F1
Publié le 16 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Après les soirées d’été, Norris passe au Coca… et la F1 en fait tout un soda

Après un été très festif, Norris se fait reprendre pour un Coca-Cola à Madrid. Entre sponsors, règlement et coup de com’, la F1 s’emballe.

Il y a quelques semaines, Lando Norris devait encore expliquer qu’il n’était pas devenu le “party boy” de la Formule 1. Ibiza, Grèce, vacances entre amis et images largement commentées sur les réseaux : le Britannique reconnaissait aimer profiter de ses rares moments de liberté, tout en contestant certaines interprétations. Une photo l’avait notamment fait passer pour fortement alcoolisé alors qu’il assurait avoir été « très, très sobre ».

Norris : une canette qui fait pschitt

À Madrid, changement de carburant. Cette fois, pas de soirée, pas de cocktail : un simple Coca-Cola. Et pourtant, c’est encore le contenu du verre — ou plutôt de la canette — qui fait parler.

Après avoir terminé troisième du Grand Prix d’Espagne derrière Kimi Antonelli et Max Verstappen, Norris s’est installé dans la cool-down room avec une canette de Coca à la main. Un officiel, hors champ, lui aurait alors demandé de la ranger. Réponse immédiate du champion du monde :

« Je viens de faire une course, donc j’ai le droit de boire ce que je veux. Merci beaucoup. »

La séquence a évidemment pris feu sur les réseaux sociaux

Du champagne au Coca, mais toujours une polémique

Le problème n’est évidemment pas le sucre. Il est commercial.

Depuis 2025, PepsiCo est partenaire officiel de la Formule 1 dans le cadre d’un accord courant jusqu’en 2030. À partir de cette saison 2026, le groupe bénéficie également d’une présence étendue sur les Grands Prix avec son portefeuille de boissons et de produits. Autrement dit, voir son rival historique Coca-Cola parfaitement cadré par les caméras dans un espace officiel de la F1 n’est pas exactement le placement produit rêvé

Et voilà comment une canette à quelques dollars devient une mini-crise de diplomatie commerciale.

Ironie supplémentaire : en voulant faire disparaître le Coca, la F1 lui a offert une publicité mondiale. Günther Steiner lui-même l’a relevé. L’ancien patron de Haas juge le comportement de Norris peu professionnel, mais reconnaît que l’intervention a surtout servi… Coca-Cola : sans remarque, estime-t-il en substance, personne n’aurait probablement fait attention à la marque.

Difficile de lui donner tort. La canette que personne ne regardait est devenue le personnage principal de la soirée.

Norris, professionnel… mais pas distributeur automatique

Steiner estime néanmoins qu’un pilote de ce niveau connaît parfaitement les contraintes commerciales entourant la F1 et qu’il aurait dû s’y conformer. Son verdict est sec : « Si vous êtes professionnel, vous ne faites pas ça. »

L’argument se défend. Les millions injectés par les sponsors ne donnent pas seulement droit à un logo sur une combinaison : ils achètent aussi de l’exclusivité, de la visibilité et des territoires de marque soigneusement verrouillés.

Mais l’épisode montre aussi jusqu’où peut aller cette logique. Norris venait de disputer un Grand Prix, de voir une victoire presque promise lui échapper après une Virtual Safety Car particulièrement mal tombée, et venait de terminer troisième après être parti en pole.

À ce moment-là, il voulait manifestement boire un Coca. Pas négocier le prochain contrat boissons de Liberty Media.

La facture salée ? Pas si vite

Le règlement sportif FIA prévoit bien, dans le protocole post-course, que seules des bouteilles d’eau non identifiées soient mises à disposition dans certaines zones officielles et précise que les autres boissons n’y sont pas autorisées.

Mais à ce stade, les sources consultées ne font état d’aucune amende officiellement infligée à Norris ou à McLaren pour cette canette. Annoncer déjà que l’affaire « pourrait coûter cher à McLaren » relève donc davantage du gros titre que de la sanction acquise.

Au fond, Norris réussit un drôle de doublé médiatique. Cet été, il devait expliquer que les réseaux sociaux exagéraient son image de fêtard. En septembre, il lui suffit de passer au Coca pour déclencher une nouvelle polémique.

Moralité : chez Norris, même quand il tourne au sans-alcool, ça finit encore en gueule de bois pour quelqu’un.