Marc Marquez a gagné à Misano, pris la tête du championnat et célébré son succès sur l’un des territoires les plus symboliques de Valentino Rossi. Pourtant, après les tensions et les huées de 2025, l’atmosphère aurait sensiblement changé. Selon le journaliste Adam Wheeler, une partie du public italien semble désormais regarder autrement celui qui fut longtemps considéré comme l’ennemi du Docteur.
Gagner à Misano n’est jamais tout à fait une victoire comme les autres pour Marc Marquez. À quelques kilomètres de Tavullia, au milieu d’un public où le jaune de Valentino Rossi reste omniprésent, l’Espagnol sait depuis longtemps qu’il ne court pas exactement sur des terres Ducati.
La rivalité entre Rossi et Marquez appartient pourtant à une autre époque. Mais dix ans après son explosion en 2015, elle continue néanmoins à survivre dans certaines tribunes. Cependant, quelque chose serait en train de changer.
De l’ennemi de Rossi au champion que l’on respecte ?
En 2025 encore, les relations étaient particulièrement tendues. Marquez avait été hué en Italie et Michele Pirro avait publiquement demandé aux supporters de ne pas reproduire ce comportement à Misano. Les réactions à une chute de l’Espagnol avaient ensuite provoqué une nouvelle polémique, au point que le MotoGP avait dû intervenir publiquement pour appeler au respect des pilotes.
Un an plus tard, le contraste a été sensible. Présent à Misano, le journaliste Adam Wheeler estime avoir constaté une évolution dans les tribunes. « Ce week-end, on dirait que la tension envers le champion du monde s’est un peu dissipée. Il n’y a plus autant d’agressivité à son égard », explique-t-il dans le podcast Paddock Pass. Ce n’est évidemment pas encore une réconciliation générale entre les deux camps. Mais à Misano, c’est déjà beaucoup.
Le retour physique de Marquez aurait changé le regard
Wheeler avance surtout une explication intéressante à cette évolution. Le public ne regarderait plus uniquement Marquez à travers le prisme de son affrontement historique avec Rossi. Ce qu’il a traversé physiquement commencerait à prendre le dessus.
« On reconnaît davantage ce qu’il fait, surtout avec tout ce tapage avant l’événement concernant son bras, sa condition physique et ce dont il est revenu. » Le Marquez qui gagne aujourd’hui n’est effectivement plus celui qui affrontait Rossi au sommet de sa carrière.
Les multiples opérations de son bras droit, ses problèmes d’épaule, ses épisodes de diplopie et ses blessures successives ont considérablement changé le récit. L’adversaire autrefois perçu comme arrogant et presque invincible est devenu un pilote qui a dû reconstruire sa carrière. Et cette vulnérabilité semble avoir modifié une partie du regard porté sur lui.
Rossi was following the action very closely! 👀#SanMarinoGP 🇸🇲 pic.twitter.com/2iBIRQDDGW
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) September 13, 2026
Et Marquez gagne justement sur les terres de Rossi
Le symbole n’en est que plus puissant. À Misano, Marquez n’est pas simplement venu gagner. Il a réalisé un week-end parfait avec 37 points sur 37, effaçant les 19 longueurs qui le séparaient de Jorge Martin avant le Grand Prix.
Les deux Espagnols possèdent désormais 274 points, Marc occupant la tête du championnat grâce à ses cinq victoires contre une pour Martin. Tout cela s’est produit dans l’un des temples du « rossisme ».
Marquez lui-même n’a d’ailleurs jamais vraiment cherché à faire oublier cette dimension. Ses célébrations démonstratives après certaines victoires en Italie ont parfois été interprétées comme une manière d’assumer pleinement son statut d’intrus. Cette fois, pourtant, l’affrontement semble avoir perdu une partie de sa violence.
Dix ans après 2015, la rivalité vieillit-elle enfin ?
Il serait évidemment prématuré d’imaginer les supporters de Rossi se convertir soudainement en admirateurs de Marquez. Certaines blessures sportives ont une mémoire exceptionnellement longue. Mais le temps produit aussi ses propres effets.
Rossi ne court plus en MotoGP. Marquez a connu des années de blessures et de reconstruction. Une nouvelle génération est arrivée. Et le numéro 93 est désormais engagé dans une bataille contre Jorge Martin, Marco Bezzecchi et bientôt les pilotes qui lui succéderont. Le passé ne disparaît pas, mais il cesse progressivement d’être le seul filtre.
Le changement observé à Misano est peut-être finalement celui-là : les supporters de Valentino Rossi n’ont pas besoin d’aimer Marc Marquez pour commencer à reconnaître ce qu’il accomplit. Dix ans après la guerre de 2015, ce simple passage de l’hostilité au respect constituerait déjà une petite révolution.

























