa confiance. Son coéquipier George Russell, lui, s’élançait depuis la pole. La comparaison promettait d’être inconfortable, surtout pour un pilote qui sortait d’une victoire spectaculaire à Monza.
De la victoire à Monza au sang-froid de Bakou
Deux semaines plus tôt, Antonelli avait remonté le peloton pour gagner son Grand Prix national. Forcément, les attentes étaient élevées. Mais Bakou n’a pas offert le même scénario, et le pilote Mercedes l’a compris assez vite. La voiture n’avait pas le rythme nécessaire pour répéter l’exploit italien ; les dépassements étaient difficiles dans le trafic. Plutôt que de s’accrocher à l’idée d’une nouvelle chevauchée héroïque, il a adapté son approche.
« Je conduisais un peu comme ma grand-mère », a-t-il plaisanté après l’arrivée.
Avant de préciser l’essentiel : « Je n’ai pas pris de risque. »
Antonelli a expliqué qu’il voulait être sûr de pouvoir réussir une manœuvre avant de la tenter. Une prudence qui peut sembler peu spectaculaire, mais qui avait du sens sur les rues étroites de Bakou, où une attaque mal préparée peut se terminer contre un mur.
Cette retenue ne signifiait pas qu’il renonçait à remonter. Elle traduisait plutôt un calcul lucide : quand le rythme manque et que les voitures se suivent de près, forcer chaque dépassement n’est pas forcément la meilleure façon de gagner des places. Antonelli a observé les erreurs autour de lui et en a profité. Plusieurs concurrents lui ont ouvert la porte en sortant de la piste ou en perdant du temps. Le pilote Mercedes a avancé sans se jeter dans chaque brèche. À Bakou, la patience a parfois rapporté plus que l’attaque.
Un plancher endommagé, une Mercedes difficile à conduire
La course s’est encore compliquée après un redémarrage derrière la voiture de sécurité. Un contact avec Oliver Bearman a endommagé le plancher de la Mercedes, sur son côté gauche. Antonelli a indiqué que la voiture était devenue difficile à maîtriser. Il a malgré tout tenté de revenir sur la quatrième place, mais le potentiel de sa monoplace était désormais limité. Cinquième à l’arrivée, il a reconnu qu’il fallait se satisfaire de ce résultat.
Le contact est venu s’ajouter à une journée déjà mouvementée. La voiture de sécurité avait regroupé le peloton et relancé les ambitions de ceux qui cherchaient à remonter. Mais dans ce trafic resserré, les marges étaient faibles. Antonelli a dû éviter les incidents tout en composant avec une voiture endommagée. Il ne pouvait pas attaquer comme si sa Mercedes était intacte. Le pilote a donc privilégié le résultat, sans confondre courage et obstination.
La Formule 1 aime les remontées spectaculaires, celles qui se racontent en dépassements et en freinages tardifs. Celle d’Antonelli fut plus discrète : éviter les pièges, saisir les occasions et ramener la voiture. C’est moins flamboyant qu’un duel remporté à la dernière seconde, mais c’est aussi une compétence essentielle pour un pilote qui joue le championnat.
Des points sauvés, une leçon retenue
En partant 16e et en terminant cinquième, Antonelli a sauvé une course qui aurait pu tourner bien plus mal. La victoire de Russell a toutefois réduit l’avance de l’Italien au championnat : selon le bilan publié par la Formule 1, elle est passée de 81 à 66 points. Le résultat de Bakou limite donc les dégâts sans effacer les erreurs du week-end.
Antonelli n’a d’ailleurs pas cherché à maquiller sa déception. Il a qualifié Bakou de pire week-end de sa saison et reconnu qu’il s’était senti en retrait. Mais il en retient aussi une leçon sur son état d’esprit et sur la nécessité de retrouver le bon niveau dès la course suivante. Après une victoire à Monza, le cinquième rang peut sembler terne ; après une sortie de piste en qualifications et des dégâts en course, il prend une autre couleur.
La « conduite de grand-mère » n’aura donc pas fait vibrer les amateurs de dépassements à chaque virage. Elle a cependant permis à Antonelli de repartir de Bakou avec une cinquième place, des points importants et une marge au championnat toujours confortable. Parfois, le meilleur moyen d’avancer consiste à arrêter de jouer les héros. Même si, en Formule 1, personne ne s’attend à voir une grand-mère terminer dans le top 5.
Kimi Antonelli when I asked about his percentage drive to P5 in Baku: "I was driving a bit like my grandmother today, just damage save mode. Just didn't take risk. Before making a move, I was making sure that I could go for it, and at the same time after the restart the big floor… pic.twitter.com/XRNMAdyYFs
— Adam Cooper (@adamcooperF1) September 27, 2026








