Moto GP
Publié le 10 septembre 2026 • 22:00 par Marc Seriau

MotoGP, Misano J0, Débriefing Marc Marquez (Ducati/2) : « je dois fournir beaucoup plus d’efforts pour essayer de survivre en MotoGP », etc. (Intégralité)

Deuxième du championnat, Marc Marquez a affronté les questions de la presse en prélude au Grand Prix MotoGP de Saint-Marin à Misano...

La conférence en prélude au Grand Prix MotoGP de Saint-marin et de la Riviera de Rimini a accueilli à Misano Jorge Martin (Aprilia Racing), Marc Marquez (Ducati Lenovo Team) et Marco Bezzecchi (Aprilia Racing, les trois premiers du championnat, séparés par seulement 24 points.

Après son week-end parfait en Aragon, Marc Marquez se veut plus prudent pour cette manche, malgré ses six victoires en MotoGP à Misano : en 2015, 2017, 2019, 2021/2 (Grand Prix d’Émilie-Romagne), 2024/1 (Grand Prix de Saint-Marin) et 2025. Il n’a terminé hors du podium qu’à quatre reprises lors de ses 13 participations sur ce circuit dans la catégorie.
Mais depuis, il est tributaire de l’état de son bras qui ne cesse de faire l’actualité, à son grand regret…

Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais.


🎤 Bien, mesdames et messieurs, bienvenue au Grand Prix Red Bull de Saint-Marin et de la Riviera de Rimini, pour la conférence de presse pré-événement avant la 14e manche, ici sur un Misano World Circuit Marco Simoncelli qui est, pour le moment, très humide. Nous entrons dans la période la plus chargée et la plus intense du Championnat du Monde. La lutte pour le titre devient passionnante, puisque les trois premiers pilotes ne sont séparés que par 24 points. Ces trois pilotes sont avec nous ici cet après-midi, à commencer par Jorge Martín, d’Aprilia Racing.
Jorge est en tête du classement avec 19 points d’avance. Il avait remporté ici le Sprint et le Grand Prix depuis la pole position en 2023.
Pour le Ducati Lenovo Team, Marc Márquez, désormais deuxième du Championnat du Monde après son doublé victorieux lors de la dernière manche en Aragon. Il compte six victoires en MotoGP ici à Misano, dont la plus récente l’année dernière, en 2025.
Et pour compléter notre groupe aujourd’hui, un autre pilote représentant Aprilia Racing, Marco Bezzecchi. Marco est troisième du Championnat du Monde et a terminé troisième lors des deux dernières courses Sprint et des deux derniers Grands Prix. Il avait remporté le Sprint ici à Misano l’année dernière et terminé deuxième du Grand Prix.
Messieurs, bienvenue à tous les trois !

🎤 Passons maintenant au Champion du Monde en titre, Marc Márquez, bien sûr pilote du Ducati Lenovo Team.
Marc, vous comptez six victoires ici à Misano. C’est le circuit parcouru dans le sens des aiguilles d’une montre où vous avez connu le plus de succès. Pour cette raison, considérez-vous ce week-end comme l’une de vos meilleures occasions de réaliser un gros résultat, même si, sur le papier, ce tracé ne semble peut-être pas être l’un des plus favorables pour vous ?
Marc Marquez : « Je veux dire, bien sûr, ce n’est pas un circuit comme l’Aragon, où je visais les 37 points et où nous les avons obtenus. Mais nous allons essayer de donner 100 %.
Nous devons surtout comprendre où en sont les pilotes Aprilia, qui étaient déjà très forts ici l’année dernière. Marco a été extrêmement performant pendant tout le week-end.
À partir de là, je vais essayer de donner 100 % et d’analyser jusqu’où nous pouvons aller dimanche. »

🎤 Marc, depuis votre retour après votre dernière opération, le dimanche, vous avez terminé soit premier, soit septième. Vous avez remporté quatre de ces sept Grands Prix.
Donc, clairement, dans certaines situations, on a presque l’impression que vous êtes imbattable. Mais dans d’autres, c’est un peu plus difficile.
La clé, dans cette dernière partie de la saison, sera-t-elle de transformer certaines de ces septièmes places en bien meilleurs résultats, des podiums voire davantage ?
« La clé pour ces dernières courses, c’est d’être le plus rapide en piste. Si vous êtes le plus rapide, vous aurez davantage de chances. Pour être le plus rapide, vous devez prendre certains risques.
C’est vrai qu’en ce moment, on a l’impression que certains pilotes travaillent davantage sur la régularité, tandis que d’autres essaient d’être un peu plus rapides.
Mais au final, si vous êtes le plus rapide en piste, tout devient plus facile, et nous allons essayer de travailler pour bien piloter sur tous les circuits. »

