A l’issue de la première journée du Grand Prix de France MotoGP au Mans, Johann Zarco a effectué son débriefing devant les journalistes présents.
Déjà 4e en FP1 à 0,252 de Luca Marini, le pilote LCR a réalisé le meilleur chrono l’après-midi lors de la Practice, après en avoir été constamment aux avant-postes.
Comme à notre habitude, nous reportons ses propos sans aucune mise en forme.
🎤 La foule vous a apporté une motivation
supplémentaire ou vous avez vraiment trouvé quelque chose avec la
moto au Mans que vous ne pouviez pas faire aussi rapidement avant
?
Johann Zarco en anglais : « Heureusement qu’il ne
pleuvait pas aujourd’hui. Sinon, je ne sais pas ce que ça aurait
donné (rire). Je suis très heureux d’avoir commencé le vendredi à
un niveau correct. Et du matin à l’après-midi, le passage du pneu
arrière medium au pneu arrière tendre a toujours donné de bonnes
sensations, même si ce n’était pas encore parfait. Mais maintenant,
avec l’équipe, on comprend mieux la moto et on peut ajuster de
toutes petites choses pour me donner les bonnes sensations et
continuer à améliorer ma confiance sur la moto.
Ensuite, il y a le public, qui me donne peut-être une énergie
supplémentaire, mais je n’y pense pas trop : je me laisse
simplement porter par lui. Ils me tirent vers le haut, peut-être
vers un meilleur niveau. Mais être compétitif aujourd’hui sur le
sec, c’est très positif parce que quand je dis que mes sensations
s’améliorent, ça veut dire que j’ai raison, et je suis tellement
heureux que ça porte ses fruits.
La base de la moto est très intéressante depuis le début de
l’année, et je le répète tout le temps. C’est juste que je n’étais
pas capable d’utiliser le potentiel de la moto. Mais maintenant,
depuis Austin et Jerez, j’ai progressé sur de petits détails et je
suis vraiment content que cela commence à payer. »
🎤 Toutes les Honda étaient plutôt rapides
aujourd’hui. Tu as une explication au fait que ça fonctionne aussi
bien au Mans ?
« Non. Je suis juste heureux de voir les autres Honda rapides
aussi. Ça me pousse également à me dépasser. Tout le monde veut
être le premier pilote Honda, donc c’est génial d’aller dans cette
direction. Mais savoir que les quatre pilotes sont dans un écart de
trois, quatre, cinq dixièmes, moins de cinq dixièmes, c’est plutôt
positif. »
🎤 Pourquoi c’est mieux ici qu’à Jerez ?
C’est une question de tracé, mais je ne peux pas vraiment expliquer
pourquoi. »
🎤 Où est-ce que vous vous sentez plus à l’aise dans
le pilotage ?
« Par rapport à l’année dernière, surtout dans le premier virage,
le très rapide. Mais ce n’est pas un virage rapide à
l’accélération, c’est un virage rapide au freinage. Et ici, je me
sens vraiment, vraiment en confiance, et c’est tellement agréable
d’avoir ça.
Mais de manière générale, on a progressé au freinage et à
l’accélération, c’est la base de notre moto par rapport à l’année
dernière. Et c’est pour ça qu’il était plus difficile pour moi de
faire tourner la moto à l’entrée des virages. Mais maintenant, avec
de plus en plus de tours et les essais de différents réglages, on
commence à comprendre comment amener cette moto dans le virage pour
exploiter ce potentiel.
Donc par rapport à l’année dernière sur cette piste, je pense que
le simple fait d’avoir un meilleur freinage et une meilleure
accélération a permis d’élever le niveau de tous les pilotes. »
🎤 Si la météo change, comme l’annonce la prévision,
dans quelle mesure le bon travail d’aujourd’hui peut servir de base
même sous la pluie ? Ou est-ce qu’il faut repartir de zéro
?
« Quand les conditions changent, il faut simplement s’adapter. Donc
c’est une histoire totalement différente : des sensations
différentes sur la moto, une concentration différente. On
verra.
Mais tout le monde attendait la pluie, en regardant les prévisions
toute la semaine, en pensant que j’aurais un avantage. Pourtant,
c’est tellement agréable de montrer que moi aussi je veux
participer à la course, aussi sur le sec, et me battre avec les
autres. »
🎤 Joan a dit que ce résultat était positif parce
qu’il montre que vous êtes compétitif. Mais est-ce que ça ne rend
pas aussi les choses un peu plus difficiles pour vous, parce que ça
augmente les attentes de beaucoup de gens ?
« Non. Depuis l’année dernière, ce que j’ai vécu ici est simplement
magique. Et ce qui se passe aujourd’hui nous donne encore plus de
possibilités de rêver, de croire qu’une autre chose magique est
possible. Profitons-en, et on verra. »
Johann Zarco continue en français :
« Quand j’ai commencé mes sessions,
ça allait, et j’étais toujours dans les 10 premiers; c’était déjà
positif. Mais ensuite en fin de session, j’ai eu une bonne
amélioration, et ça, j’ai été surpris parce que je ne m’attendais
pas à si bien. Et ensuite sur l’aprem, là où ça a été peut-être le
plus difficile, c’est avec le pneu soft qui avait un peu plus de 10
tours. Là, je me suis dit, “on n’est pas encore tip top”.
