F1
Publié le 29 septembre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Aston Martin : Honda désigne le moteur thermique après le calvaire d’Alonso à Bakou

Honda confirme que le déficit d’Aston Martin vient surtout du moteur thermique. À Bakou, Alonso a payé le manque de vitesse en ligne droite.

Honda

À Bakou, Fernando Alonso n’a pas seulement perdu des places dans la longue ligne droite. Il y a aussi perdu une bonne partie du mystère autour des difficultés d’Aston Martin. Honda reconnaît désormais que l’essentiel du déficit de sa monoplace vient du moteur à combustion. La gestion de l’énergie entre également dans l’équation, mais elle ne suffit pas à masquer le problème principal : l’AMR26 manque de puissance face à ses rivales.

Alonso Bakou 2026

Honda : le déficit moteur est identifié. Le combler, lui, attendra.

Shintaro Orihara, ingénieur en chef de Honda, l’a résumé sans détour :

« Le déficit vient fondamentalement de la puissance du moteur à combustion. »

Voilà qui a le mérite de désigner le cœur du problème. Et qui laisse peu de place aux grandes théories sur un simple mauvais réglage, une mauvaise stratégie ou une journée sans. À Bakou, la piste a surtout transformé les difficultés d’Aston Martin en démonstration grandeur nature.

La ligne droite de Bakou ne pardonne rien

Le circuit azerbaïdjanais est un révélateur sévère pour les unités de puissance. Sa longue ligne droite met en valeur la vitesse de pointe, mais aussi la capacité du moteur à délivrer et à gérer l’énergie. Pour une voiture déjà en difficulté, le décor était donc peu accueillant. Alonso pouvait revenir sur Valtteri Bottas et le dépasser dans le virage 3, avant de voir la Cadillac reprendre l’avantage dans la ligne droite. Un échange de positions qui aurait pu ressembler à un duel animé. Il rappelait surtout que l’Aston Martin n’avait pas les armes pour conserver son avantage.

Les chiffres donnent une mesure concrète de l’écart : l’AMR26 d’Alonso a atteint 321 km/h, contre 331,4 km/h pour la Cadillac de Bottas. Dix kilomètres à l’heure, dans la partie la plus rapide du circuit, et le dépassement se transforme vite en parenthèse. Honda a aussi dû faire des compromis pour limiter le déficit en ligne droite ; ces choix ont pénalisé la vitesse de la voiture dans le secteur intermédiaire. L’équipe a donc payé le manque de puissance à plusieurs endroits du tour.

Honda distingue le symptôme de la cause

Après la course, Honda a analysé les données du moteur d’Alonso sans repérer d’anomalie précise. Les vérifications doivent toutefois se poursuivre, notamment sur la puissance, la gestion de l’énergie et les relevés GPS. Le sillage de Bottas et le mode dépassement, qui offre un supplément de puissance électrique à la voiture qui suit, ont pu accentuer l’écart dans la ligne droite. Mais ces facteurs ponctuels ne répondent pas à la question de fond : pourquoi l’Aston Martin manque-t-elle autant de vitesse ?

La réponse d’Orihara pointe le moteur thermique. Honda reconnaît que le manque de puissance de cette partie de l’unité de puissance a également des conséquences sur la gestion de l’énergie et sur la vitesse globale de la voiture. Difficile, dans ces conditions, de déterminer quelle part du déficit relève précisément de la récupération et de la distribution électrique. Le moteur à combustion ne travaille pas en vase clos : s’il délivre moins de puissance, l’équilibre de l’ensemble s’en ressent.

Ce constat ne signifie pas que tous les problèmes d’Aston Martin viennent du moteur. Le châssis, les réglages, l’aérodynamique et le poids comptent aussi dans la performance d’une monoplace. Mais, à Bakou, la vitesse de pointe a rendu visible une faiblesse qu’il devient difficile de ranger dans la catégorie des détails. Les données n’ont pas montré de panne particulière pendant la course ; elles n’effacent pas pour autant le déficit de performance que Honda reconnaît.

Le prochain grand progrès se fait attendre

C’est là que la situation se complique pour Alonso. Honda ne promet pas une solution immédiate : la prochaine évolution majeure du moteur est attendue au début de la saison 2027. D’ici là, le constructeur japonais devra travailler sur les progrès accessibles dans le cadre actuel et aider Aston Martin à mieux exploiter son package. Une perspective peu réjouissante pour une équipe qui voudrait transformer les prochains rendez-vous en occasions de remonter dans le classement.

Avant Bakou, Honda avait déjà prévenu que le circuit serait exigeant pour son unité de puissance, avec une longue portion à pleine charge. La mise en garde n’avait rien d’une surprise : la vitesse maximale et la recharge d’énergie figurent parmi les enjeux d’un tracé aussi particulier. Mais savoir que la piste sera difficile ne rend pas l’écart moins pénible une fois les voitures lancées.

Aston Martin doit donc composer avec deux temporalités. À court terme, l’équipe cherche des réglages et des gains dans l’exploitation de la voiture. À plus long terme, Honda doit corriger la faiblesse que son ingénieur identifie aujourd’hui comme la source principale du déficit. Les améliorations aérodynamiques ou une réduction du poids peuvent aider ; elles ne peuvent pas, à elles seules, donner au moteur la puissance qui lui manque.

Pour Alonso, le diagnostic a au moins le mérite d’être clair. Le problème ne se résume pas à un mauvais week-end, à un sillage mal évalué ou à un bouton pressé trop tard. La voiture perd de la vitesse, et Honda reconnaît que le moteur thermique est au centre du dossier. Reste maintenant la partie la moins spectaculaire — et probablement la plus longue — du travail : trouver la puissance qui manque, puis vérifier qu’elle permet enfin à l’Aston Martin de garder derrière elle les voitures qu’elle parvient à dépasser.

Alonso Bakou 2026