Publié le 28 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1- Leclerc confirme qu’il roulait avec ADUO2, le regard de son attachée de presse fait le reste

Charles Leclerc confirme avoir roulé avec l’ADUO 2 à Bakou et offre un moment gênant à son attaché de presse.

Charles Leclerc voulait répondre à une question sur son moteur. Il a aussi offert aux réseaux sociaux une petite scène de comédie involontaire : une information technique, un regard de côté et, dans le rôle de la communicante qui se demande si la journée peut encore empirer, une collègue assise juste à côté.

 Leclerc confirme l’ADUO 2 à Bakou

« J’avais la dernière version, l’ADUO 2. Je ne sais pas si je suis censé dire ça… mais je pensais que tu le savais », explique le Monégasque dans l’extrait. Puis il tourne les yeux vers sa voisine. La capture présente son expression comme un regard noir ; disons prudemment qu’elle ne semble pas célébrer la nouvelle. Ferrari venait-elle d’assister à une fuite confidentielle ? Pas vraiment. L’image est amusante, mais le secret avait déjà beaucoup circulé.

La mèche était déjà dans le paddock

La deuxième spécification moteur de Ferrari, surnommée ADUO 2, avait été introduite à Monza. Après l’accident de Leclerc dans la Parabolica, l’équipe avait préféré ne pas l’utiliser au Grand Prix d’Espagne, le temps de vérifier l’état de l’unité. Les médias spécialisés suivaient l’affaire et évoquaient déjà son retour à Bakou. Après les contrôles, le moteur a été déclaré utilisable : Leclerc a ainsi pu rouler avec cette évolution sans recevoir la pénalité de grille qui avait été envisagée.

La vraie information de sa réponse est donc assez précise : Leclerc confirme qu’il disposait bien de la dernière spécification. Il n’a pas révélé l’existence d’un moteur expérimental caché sous une bâche, ni les plans secrets d’une révolution rouge. Il a simplement répondu franchement à une question, avec ce petit supplément de naturel qui donne parfois des sueurs froides aux services de communication.

ADUO 2, mode d’emploi sans fumée rouge

ADUO signifie Additional Development and Upgrade Opportunities : des possibilités supplémentaires de développement accordées par la FIA aux motoristes dont le moteur thermique accuse un retard mesuré. Ce système porte sur le moteur à combustion interne ; il ne résume donc pas toutes les performances d’une unité de puissance, où la partie électrique et la gestion de l’énergie comptent également.

Ferrari a obtenu deux homologations supplémentaires après avoir été mesurée à plus de 4 % derrière la référence sur le moteur thermique. L’ADUO 2 désigne ici la seconde spécification évoluée de la Scuderia. Le sigle sonne comme une formule capable de remettre toute l’équipe à flot ; dans la vraie vie, c’est une évolution technique, avec des gains qui ne transforment pas une voiture en fusée par simple prononciation du nom.

Oliver Bearman, qui a utilisé cette évolution avec Haas, jugeait le gain moteur bien moins important que les progrès apportés par les nouvelles pièces aérodynamiques de sa voiture. Fred Vasseur avait, lui aussi, reconnu que l’ADUO 2 ne réglerait pas d’un coup le manque de puissance. La déception, au moins, n’a pas été vendue comme une surprise.

La mise à jour n’a pas fait taire les lignes droites

À Bakou, Leclerc a terminé quatrième, derrière George Russell, Max Verstappen et Isack Hadjar. Le double abandon des McLaren a contribué à ce résultat, que la presse spécialisée a décrit comme le maximum accessible à Ferrari. Le Monégasque, lui, n’a pas pris soin d’enrober le constat dans du papier cadeau : « Nous perdons trop en ligne droite. » Même avec l’ADUO 2, défendre sa position restait compliqué.

Leclerc a aussi appelé son équipe à réagir et à poursuivre les évolutions. Le ton est clair : Ferrari ne peut pas se contenter d’un nouveau sigle, d’une conférence technique et d’un haussement d’épaules. Quand les rivaux accélèrent leur développement, le retard ne se comble pas avec une jolie présentation PowerPoint — même si Maranello sait faire de très belles présentations rouges.

C’est ce qui rend la séquence plus intéressante qu’une simple gaffe supposée. Leclerc confirme la spécification moteur, puis expose sans détour ses limites. Le regard de sa collègue fait le tour des réseaux ; le message du pilote, lui, mérite de rester au centre : l’évolution est là, mais Ferrari manque encore de puissance pour rivaliser pleinement.

La scène a donc tout du petit moment gênant parfait : le pilote parle avec naturel, la communicante semble souhaiter un bouton « couper le micro », et Internet transforme trois secondes d’interview en feuilleton. Mais le moteur ADUO 2 n’était déjà plus une révélation. La vraie mauvaise surprise, c’est qu’après toute cette attente, il n’ait pas encore suffi à faire taire Leclerc sur les lignes droites.