Du coup, on est resté zen et on a attendu pour mettre les pneus
neufs et faire ce time attack, et là, par contre, ça a plutôt bien
répondu.
Même sur le premier chrono, 30.1, j’ai vu que les autres n’y
arrivaient pas tout de suite, donc je me suis dit « c’est
quasi assuré ».
On a toujours des surprises parce que finalement je crois que le
10ème était en 30.1, donc ça n’aurait certainement pas suffi, mais
j’ai eu suffisamment de feeling et de marge pour pousser un peu
plus et aller choper en dessous de 30. Donc vraiment content !
La moto marche mieux, toutes les Honda sont devant, enfin, sont
devant, sont bien plus compétitives. Mais moi je suis content de
profiter du circuit du Mans comme il se doit, parce que c’est une
piste où si tu enchaînes les tours, tu peux trouver du feeling et
améliorer de tour en tour. J’avais découvert ça sur la Yamaha il y
a presque 10 ans, et je n’avais plus réussi à l’avoir. Aujourd’hui,
je l’ai eu de nouveau et ça fait énormément de bien, parce que ça
permet de moins se stresser. On n’a plus besoin de se dire “il
faut que je fasse le chrono dès mon premier tour sinon je suis
foutu”. Si je n’ai pas fait le premier, je le ferai au
deuxième et peut-être au troisième. Ça donne beaucoup de confiance.
»
🎤 Par rapport à ce que
tu imaginais en arrivant ici hier, tu revois tes ambitions à la
hausse, ou tu te dis “on va garder les pieds sur
terre, on ne va pas trop rêver non plus”
?
« Non, je vois que ça se
joue vraiment à pas beaucoup de choses, à très peu de choses. Donc
j’essaie d’être sur la première ligne demain. Je vois qu’il y a une
possibilité de l’être, en tout cas avec ce qu’on a fait
aujourd’hui, ça donne envie d’y croire pour demain. Et la première
ligne pour les courses du samedi et du dimanche, ça fait une telle
différence! Donc c’est ça que j’aimerais bien aller chercher,
quelles que soient les conditions. Mais non, franchement, je suis
juste très content d’avoir eu de la vitesse sur le sec, parce que
je sais que je peux être rapide, mais pas aussi rapide. Donc là, ça
ne met pas les objectifs à la hausse. Vraiment, je me lève demain
et on voit. On sait qu’il peut faire beau encore demain, peut-être
pas dimanche. Vu la chaleur, ça va peut-être tourner, je ne sais
pas, on va voir. »
🎤 Tu
dis que tu es porté par la
foule quand tu es sur la
moto : tu peux décrire un petit
peu ce que tu ressens de différent sur
la
moto quand tu es ici au Mans ?
« Je ne sens rien de différent,
mais je me dis que ça se passe tellement bien qu’il doit
certainement y avoir une autre énergie. Donc non, je ne sens rien,
pour être honnête : juste quand c’est terminé, que tu regardes les
tribunes qui sont déjà pleines avec tout le monde qui se lève, ça
fait chaud au cœur, c’est énorme ! Mais je me dis qu’il y a un truc
qui doit me soutenir… »
🎤 Tu ne t’es
jamais senti aussi bien sur la moto depuis le début de
la saison ?
« Oui, vraiment. Mais le chrono que j’ai fait à Austin,
après la chute, comme j’ai dit, tu ne fais pas ça si ta moto est
mauvaise. Donc ça m’a fait cogiter trois semaines, mais depuis, le
niveau s’est bien relevé et ça je suis très content. Mais là, Comme
je dis, ressentir des choses que j’ai senties il y a neuf ans de
ça, waouh, ça a fait un regain de jeunesse ! »
🎤 On sait que ce sont
les deuxièmes parties de courses qui sont un peu plus
compliquées. Par rapport à ce que tu as pu voir sur l’usure des
pneus, sur ton feeling justement dans les tours, est-ce que tu sens
qu’il y a du progrès là-dessus aussi ou ce serait
une découverte?
« C’est pour ça qu’il faut
partir devant. Il faut vraiment comprendre si on peut lutter au fur
et à mesure des tours et sur la fin de course. Ici, ce n’est pas
une piste où on bouffe beaucoup de pneus, mais quand même, avec un
pneu usé, tout à l’heure, à la moitié de ma practice, derrière
Bezzecchi, je n’étais pas à l’aise et je sentais qu’il avait un
avantage. Donc c’est là où il faut… On va voir demain, mais je
pense que je n’ai pas l’avantage que j’ai eu quand j’ai ensuite mis
le pneu neuf. »
🎤 Hier pendant la
Marseillaise, les yeux étaient comment derrière les
lunettes noires ?
« Ils étaient secs, c’est la
gorge qui se serre ! Non c’est beau, c’est très beau! Mais même là
en rentrant, tout le box… c’était comme des fous, tout le monde
!
Non, c’est trop beau ! Comme je dis, je profite, parce que c’est
vraiment énorme ! »

Résultats de la Practice du Grand Prix de France 2026 :

MotoGP France Débriefing Zarco MotoGP France Débriefing Zarco MotoGP France Débriefing Zarco MotoGP France Débriefing Zarco































