En Formule 1, tout se joue au millième. Même les rémunérations : en 2025, le dirigeant le mieux payé de Formula One Management, Stefano Domenicali, a reçu exactement 7,999 millions de livres sterling. À mille livres près, la barre symbolique des huit millions résistait. Le suspense était insoutenable.

Huit millions pour Domenicali, bonus compris
Les comptes de Formula One Management, déposés le 21 septembre 2026 auprès du registre britannique Companies House, couvrent l’exercice clos le 31 décembre 2025. Ils ne donnent pas directement le nom du bénéficiaire, mais parlent du « directeur le mieux rémunéré ». Stefano Domenicali étant à la fois président-directeur général de la F1 et administrateur de l’entreprise, plusieurs médias lui attribuent logiquement ce confortable tour d’honneur financier.
Une rémunération, pas un simple salaire
Présenter ces 7,999 millions comme un salaire annuel classique serait toutefois trompeur. Le montant correspond à une rémunération globale, composée de plusieurs éléments.
Elle comprend notamment 1,962 million de livres lié à des mécanismes d’intéressement à long terme, auxquels s’ajoutent des gains provenant de l’exercice d’options sur actions. Autrement dit, Domenicali n’a pas simplement reçu un virement mensuel capable de traumatiser une calculatrice : une partie de la somme dépend de dispositifs différés et de la valorisation d’actions.
L’ensemble des administrateurs de Formula One Management s’est partagé environ 13,3 millions de livres en 2025. À lui seul, le mieux payé en absorbe donc près de 60 %. Quand la F1 parle de concentration des performances, elle ne pense visiblement pas uniquement aux chronos.
Une “baisse” à relativiser
Cette enveloppe représente pourtant un recul. En 2024, la rémunération du dirigeant le mieux payé atteignait 8,765 millions de livres. La baisse est donc de 766 000 livres, soit environ 8,7 %.
À ce niveau, difficile néanmoins de parler d’année noire. Avec 7,999 millions de livres, cela représente, par simple division, près de 21 900 livres par jour, week-ends et drapeaux rouges compris. Rapportée aux 24 Grands Prix de la saison 2025, l’enveloppe équivaut à environ 333 000 livres par course. Ces comparaisons sont purement illustratives : Domenicali n’est évidemment pas rémunéré au tour lancé.
Il faut également replacer le chiffre dans le contexte d’une Formule 1 devenue une puissante machine commerciale. Droits de diffusion, contrats avec les promoteurs, hospitalités, partenariats mondiaux et expansion du calendrier alimentent un championnat qui ne vend plus seulement des courses, mais un produit de divertissement global.
Le prix de la croissance
Stefano Domenicali dirige la F1 depuis 2021, après avoir été patron de Ferrari puis directeur général de Lamborghini. En mars 2025, Liberty Media a prolongé son contrat jusqu’à la fin de l’année 2029. Le groupe saluait alors sa capacité à accélérer la croissance commerciale du championnat et l’engagement du public. Depuis son arrivée, la discipline a multiplié les Grands Prix, renforcé sa présence aux États-Unis, développé les courses sprint et préparé l’arrivée de Cadillac comme onzième équipe. Cette stratégie séduit les partenaires, mais elle nourrit aussi les critiques : calendrier toujours plus lourd, multiplication des destinations coûteuses, priorité donnée aux marchés les plus rémunérateurs et sentiment persistant que le spectacle doit désormais satisfaire les tableurs avant les puristes.
La rémunération de Domenicali raconte précisément cette transformation. Il n’est plus seulement l’arbitre politique d’un paddock agité. Il dirige une marque mondiale dont chaque week-end doit attirer des spectateurs, vendre des abonnements, séduire des sponsors et convaincre des États de payer pour accueillir le cirque.
Une pole position très corporate
Reste une nuance essentielle : les comptes britanniques permettent d’établir le montant versé au dirigeant le mieux payé, mais ils ne désignent pas formellement Domenicali sur cette ligne. Son identification repose sur sa fonction et sur les recoupements publiés dans la presse. Affirmer que son salaire fixe serait de huit millions serait donc excessif ; parler d’une rémunération totale proche de huit millions est beaucoup plus rigoureux.
La somme demeure spectaculaire, surtout dans une discipline où les équipes sont soumises à un plafond budgétaire et où la maîtrise des coûts est régulièrement présentée comme une vertu cardinale. Le plafond concerne les écuries, pas la cabine de direction.
Stefano Domenicali n’a peut-être remporté aucun Grand Prix en 2025. Sur la grille très fermée des dirigeants sportifs, il reste néanmoins solidement installé en première ligne — avec le bonus du meilleur tour bancaire.
‼️ Stefano Domenicali ganó 8 MILLONES de libras en 2025.
➡️ Esta cifra no corresponde únicamente a su salario base, ya que incluye 1,962 millones de libras en incentivos a largo plazo y opciones sobre acciones.
➡️ El informe anual de la FOM recoge que su directivo mejor pagado… pic.twitter.com/B6NRQ709Wj
— Rubén (@RubCanales) September 22, 2026