🎤 Et pour terminer, Marc, je sais qu’on vous a déjà posé cette question plusieurs fois aujourd’hui ici, mais cette photo que vous avez publiée sur votre compte Instagram après l’Aragon, montrant votre épaule, a suscité beaucoup de discussions.
Les gens ont essayé de comprendre s’il y avait un message derrière cette publication, et se sont demandé pourquoi vous aviez choisi de la publier maintenant. Quelle était la raison ? Pouvez-vous expliquer la situation ?
« Je l’ai déjà dit en Aragon, j’étais un peu fatigué qu’on me pose toujours la même question.
Au final, ce que j’ai appris au cours de ma carrière, c’est que lorsqu’il y a des points d’interrogation, des rumeurs, des spéculations et toutes ces choses-là, le plus important, ou le moyen le plus simple, c’est d’essayer d’être honnête. Et c’est la meilleure façon de mettre fin aux interrogations. J’ai donc publié ma situation réelle.
Mon médecin a expliqué ce qu’ils avaient fait et à quel point la blessure en Indonésie avait eu des conséquences. À partir de là, je n’ai rien d’autre à dire. Je dois simplement rester concentré et, avec ce que j’ai, essayer de me battre pour le championnat. »

🎤 Marc et Marco, vous avez eu, je ne sais pas si on peut parler d’une véritable bataille, mais en tout cas une course extrêmement intense l’année dernière ici à Misano. Que retenez-vous de cette course ? Parce que tour après tour, vous signiez quasiment les mêmes chronos. Et lorsque vous comparez avec cette période, comment vous sentez-vous aujourd’hui ? Je veux dire, en ce qui concerne la moto, l’aspect technique, mais aussi votre condition physique : comment vous sentez-vous si vous faites cette comparaison ?
« L’année dernière, ça a été une course très difficile et Marco a été capable de me pousser jusqu’au dernier tour alors que j’étais à mon meilleur niveau avec Ducati. Nous étions en train de signer les meilleurs tours de la course.
Donc, quelque part, c’est déjà la réponse à la question pour ce week-end : il sera très rapide dès la FP1. Et oui, je vais essayer de rester proche de lui, mais sur le papier, si vous regardez ce qui s’est passé l’année dernière, il semble même encore plus fort. »

🎤 J’aimerais en savoir un peu plus sur votre décision de publier des informations sur votre condition physique. Y a-t-il eu un moment précis, ou quelqu’un vous a-t-il suggéré de le faire ? Parce qu’après Silverstone, vous aviez dit : « Je ne veux plus parler de mon bras. Désolé, je sais ce que j’ai et je dois faire avec. » Puis vous avez changé d’avis, mais pas avant l’Aragon. Y a-t-il donc eu un moment précis ?
« Le jeudi en Aragon. Je veux dire, à Silverstone, je n’ai pas parlé de mon bras, mais ensuite Ducati a fait son travail et, en interne, ils ont parlé du bras. J’ai aussi entendu dire que j’étais en colère. Non, je n’étais pas en colère, parce que c’est le genre de contenu que les fans aiment vraiment.
Mais ensuite, en Aragon, il y a de nouveau eu cette question sur mon bras…
J’avais déjà dit que j’étais fatigué d’y répondre, mais après le Grand Prix d’Aragon, j’ai dit à mon équipe que je voulais trouver une solution. Et nous avons trouvé la bonne manière de le faire. En fait, c’est moi qui l’ai trouvée, parce que c’était mon idée. Je veux dire, ils me donnent toujours leur avis, mais c’est quelque chose de très personnel.
Et ensuite, c’est la meilleure manière de mettre fin aux interrogations. Ma condition physique est ce qu’elle est. Je continue à prendre du plaisir, je me sens toujours compétitif et, avec ce que j’ai, j’essaie de donner mon maximum chaque week-end. »

🎤 Mais désolé, c’est quelque chose de personnel et aussi un peu contraire à votre façon d’être jusqu’à présent, parce que par le passé, vous avez toujours caché ce genre de choses, ou du moins aussi longtemps que possible…
« Non, parce que toutes ces questions sur mon bras me prennent de l’énergie. Donc si je veux me battre pour ce championnat, j’ai besoin de concentrer toute mon énergie sur la piste et d’être pleinement convaincu.
Et c’était ma stratégie. Comme ça, je suis plus détendu.
Et quand vous me poserez des questions sur mon bras, je dirai : “J’ai déjà répondu après l’Aragon et je n’ajouterai rien de plus.” »

🎤 Une question pour vous, Marc, qui ne concerne pas votre bras, mais plutôt les conséquences que cela peut avoir sur les réglages de votre moto.
Évidemment, cette moto n’est pas la plus légère à piloter, mais devez-vous la régler différemment en raison de votre condition physique ?
« Je veux dire, non. C’est simplement une question d’adaptation.
Je dois m’adapter à la moto. Je ne peux pas… Si vous cherchez des réglages qui vous permettent de piloter de manière plus douce et plus facile, alors, je veux dire, le chrono ne viendra jamais.
Je veux dire, vous savez, et moi aussi je sais, comment il faut piloter pour aller vite. Je sais ce que je dois faire et ensuite, c’est à moi de m’adapter à toutes les conditions et à chaque circuit pour essayer d’être rapide.
Peu importe comment vous y arrivez, mais dans ce monde, le patron, c’est le chrono. Si le chrono est là, peu importe la manière dont vous l’avez fait. »

