Moto GP
Publié le 5 novembre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP : « La facilité de Marquez, c’est le coup de grâce pour Bagnaia ! » Melandri décrit le supplice du double champion

Marco Melandri décrypte le calvaire de Bagnaia chez Ducati : face à un Márquez presque désinvolte, la comparaison devient dévastatrice.

Bagnaia

Le plus cruel pour Francesco Bagnaia n’est peut-être pas de perdre contre Marc Marquez. C’est de le voir gagner avec une facilité presque insolente. Au Grand Prix de Malaisie, l’Italien a terminé treizième, à plus de 32 secondes de son coéquipier vainqueur. Un gouffre qui résume une saison douloureuse chez Ducati. Pour Marco Melandri, le véritable coup de grâce réside dans cette impression que Marquez accomplit naturellement ce que Bagnaia ne parvient plus à réaliser.

Bagnaia : 32 secondes de retard et une confiance en miettes

Avant Sepang, Francesco Bagnaia voulait encore croire au sursaut. Le double champion du monde présentait même la Malaisie comme sa meilleure occasion de retrouver un résultat convaincant avant son départ de Ducati.

Mais la réalité a été brutale : treizième à l’arrivée, à plus de 32 secondes de Marquez, soit un écart moyen supérieur à 1,5 seconde par tour. La comparaison entre les deux pilotes officiels Ducati devient chaque week-end plus difficile à supporter.

Dans le podcast Chiacchiere da Box, Marco Melandri ne cache pas sa tristesse. « J’espère vraiment que Bagnaia pourra se ressaisir, car il est normal qu’un champion comme lui puisse terminer sa carrière en beauté. C’est tellement triste de le voir dans cet état. »

Une précision s’impose : Bagnaia ne prend pas sa retraite. Il quittera Ducati pour Aprilia en 2027. Melandri insiste surtout sur la dimension humaine. « Voir un pilote arriver aux courses l’air triste, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. »

Marquez : une facilité qui devient une torture pour Bagnaia

Pour Melandri, le problème dépasse largement les chronos. Ce qui impressionne le plus chez Marquez, c’est la transformation de son pilotage. « La simplicité avec laquelle Marquez fait les choses, c’est ça qui est vraiment impressionnant. »

L’ancien pilote décrit un champion devenu incroyablement économe dans ses mouvements. « Il bouge très peu sur la moto. Enfin, il bouge beaucoup, mais rarement. Il est toujours au bon endroit au bon moment. »

Le Marquez d’autrefois semblait constamment combattre sa machine, multipliant les corrections spectaculaires à la limite. Aujourd’hui, il donne l’impression d’avoir supprimé les gestes inutiles.

« Il fait preuve d’une grande fluidité dans le freinage et l’accélération. Comparé au Márquez d’il y a dix ans, on a l’impression qu’il fait une simple balade tranquille, et pourtant il est incroyablement efficace. »

Voilà ce qui rend la situation si cruelle pour Bagnaia. Quand l’un cherche désespérément des solutions, l’autre semble déjà posséder toutes les réponses.

Bagnaia

Seize victoires contre une : Ducati face à son propre contraste

En Malaisie, Marquez a signé sa seizième victoire de la saison, Sprint et Grands Prix confondus. Bagnaia n’a remporté que le Sprint de Brno. La différence ne concerne plus seulement les résultats. Elle touche à la confiance, aux sensations et à la capacité d’exploiter la Ducati GP26.

Pour autant, réduire les difficultés de Bagnaia à une faiblesse psychologique serait injuste. Ses problèmes techniques et son manque de confiance dans le train avant constituent des éléments essentiels de cette crise. Marquez n’a pas nécessairement provoqué les difficultés de Bagnaia. Mais ses performances les rendent chaque week-end plus visibles.

Aprilia : quitter Ducati pour retrouver le plaisir ?

Il reste trois Grands Prix à Bagnaia pour terminer son aventure chez Ducati sur une note positive. Son transfert chez Aprilia pourrait lui offrir un environnement différent et la possibilité de reconstruire sa confiance. Mais changer de moto ne garantit pas de retrouver immédiatement ses sensations.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Bagnaia : treizième en Malaisie, à plus de 32 secondes de Márquez.
  • Melandri : la fluidité et la facilité apparente de Márquez rendent la comparaison dévastatrice.
  • 2027 : Aprilia pourrait offrir à Bagnaia une occasion de renaissance.

Le coup de grâce décrit par Melandri n’est pas une attaque de Marquez contre Bagnaia. C’est une démonstration permanente. Et pour un double champion du monde, quoi de plus cruel que de voir son coéquipier accomplir avec une apparente facilité ce qui est devenu pour lui un combat ?

qualifications MotoGP
Le warm-up sera supprimé l’année où tout changera : motos, pneus, aéro… ça sera encore plus difficile. Bagnaia n’était pas pour. Photo : Michelin Motorsport

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