Il voulait sans doute simplement entretenir ses réflexes pendant la trêve estivale. Mauvaise idée : le sac de frappe a gagné par KO technique. Depuis sa blessure au poignet contractée à l’entraînement en août, Isack Hadjar regarde la Formule 1 depuis le bord de la piste. Zandvoort, Monza, Madrid : trois Grands Prix rayés de son calendrier et trois piges pour Liam Lawson dans la deuxième Red Bull. Voilà désormais Bakou qui approche… et toujours pas de certitude. L’histoire pourrait presque prêter à sourire si elle n’était pas en train de devenir franchement encombrante pour le Français.

Hadjar : un direct qui s’éternise
Le sac de boxe, adversaire surprise de la saison
Red Bull avait initialement communiqué sobrement sur une blessure au poignet survenue pendant la trêve estivale. Les informations apparues ensuite ont permis d’en savoir davantage : Hadjar se serait blessé lors d’une séance d’entraînement comprenant de la boxe, avec une petite fracture au poignet. Cette blessure l’a d’abord privé des Pays-Bas, puis de Monza et enfin du Grand Prix d’Espagne à Madrid.
Pour un pilote habitué à encaisser plusieurs G latéraux dans un baquet à plus de 300 km/h, être mis hors-jeu par un sac immobile possède forcément un petit parfum d’ironie.
Jeux de mains, jeu de vilain. Mais après trois courses d’absence, la plaisanterie commence à durer.
Et maintenant, le tendon s’invite dans l’histoire
Depuis ce lundi, une nouvelle rumeur circule dans le paddock : la blessure serait plus complexe que la simple fracture évoquée jusqu’ici et pourrait également concerner un tendon du poignet. L’information a notamment été relayée en Italie puis reprise par plusieurs médias spécialisés. F1i évoque ainsi des lésions tendineuses susceptibles d’expliquer une convalescence plus longue que prévu.
Mais il faut garder le frein à main tiré sur ce point : Red Bull n’a confirmé publiquement aucune rupture ou déchirure de tendon. C’est même tout le contraire du discours tenu par Laurent Mekies. Le patron de Red Bull affirme qu’il n’y a « rien d’anormal » dans la récupération de son pilote et explique que les délais constatés correspondent au type de blessure dont souffre Hadjar. Donc, pour l’instant : fracture confirmée, tendon au conditionnel. Entre les deux, le paddock fait ce qu’il sait faire de mieux : remplir le silence.
Red Bull ne veut surtout pas jouer au docteur Maboul
L’attitude de Red Bull est en revanche très claire. Hadjar ne reviendra pas à 90 %, ni à 95 %, ni parce qu’il peut tenir un volant pendant vingt tours en serrant les dents. Mekies a fixé la règle : le Français devra être pratiquement revenu à 100 % avant de retrouver sa RB22. Une nouvelle évaluation est prévue, suivie d’un passage au simulateur afin de soumettre son poignet aux contraintes proches de celles d’un véritable Grand Prix.
Le Français avait d’ailleurs discuté avec Marc Márquez, dont la carrière MotoGP a été lourdement perturbée après un retour trop rapide à la compétition à la suite de sa fracture de l’humérus en 2020. Hadjar en a manifestement retenu la leçon : mieux vaut perdre quelques Grands Prix que quelques mois.
Pour une fois chez Red Bull, personne ne semble vouloir gagner deux dixièmes sur le chrono médical.
Bakou : simulateur d’abord, avion ensuite
La feuille de route est désormais assez simple. Hadjar doit poursuivre sa récupération cette semaine, puis prendre place dans le simulateur. C’est seulement après cette séance que Red Bull décidera s’il peut reprendre son volant pour le Grand Prix d’Azerbaïdjan. Mekies veut reproduire des contraintes réalistes et observer la réaction du poignet. Si Hadjar se sent suffisamment proche de 100 %, feu vert. Dans le cas contraire, Lawson conservera le volant.
Et le Néo-Zélandais doit donc préparer… les deux scénarios.
Lawson expliquait après Madrid qu’il travaillait simultanément pour Red Bull et Racing Bulls, sans même savoir précisément quelle voiture il pilotera à Bakou. Selon lui, la décision pourrait n’arriver que le mercredi ou le jeudi précédant le week-end de course. Pratique : deux monoplaces à apprendre pour le prix d’une.
Lawson commence justement à prendre ses aises
Il y a également un petit détail que Hadjar ne peut probablement pas ignorer. Plus son absence se prolonge, plus son remplaçant engrange des kilomètres. Sur ses trois Grands Prix disputés avec Red Bull, Lawson a inscrit 14 points et se retrouve désormais à seulement 12 points d’Hadjar au championnat.
Cela ne signifie évidemment pas que son baquet est menacé : Red Bull présente toujours Lawson comme un remplaçant temporaire et conditionne le retour de Hadjar uniquement à son état physique. Mais dans l’univers Red Bull, laisser quelqu’un essayer votre voiture pendant un mois n’a jamais été le meilleur moyen de dormir parfaitement tranquille. Lawson devait assurer l’intérim. À force, il commence à connaître le mot de passe du Wi-Fi.
La vraie mauvaise nouvelle serait de revenir trop tôt
Après trois forfaits, la tentation de reprendre à Bakou sera forcément énorme. D’autant que l’Azerbaïdjan sera suivi d’une série de courses rapprochées et qu’un nouveau forfait commencerait sérieusement à peser sur la deuxième partie de saison.
Mais sur un circuit urbain où les murs ne négocient pas et où le volant réclame des corrections permanentes, un poignet approximatif est probablement le dernier accessoire dont Hadjar a besoin. Alors le Français devra réussir un curieux Grand Prix avant même de prendre l’avion : quelques tours de simulateur, aucun chrono officiel et une seule ligne d’arrivée à franchir.
À Bakou, Hadjar n’aura pas besoin de prouver qu’il est courageux. Il devra surtout prouver que son poignet peut encaisser un week-end complet sans broncher. Parce qu’après trois Grands Prix manqués, le vrai combat n’est plus contre le sac de boxe. Il est contre le chronomètre.
Isack Hadjar is definitely training for his return to boxing. He probably watches Rocky movies every day and his idol must be Rocky Balboa. Good for him, there is life outside of boring Formula 1. #IsackHadjar #RedBullRacing #RedBull #Motorsport #F1 #Boxing #RockyBalboa pic.twitter.com/hxrHhWIQcH
— Beyond F1 Grid (@beyondf1grid) September 4, 2026





















