Moto GP
Publié le 16 juillet 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Aleix Espargaró, le regret : « Gifler Morbidelli, la plus grosse erreur de ma vie – Mon fils m’a demandé « pourquoi ? » »

Aleix Espargaró a ouvertement exprimé ses regrets concernant l’un des incidents les plus controversés de ces dernières années en MotoGP.

Aleix Espargaró

Les pilotes MotoGP passent leur vie à repousser les limites. Ils apprennent à gérer la vitesse, la douleur, les blessures et une pression permanente. Mais personne ne leur apprend véritablement à gérer leurs émotions. Aleix Espargaró vient d’en faire un aveu particulièrement touchant.

Trois ans après avoir frappé le casque de Franco Morbidelli au Grand Prix du Qatar, l’ancien pilote Aprilia considère toujours cet épisode comme l’une des plus grandes erreurs de sa vie. Non pas à cause de la pénalité ou de l’amende qui ont suivi, mais parce qu’il a dû un jour l’expliquer à son fils.

« Mon fils Max m’a demandé : « Pourquoi l’as-tu giflé ? » », raconte aujourd’hui l’Espagnol. « J’avais envie de mourir. Je ne savais pas quoi lui répondre. » Cette simple phrase résume peut-être mieux que n’importe quelle polémique la violence psychologique que peut parfois engendrer le sport de haut niveau.

Aleix Espargaró n’a jamais été un pilote politiquement correct. C’est probablement ce qui lui a valu autant de supporters que de détracteurs au cours de sa carrière. Il a régulièrement exprimé sa colère contre son équipe devant les caméras, pris des positions fortes sur de nombreux sujets et parfois laissé parler ses émotions de manière excessive. « J’ai toujours été facile à vivre et amical – je suis quelqu’un de franc, et c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. »

Il ne cherche d’ailleurs pas à se dédouaner aujourd’hui. « Frapper Morbidelli est l’une des plus grandes erreurs de ma vie », affirme-t-il sans détour. Un aveu suffisamment rare dans un paddock où les pilotes reconnaissent rarement leurs torts de manière aussi frontale.

Son témoignage met également en lumière un sujet dont on parle encore trop peu dans le sport moto : la préparation psychologique des pilotes.

Aleix Espargaró

Aleix Espargaró : « Vous ne réfléchissez pas clairement »

Lorsque les spectateurs regardent un Grand Prix depuis leur canapé, ils voient des sportifs millionnaires pilotant les motos les plus sophistiquées du monde. Ce qu’ils ne voient pas, c’est un cœur qui bat à plus de 180 pulsations par minute, une montée d’adrénaline permanente et des décisions prises parfois en une fraction de seconde sous une immense pression émotionnelle.

« Des tas de gens regardent ça depuis leur canapé et se disent : “Putain, mec !”, et ils vous font passer pour un idiot complet, mais il faut se rappeler que vous êtes pris dans le feu de l’action, votre cœur bat à tout rompre, donc vous ne réfléchissez pas vraiment clairement » explique-t-il sur YouTube.

Cela ne justifie évidemment pas un geste déplacé. Mais cela permet peut-être de mieux comprendre pourquoi certains pilotes peuvent parfois commettre des erreurs humaines malgré leur extraordinaire maîtrise technique.

Aleix Espargaró estime aujourd’hui que les jeunes pilotes devraient systématiquement travailler avec un psychologue du sport. « Je ne l’ai pas suffisamment fait moi-même », reconnaît-il. Dans un univers où les pilotes commencent parfois leur carrière internationale à 15 ou 16 ans et sont immédiatement exposés aux médias, aux réseaux sociaux et à une pression énorme, cette réflexion mérite probablement davantage d’attention.

Le MotoGP investit des millions d’euros dans le développement des motos, mais beaucoup moins dans l’accompagnement psychologique de ceux qui les pilotent.

Les accrochages entre Espargaró et Morbidelli se sont multipliés ces dernières années, jusqu’aux incidents parfois surréalistes de Silverstone et de Valence. La relation entre les deux hommes ne s’est jamais véritablement apaisée.

Mais pour la première fois, Aleix Espargaró ne parle plus comme un pilote qui cherche à avoir raison. Il parle comme un père qui a dû expliquer à son enfant pourquoi il avait perdu son sang-froid devant des millions de téléspectateurs. Et parfois, la question d’un enfant est infiniment plus difficile à affronter qu’une pénalité sur la grille de départ.

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