🎤 Une question pour les trois pilotes, parce que vous avez tous connu de graves blessures ces dernières années ou ces derniers mois. À quel point est-il difficile de remonter sur une moto pour la première fois après une grosse chute qui vous a beaucoup coûté, et où trouvez-vous la confiance nécessaire ?
« Après une blessure, le moment où vous remontez sur une moto n’est pas le plus difficile. Parce qu’à ce moment-là, l’adrénaline et la motivation couvrent tout.
Le moment le plus difficile arrive si vous enchaînez plusieurs courses et que vous voyez qu’il n’y a pas d’évolution. C’est là que le moment le plus dur arrive.
Parce que l’adrénaline diminue, la motivation diminue, et c’est là que vous commencez vraiment à sentir ce que vous avez et à comprendre sur quoi vous devez travailler.
Mais la première fois est toujours agréable. »

🎤 Je vous pose la question : quel est le meilleur Marc Márquez : celui qui, jeune, se battait contre Rossi, Lorenzo et Pedrosa ? Celui qui affrontait une Ducati très forte avec Dovizioso ? Celui qui est revenu au sommet avec Ducati, la meilleure moto ? Ou celui d’aujourd’hui, qui se bat contre deux jeunes loups vraiment, vraiment très forts sur des Aprilia qui sont peut-être légèrement meilleures que votre Ducati ?
« Le meilleur Marc serait celui qui aurait 20 ans avec l’expérience que j’ai aujourd’hui. »

🎤 Mais c’est impossible…
« C’est impossible. Donc je dirais qu’aujourd’hui, compte tenu de ma situation, je dois fournir beaucoup plus d’efforts pour essayer de survivre en MotoGP, parce que les jeunes pilotes, et notamment les autres pilotes qui arrivent, sont tous très rapides. Donc maintenant, je dois travailler davantage pour essayer d’obtenir ce que je veux, c’est-à-dire essayer de gagner. Avant, c’était comme de l’instinct naturel, vous voyez ?»

🎤 Parce que votre photo ressemble à un tableau de Caspar David Friedrich, appelé en italien Il viandante sul mare di nebbia (Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages). Un homme éprouvé, plein de douleur, mais avec un mental d’acier et une âme d’acier…
« Oui, mais c’est ma décision de continuer. Personne ne me met un couteau sous la gorge en me disant : “Tu dois courir.”
Mais pour le moment, je suis encore plus ou moins compétitif. Je prends du plaisir, donc je vais essayer de continuer à profiter de ma passion tant que je serai compétitif. »

🎤 J’ai le sentiment que cette course peut être la plus importante de la saison, et peut-être aussi de toute la fin de saison. Êtes-vous d’accord avec moi ou pas ?
« J’ai déjà gagné en Espagne, maintenant c’est au tour de Marco en Italie. »

Classement MotoGP après Aragon :

Pos. Pilote Nat. Équipe Points Écart
1 Jorge Martin SPA Aprilia Racing (RS-GP26) 256 Leader
2 Marc Marquez SPA Ducati Lenovo (GP26) 237 -19
3 Marco Bezzecchi ITA Aprilia Racing (RS-GP26) 232 -24
4 Fabio Di Giannantonio ITA Pertamina VR46 Ducati (GP26) 208 -48
5 Ai Ogura JPN Trackhouse Aprilia (RS-GP26) 203 -53
6 Pedro Acosta SPA Red Bull KTM (RC16) 189 -67
7 Raul Fernandez SPA Trackhouse Aprilia (RS-GP26) 186 -70
8 Francesco Bagnaia ITA Ducati Lenovo (GP26) 143 -113
9 Alex Marquez SPA BK8 Gresini Ducati (GP26) 128 -128
10 Fermin Aldeguer SPA BK8 Gresini Ducati (GP25) 90 -166
11 Luca Marini ITA Honda HRC Castrol (RC213V) 88 -168
12 Enea Bastianini ITA Red Bull KTM Tech3 (RC16) 84 -172
13 Brad Binder RSA Red Bull KTM (RC16) 78 -178
14 Diogo Moreira BRA Pro Honda LCR (RC213V) 64 -192
15 Fabio Quartararo FRA Monster Energy Yamaha (YZR-M1) 55 -201
16 Franco Morbidelli ITA Pertamina VR46 Ducati (GP25) 53 -203
17 Johann Zarco FRA Castrol Honda LCR (RC213V) 36 -220
18 Joan Mir SPA Honda HRC Castrol (RC213V) 33 -223
19 Jack Miller AUS Prima Pramac Yamaha (YZR-M1) 28 -228
20 Alex Rins SPA Monster Energy Yamaha (YZR-M1) 24 -232
21 Toprak Razgatlioglu TUR Prima Pramac Yamaha (YZR-M1) 14 -242
22 Maverick Viñales SPA Red Bull KTM Tech3 (RC16) 10 -246
23 Iker Lecuona SPA BK8 Gresini Ducati (GP25) 9 -247
24 Augusto Fernandez SPA Yamaha (YZR-M1) 6 -250