Moto GP
Publié le 21 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Vous sous-estimez l’écart entre Luca Marini et Nicolo Bulega

Nicolo Bulega, Luca Marini et Manuel Gonzalez n’iront sans doute pas tous les trois en MotoGP l’année prochaine.

Marini Bulega

Le mercato 2027 est loin d’être terminé. En MotoGP, tout peut encore bouger, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Parmi les pilotes en attente d’une confirmation, deux hommes, deux Italiens, et deux hommes passés par la VR46 Academy : Luca Marini et Nicolo Bulega. L’un des deux brille en Superbike, et fut l’auteur de la plus grande série d’invincibilité de l’histoire de la catégorie, tandis que l’autre peine à s’illustrer en MotoGP malgré une grande régularité. Mais à choisir, qui des deux devrait être en MotoGP l’année prochaine ? Cet article pourrait vous aider à y voir plus clair.

 

Le point sur les dernières rumeurs

 

D’après les derniers bruits de couloir, Luca Marini irait chez KTM Tech3 – il l’a avoué à demi-mot dans une très intéressante interview livrée à un média italien ces derniers jours –, et Nicolo Bulega, lui, était sûr et certain de rejoindre Ducati VR46 il y a quelque temps. Par le fait, les deux devraient être présents en MotoGP l’année prochaine, donc pas de quoi polémiquer. Celui qui risque d’être lésé n’est autre que le leader du Championnat du monde Moto2 Manuel Gonzalez, mais vous allez voir que la suite de cet article va l’intégrer indirectement.

 

Qu’est-ce que Manuel Gonzalez peut faire de plus ? Photo : IntactGP

 

Une année oubliée

 

Oui, aujourd’hui, Bulega brille en Superbike. Mais, quel est le vrai niveau de ce championnat autrefois très prestigieux ? D’après moi, malheureusement, c’est extrêmement faible, et je pèse mes mots. Je l’ai déjà dit à de maintes reprises et j’ose l’affirmer encore aujourd’hui ; Nicolo Bulega ne mérite pas ce guidon au vu de son parcours – il a échoué en Grands Prix avant de trouver une porte de sortie, contrairement à Gonzalez, par exemple –, mais aussi de son opposition. Ce n’est que mon avis. Si vous voulez comprendre mon raisonnement, je vous invite à lire cet autre papier.

Comment pourrait-on mettre en évidence la différence de niveau entre quelqu’un qui a réussi en catégories inférieures et quelqu’un qui a choisi le Supersport, faute de mieux ? Il y a un moyen très simple de se rendre compte du phénomène : c’est aujourd’hui oublié, mais Luca Marini et Nicolo Bulega ont été coéquipiers en Moto2 pendant un an chez Sky VR46 ! Alors, regardons cette saison dans le détail, puisqu’après tout, ils roulaient à matériel égal. Un conseil, mouillez-vous la nuque.

 

Un monde d’écart

 

Honnêteté intellectuelle oblige, je me dois de rappeler qu’en 2019, Bulega venait d’arriver en Moto2, quand Luca Marini était déjà dans sa cinquième saison. Oui, ça a une importance, et pour excuser Bulega davantage, ce dernier a manqué une course peu après l’entame. Maintenant, nous voyons très souvent de bons rookies en Moto2, surtout lorsque ceux-ci sont talentueux.

Pourtant, dès les premières courses, Bulega était complètement en perdition. En perdition, même en comparaison avec les autres nouveaux venus. Sa campagne commence par deux abandons, suivis de cette absence aux États-Unis. Ensuite, il enregistre son premier top 10 en Espagne, avant de connaître une passe très difficile sur la tournée européenne, à l’exception d’une septième place en Tchéquie, son meilleur résultat. Puis, la tournée outre-mer ne lui réussit pas, avec aucune nouvelle entrée dans le top 10 après la Thaïlande. Au final, il conclut sa première saison en Moto2 à la 17e place du classement général, avec six abandons et trois autres résultats blancs en 18 courses. Qu’ont fait les autres rookies ? Bastianini était 10e, Jorge Martin 11e, et Fabio Di Giannantonio 9e. Bulega était bien plus proche de Somkiat Chantra (21e), mais intéressons-nous à son coéquipier Marini.

 

Marini Bulega
Iker Lecuona a mis fin à la série d’invincibilité de Bulega à Donington. Iker Lecuona, que l’on a tous vu peiner en MotoGP lorsqu’il était titulaire. Photo : Aruba.it

 

Pour lui, le constat est tout à fait différent. Il sortait d’un excellent exercice (7e), et a été l’un des outsiders réguliers en 2019. Constamment dans le top 10 ou presque au début, il est monté en puissance jusqu’à grimper sur le podium en Italie, puis aux Pays-Bas. Ça s’est un peu tassé, mais il s’est révélé en Asie avec deux victoires consécutives en Thaïlande et au Japon, où il a réussi l’exploit de faire le coup du chapeau (pole, victoire et tour le plus rapide). À l’arrivée, il était 6e avec 190 points, soit 142 de plus que Nicolo Bulega.

 

Attendez !

 

Comme ça, vous pouvez penser que la comparaison est frauduleuse, car Marini était expérimenté alors que Bulega, pas du tout. Mais j’ai d’autres éléments à vous apporter pour compléter l’analyse.

De deux choses l’une : premièrement, Bulega a fait encore pire pour sa deuxième saison ; d’autres bons pilotes avant lui (comme Bezzecchi) s’étaient troués à leur arrivée en catégorie intermédiaire, mais ont progressé à vitesse grand V par la suite. Pour son deuxième exercice en Moto2, Bulega était classé 20e, derrière les rookies Aron Canet, Marcos Ramirez ou encore Hector Garzo. En 2021, soit sa troisième année, c’était encore dégressif, avec une 26e place au général et seulement 12 points marqués, contre 161 pour son coéquipier Fabio Di Giannantonio chez Gresini (!).

Deuxièmement, je l’ai comparé à Luca Marini, pas à Marc Marquez. Jusqu’à maintenant, Marini n’a jamais réellement explosé, il reste un pilote très discret et n’avait rien d’un monstre en Moto2. Une sixième place dans une cinquième saison en catégorie intermédiaire n’a rien d’exceptionnel au premier sens du terme, et pourtant, c’était largement suffisant pour éteindre Nicolo Bulega.

 

Le duel avec Marini, constat terrible pour Bulega

 

Maintenant, imaginez que je vous ressorte la comparaison avec une vraie machine, un monstre calibre champion du monde : Manuel Gonzalez. Je crois que c’est assez clair, désormais, et je n’ai pas envie de révéler les statistiques, car je respecte beaucoup Nicolo Bulega, même si je pense qu’il n’a pas sa place en MotoGP, et surtout pas devant un pilote au parcours irréprochable comme Gonzalez.

Aviez-vous connaissance de cette saison partagée sous le même auvent ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Beaucoup me parlent des pneus Pirelli. Du coup, on ne se base plus sur les résultats en Moto2, mais uniquement sur la connaissance des gommes ? D’ailleurs, Gonzalez aussi connaît parfaitement les Pirelli, pourquoi cela devrait représenter un critère déterminant dans la comparaison entre les deux ? Photo : HRC

 

Photo de couverture : HRC